LAMBERT Georges, Marie

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 15 février 1889 à Thionville (Moselle annexée), mort le 29 août 1944 à Sermaize-les-Bains (Marne) ; grainetier ; victime civile.

Georges Lambert était le fils de Victor Lambert et de Marie Léonie Simon, décédés. Célibataire, il était domicilié 2, rue de Vitry à Sermaize-les-Bains (Marne), où il tenait un magasin de graines.

Le 29 août 1944, alors que ses habitants attendaient la libération qu’ils sentaient toute proche, la ville de Sermaize-les-Bains connut des heures tragiques.
Vers midi trente, des soldats allemands investirent la ville, tirant sur les passants et lançant des plaquettes incendiaires qui mirent le feu à une quarantaine de maisons.
Georges Lambert est mort en tentant d’éteindre l’incendie de son magasin.
Dix autres civils ont été abattus ou brûlés vifs dans leurs maisons : Roger Chollet, Marie Louis Delissus, Henri Fritsch, Antoinette Loisier, Pierre Mansion, Louise Paul née Cormann, Albert Petit et son épouse Marie Petit née Tixier, Paul Schaff et son épouse Paulette Schaff née Page.
À ces onze victimes, il faut ajouter Marie Loisier née Denis et André Froment qui sont morts des suites de leurs blessures, et dont les noms ont été ajoutés à la liste des victimes civiles du 29 août 1944.

L’acte de décès numéro 33 dressé le 1er septembre 1944 à l’état-civil de Sermaize-les-Bains déclare Georges Lambert « Victime de la guerre », décédé le 29 août 1944 à treize heures trente cinq minutes à son domicile 2, rue de Vitry.

Longtemps le drame de Sermaize-les-Bains fut imputé à des unités SS battant en retraite. L’historien Jean-Pierre Harbulot a établi qu’il n’en est rien et qu’il s’agissait en réalité de soldats appartenant au 29e régiment de la 3e division de Panzergrenadiers de la Wehrmacht. Ces « soldats ordinaires », qui avaient combattu sur le front russe puis en Italie, avaient reçu pour mission en cette fin août 1944 de retarder la progression vers l’Est des armées américaines et de protéger la retraite des unités de la Wehrmacht. Le 29 août 1944, en représailles après un accrochage avec un groupe local de résistance au lieu-dit La Belle Épine près de Robert-Espagne (Meuse), ils semèrent la terreur par des massacres perpétrés dans toute la vallée de la Saulx, à la fois dans la Meuse, à Robert-Espagne, Couvonges, Beurey-sur-Saulx et Mognéville, (quatre-vingt-six victimes et plusieurs centaines de maisons incendiées), et dans la Marne à Sermaize-les Bains.

Sur le monument aux morts de Sermaize-les-Bains, le nom de Georges Lambert est inscrit sur la liste des « Victimes civiles » de la 2e guerre mondiale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article226784, notice LAMBERT Georges, Marie par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 29 avril 2020, dernière modification le 3 mai 2020.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Sur le monument aux morts</br> de Sermaize-les-Bains
Sur le monument aux morts
de Sermaize-les-Bains
SOURCE : 
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : Arch Dép. Marne, M 4774, Membres de la résistance tués au combat ou fusillés après capture, fusillés ou exécutés par les Allemands, autres victimes. – Mairie de Sermaize-les-Bains. – Jean-Pierre Harbulot, " Les massacres du 29 août 1944 dans la vallée de la Saulx et leurs suites judiciaires " in Journées d’études meusiennes (2008 ; Fresnes-en-Woëvre). Meuse en guerres, Bar-le-Duc, Société des lettres, sciences et arts, 2010. – Mémorial Genweb. – État civil, Sermaize-les-Bains (acte de décès).

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