WAWILEICZINKO Wladimir [pseudonyme dans la résistance : Timo]

Par Laurent Battut

Né le 15 août 1912, exécuté sommairement par les Allemands le 1er août 1944 à Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme) ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI), et de l’Armée secrète (AS) de Haute-Corrèze.

Wladimir Wawileiczinko est né le 12 août 1912. Les archives françaises ne permettent pas d’établir son lieu de naissance ni l’identité de ses parents.
Wladimir Wawileiczinko était de nationalité russe et chrétien orthodoxe, prisonnier de guerre des Allemands employé aux travaux de fortification de la centrale hydro-électrique de Marège (Corrèze) d’où il s’évada. Il rejoignit alors la 2ème compagnie de la demi-brigade AS de haute Corrèze.
En 1944, en réaction au débarquement allié de Normandie le 6 juin et des rassemblements de milliers de maquisards sur différents réduits en Auvergne, l’occupant allemand avait dépêché une brigade « anti-maquis » portant le nom du général qui la commandait, Jesser. Cette brigade arriva en Auvergne à partir du 6 juin et porta un rude coup à la résistance auvergnate lors des combats « ouverts » au Mont-Mouchet et à la Truyère. Elle entreprit entre le 9 juillet et le 31 juillet des opérations importantes de ratissage dans l’ouest du Puy-de-Dôme, la haute Corrèze et la Creuse.

Le 27 juillet 1944, un camion de deux maquisards quitta Neuvic pour ravitailler la 2ème compagnie de la demi-brigade AS de haute Corrèze dans la forêt de Mirambelle située dans le triangle Ussel-La Courtine-Eygurande et évacuer quatre malades à hospitaliser. Wladimir Wawileiczinko était l’un d’entre eux. Le camion et ses six occupants furent de retour le soir en direction de Saint-Rémy et se retrouvèrent alors face à plusieurs camions allemands. Les cinq occupants du camion-ambulance furent mis hors de combat. Timo, blessé, parvint à s’échapper mais fut rejoint et capturé dans un champ de blé. Ses cinq autres camarades furent quant à eux tués lors de l’attaque allemande ou blessés puis achevés.
Timo rejoignit cinq autres prisonniers faits par les Allemands dans les environs : Icek Kohn, Zysja Gerstenzang, Georges Monéger et Antoine Roh pris à Neuvic le 31 juillet, ainsi que Joseph Lakuss pris à Meymac le 30 juillet. Le matin du 1er août, ils passèrent tous les six devant un simulacre de tribunal expéditif lors duquel ils furent vraisemblablement condamnés à mort.
Les éléments de la brigade Jesser opérant en haute Corrèze avaient reçu l’ordre de refluer en direction de Clermont-Ferrand. Le mouvement de retraite avait commencé le 30 juillet avec le départ du plus gros de la Tatar-Legion. Cette colonne fut attaquée par la Résistance corrézienne (une section de la 5ème compagnie de la demi-brigade de haute Corrèze) sur la RN89, vers neuf heures le 30 juillet, deux kilomètres avant qu’elle n’atteigne Eygurande. L’embuscade aurait causé environ quarante tués et blessés chez l’ennemi. Un seul blessé FFI fut à déplorer.
La légion azerbaïdjanaise et les derniers éléments tatars quittèrent Ussel le 1er août, transportant les 6 prisonniers de la Résistance corrézienne. Une section de la 6ème compagnie de la demi-brigade de haute Corrèze attaqua ce convoi de 70 véhicules dans les gorges du Chavanon vers quinze heures. Un combat d’une vingtaine de minutes aurait occasionné 15 tués ou blessés parmi les Allemands.

Le convoi atteignit alors Bourg-Lastic où le cantonnement était prévu. Les six prisonniers furent fusillés vers dix-neuf heures dans un secteur éloigné de toute habitation, dans le bois dit « les sapins », sur la route en direction de Messeix.
Timo avait 32 ans. Membre du réseau Thermopyles, il a été homologué FFC. Il est actuellement inhumé dans le cimetière communal de Neuvic en Corrèze. Son nom figure sur une plaque commémorative du monument aux morts en face de la mairie de Neuvic, sur une plaque commémorative du cimetière portant la mention "Ossuaire FFI. Maquisards inhumés morts pour la France", suivi de la mention « Bourg-Lastic 1-8-44 ». Son nom est aussi porté sur une seconde plaque commémorative du cimetière de Neuvic portant la mention « Résistants et Maquisards morts pour la France Neuvic 1943-1945 ». Et enfin, son nom a été gravé sur une plaque commémorative à Saint-Rémy avec celui de ses cinq camarades massacrés le 27 juillet 1944 aux abords de ce village. La mention « Mort pour la France » ne figure pas en marge de son acte de décès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article226329, notice WAWILEICZINKO Wladimir [pseudonyme dans la résistance : Timo] par Laurent Battut, version mise en ligne le 19 avril 2020, dernière modification le 25 avril 2021.

Par Laurent Battut

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 601434, dossier Wladimir Wavilczynko (sic). — Louis Le Moigne et Marcel Barbanceys, Sédentaires, réfractaires et maquisards, L’Armée secrète en Haute-Corrèze, 1942-1944, 509 p. —Mémorialgenweb. — État civil à Bourg-Lastic.

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