FRYDMAN Jean

Par Daniel Grason

Né le 26 juin 1925 à Varsovie (Pologne), mort à une date inconnue ; résistant ; interné ; s’évada du convoi à destination d’Auschwitz (Pologne) ; victime de l’antisémitisme.

Fils d’Ida et de Noah Jean Frydman vivait 4 rue Martel à Paris (Xe arr.), le 3 mai 1944 le téléphone sonna, un homme se présenta au nom de Jacquin, ami de Frydman il lui demanda de descendre dans la rue. Frydman emprunta l’escalier, fut ceinturé par des inspecteurs de la BS2.
Ils perquisitionnèrent le logement, des documents furent saisis et des cartouches de revolver calibre 6,35 m/m. Deux inspecteurs le frappèrent, ils s’installèrent dans le logement et consommèrent des aliments.
Emmené dans les locaux des Brigades spéciales à la Préfecture de police, il fut interrogé, frappé. Jean Frydman a été livré aux allemands, incarcéré à la prison de Fresnes, un tribunal le condamna à mort le 7 juillet 1944. Le 4 août 1944 il a été interné au camp de Drancy, il déposa 160 francs à l’administration du camp.
Il était le 17 août dans le convoi de juifs résistants de quarante et une femmes et cent dix-sept hommes à destination d’Auschwitz (Pologne). Jean Frydman s’évada du train le 21 août à Morcourt dans l’Aisne en compagnie de André Amar, d’Ernest Appenzeller, Armand Avramesco, Joseph Bleiberg, César Chamay, David Fiser, Eddy Florentin, Michel Grilikhès, Samuel Kapelovitz, Paul Kessler, Léon Klein, Jacques Lazarus et Henri Pohorylès. Quant à Félix Dratwa, il prenait la fuite le 8 décembre 1944 près de Metz.
Jean Frydman rentra à Paris, témoigna le 29 décembre 1944 devant la commission d’épuration de la police. Il déclara notamment : « Profitant de leur séjour dans l’appartement, les policiers ont consommé divers aliments qui se trouvaient dans la cuisine. Ils ont de plus emporté une gabardine, douze chemises pour hommes, vingt-quatre paires de bas-rayonne, des caleçons et du linge, sept kilos de savon, deux litres d’huile, deux kilos de beurre, un poulet, deux pigeons, un pot de miel, un étui à cigarettes en or et quelques bijoux. »
Lors de sa détention dans les locaux des Brigades spéciales à la Préfecture de police, il déclara avoir été « interrogé et frappé pendant sept jours sur treize. » Sur photographies il en reconnaissait plusieurs dont un qui le frappa « à coups de chaise. »
Il signala qu’un « des résistants arrêtés […] nommé Guérin [était] devenu sourd à la prison de Fresnes à la suite des coups de matraques reçus. Le 7 mai 1944 il était resté évanoui trois heures dans le couloir. Le colonel Brechan a également été frappé. Huit semaines après il en portait encore les marques. »
Un inspecteur chargé des recherches informa qu’une « somme de 20 000 francs saisie [chez Jean Frydman faisait] l’objet du scellé n° 45. »
Jean Frydman a été homologué Déporté interné résistant (DIR).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article226719, notice FRYDMAN Jean par Daniel Grason, version mise en ligne le 27 avril 2020, dernière modification le 29 juin 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77 W 3116-306505. – Bureau Résistance GR 16 P 236604. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Site internet CDJC.

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