Dun-sur-Auron (Cher) les 20/21 juin et 1er septembre 1944

Par Michel Gorand

Le 1er septembre 1944 une unité composée d’Hindous, dépendant de la Wermacht et appartenant à la 95e Brigade Indienne, traversait le département du Cher et sur son passage semait la terreur, brûlait des maisons, violait des femmes et tuait. A l’entrée de Dun-sur-Auron (en provenance de Levet) le combat fit rage avec la résistance du 2e bataillon de la 33ème demi-brigade : des maisons furent incendiés, des militaires et des civils furent tués ; une croix fut dressée, Cité des Cadres, route de Bussy en 1950, « A la mémoire des victimes de la libération de Dun-sur-Auron ». Dans la nuit du 1er au 2 et le 2 septembre, le personnel de la Colonie familiale (maison de soins) dans laquelle était installée une antenne chirurgicale clandestine, ramassa les corps des blessés et des morts pour les soigner ou les reconnaître. Les victimes furent inhumées le 5 septembre à Dun-sur-Auron.
.La ville de Dun-sur-Auron avait déjà été marquée les 20 et 21 juin par des décès où la Milice de Vichy et le 3ème Bataillon du 1er Régiment de France (qui résidait à Dun-sur-Auron) étaient mêlés : le maquis de la Croix de Maupioux dépendant des Francs-Tireurs et Partisans (FTP) était installé dans la forêt de Dun-sur-Auron ; ce maquis participa à l’attaque du 6 juin 1944 contre le siège de la Milice à Saint-Amand-Montrond (Cher) : la ville étant alors investie par les soldats allemands dès le 8 juin, le maquis FTP de Maupioux se retira dans la Creuse, sauf quelques maquisards qui restèrent à Dun-sur-Auron. Le 20 juin trois groupes du 1er régiment de France partirent à l’attaque du maquis, conduits par Gadier, un pro-allemand qui connaissait le maquis ; arrivés à la cabane du maquis dans le bois de Maulne, des coups de feu furent tirés, Louis Demenitroux fut abattu et 8 maquisards, dont le jeune Naudet, furent arrêtés et ramenés au camp du 1er RF où, quelques soldats du 1er RF et des miliciens les interrogèrent, les frappèrent et les maltraitèrent ; le lendemain Marcel Naudet fut « retrouvé pendu » dans sa cellule. Les autres furent transférés à Riom puis certains à Dachau, où deux y périrent ; Arthur Chevalier, 51 ans mourut pendant le transport pour Dachau. Le 3e bataillon du 1er RF rejoignit les Forces françaises de l’Intérieur (FFI) du Colonel Bertrand (33e demi-brigade) le 22 août 1944.

Les victimes du 1er septembre 1944 :

AIMONETTO Mario
AUCLAIR Maurice, Georges
BALAIRE Léon
BOISSET Paul
BRU Yvan, Jean, Albéric
CLAIS Jean, Alfred, René, Francisque
COLLIOT Louis
COUTANT Jean, Henri
GUÉRIN Jean-Marie
JANIN Pierre, Louis, Marcel
LINARES Jean-Baptiste, François
MARTIN Albert, Maurice
PIFFAULT Jean-Louis
PINAULT Jean
RUSTICONI Jean, Félix

Les trois morts de juin 1944 :

DEMENITROUX Louis (Maurice, Louis, Lucien)
MORILLON Marcel
NAUDET Marcel

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article226459, notice Dun-sur-Auron (Cher) les 20/21 juin et 1er septembre 1944 par Michel Gorand, version mise en ligne le 21 avril 2020, dernière modification le 30 avril 2020.

Par Michel Gorand

SOURCES : Bulletin municipal de 2015, page 7 ; Le 1er Régiment de France et la Résistance de Jean-Paul Gires, 2016 et correspondances 2020 avec l’auteur. Dun-sur-Auron de juin à septembre 1944, de Pierre et Colette Goyon. — Musée de la Résistance du Cher : la répression allemande de Jean-Claude Bonnin. Le Berry Républicain du 16 septembre 2014.

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