BAGÉRIUS Marcel, Simon.

Par Jean Neuville

Né à Dampremy (aujourd’hui commune et arr. Charleroi, pr. Hainaut) le 30 août 1921. Ouvrier métallurgiste, militant puis dirigeant jociste, militant syndical, délégué syndical d’entreprise, dirigeant syndical régional, militant wallon.

Marcel Bagérius est le fils de Désiré (Jumet (pr. Hainaut), 25 septembre 1880 - Lodelinsart (pr. Hainaut), 12 février 1962), mineur de surface, et de Marthe Taton (Charleroi, 11 décembre 1886 - Montignies-sur-Sambre (pr. Hainaut), 30 octobre 1960). Après ses études primaires, il suit les cours professionnels à la section mécanique de l’Institut des Aumôniers du travail à Charleroi, pour ensuite étudier l’électricité en cours du soir à l’Université du travail. Muni du diplôme de mécanique, niveau A3, et du diplôme d’électricité, niveau B3, il est embauché en 1938, comme mécanicien-électricien, aux Ateliers de construction électrique de Charleroi (ACEC), dans la division « Transformateurs » en 1938. Sur décision de son père, il s’inscrit au syndicat socialiste. Il restera aux ACEC jusqu’à sa prépension en 1979.

Dès 1938, sous l’influence de Maurice Vandewiele*, Marcel Bagérius milite à la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC). Il est responsable de la jeune JOC de Dampremy. À partir de 1942, il est équipier fédéral à Charleroi.

En 1946, démobilisé, sous l’influence de Fernand Favresse*, délégué syndical aux ACEC, Marcel Bagérius décide de militer à la section syndicale chrétienne de Dampremy. Lors des élections sociales de 1950, il devient le premier délégué chrétien des ACEC à être élu au conseil d’entreprise. Délégué principal en 1952, il mène seul contre tous une lutte pour l’obtention de la prime dite B2 en 1954. Lors de la grève de 1960-1961 contre la « loi unique », un « front commun » syndical FGTB (Fédération générale du travail de Belgique) - CSC (Confédération des syndicats chrétiens), se constitue pour la première fois aux ACEC.

En octobre 1961, Marcel Bagérius fait partie des délégués licenciés par l’usine, à la suite d’une assemblée ouvrière dans une division des ACEC, organisée sans l’autorisation de la direction. Ils seront réintégrés en raison d’une menace de grève générale.

De 1954 à 1959, Marcel Bagérius est président de la Fédération régionale de Charleroi-Thuin de la Centrale chrétienne des métallurgistes de Belgique. Il est également président de la Fédération régionale - interprofessionnelle - des syndicats chrétiens de Charleroi de 1958 à 1962. À partir de 1964-1965, il démissionne de tous ses mandats syndicaux pour raisons personnelles et reprend son travail d’ouvrier. Lors de sa pension en 1979, il rejoint les Pensionnés-prépensionnés-chômeurs âgés de la CSC (PPCA), mouvement dans lequel il assume des responsabilités. Il y défend notamment la place des aînés dans la CSC.

Marcel Bagérius milite au Parti social-chrétien (PSC), au sein de la démocratie chrétienne sous l’influence de Alfred Califice* et, après avoir quitté le PSC, au Rassemblement wallon sous l’action de Germain Cappelman*. En 1958, il est candidat démocrate-chrétien aux élections communales sur la liste du PSC.

Le 13 juillet 1946, Marcel Bagérius épouse Willye Dillen (Lodelinsart, 17 juillet 1924 - Gilly, 4 décembre 1982). De cette union naît un fils, Michel, dessinateur au Ministère des Travaux publics, délégué syndical pour la Centrale chrétienne des services publics.

Marcel Bagérius est porteur de plusieurs distinctions industrielles, notamment la distinction de résistant armé et la décoration militaire de deuxième classe.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article226427, notice BAGÉRIUS Marcel, Simon. par Jean Neuville, version mise en ligne le 21 avril 2020, dernière modification le 21 avril 2020.

Par Jean Neuville

SOURCES : Réponses de Marcel Bagérius au questionnaire d’enquête, 1987 – PIRSON E. (dir.), Histoire du mouvement ouvrier chrétien à Charleroi 1886-1990, Charleroi, CARHOP-MOC, 1995, p. 181-182 – Témoignage de Marcel Bagérius, dans TIMMERMANS R., CARVUTTO V., (dir.), Paroles de militants. Récits de vie de travailleurs chrétiens de la Fédération de Charleroi-Entre-Sambre-et-Meuse-Thuin, Charleroi, 2001, p. 31-49.

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