ROUQUET Henriette

Née en 1896 à Limoges (Haute-Vienne) ; institutrice syndicaliste révolutionnaire dans l’Indre.

L’activité militante de Henriette Rouquet est inséparable de celle de ses sœurs Pierrette et Marguerite, elles aussi institutrices. Leur père, Pascal Rouquet (née en 1866 à Laguépie, Tarn-et-Garonne), était cheminot syndiqué au Paris-Orléans et participa aux grèves de 1920. Tout en soutenant l’action syndicale de son mari, leur mère, Angèle Lecointe (née en 1872 à Limoges), jugeait ses filles trop révolutionnaires. Les « sœurs Rouquet » firent leurs études à l’École normale d’institutrices de Châteauroux, Pierrette de 1911 à 1914, Henriette de 1913 à 1916, Marguerite en sortit en 1924. Les deux plus âgées eurent pour directrice une pacifiste convaincue. Pierrette, l’aînée, au caractère très affirmé, influença beaucoup ses sœurs.
Pierrette Rouquet adhéra à la Fédération de l’Enseignement sur la base du pacifisme. Sa sœur Henriette l’imita en 1916. Elles exercèrent à Lurais de 1916 à 1919 puis à Levroux jusqu’en 1934. Les deux sœurs participèrent au congrès fédéral de 1919, où elles se lièrent d’amitié avecMarie Guillot, et au congrès de 1920. Elles alternèrent leur présence au conseil fédéral de l’Indre.

Pierrette Rouquet et Henriette Rouquet créèrent le Groupe féministe de l’enseignement de l’Indre en décembre 1922. Pierrette joua rapidement un rôle national et fut de 1922 à 1924 puis de 1926 à 1928, secrétaire fédérale des groupes féministes. Elle tint souvent la rubrique féministe de L’École émancipée.

Pierrette Rouquet et Henriette Rouquet adhérèrent au Parti communiste après le congrès de Tours (décembre 1920). Leur démarche était plus sentimentale que politique. Elles tentèrent sans grand succès de créer un noyau communiste à Levroux. Elles fondèrent un syndicat de la confection en chemise et assurèrent sa liaison avec la Bourse du Travail de Châteauroux. Cependant les sœurs Rouquet, sous l’influence de Georges Thomas* (voir Georges Louis Thomas), étaient pour l’indépendance du syndicalisme par rapport aux partis. Elles quittèrent le PC en 1924 et adhérèrent à la Ligue syndicaliste animée par Pierre Monatte*. Elles se rapprochèrent de la SFIO et, en 1928, soutinrent, aux élections législatives, la candidature du socialiste Max Hymans*.

Favorables à l’unité syndicale, Pierrette Rouquet et Henriette Rouquet signèrent le manifeste des vingt-deux pour l’indépendance du syndicalisme, en novembre 1930. Elles participèrent au comité départemental pour l’unité fondé le 6 juin 1931 par Georges Thomas. Elles refusèrent cependant de suivre ce dernier lorsqu’il adhéra en 1932 au Syndicat national (CGT). Les sœurs Rouquet furent des syndiquées disciplinées : lorsque la Fédération unitaire lança le mot d’ordre de refus des rapports d’inspection transmis par les directeurs, seules les trois Rouquet l’appliquèrent dans le département. Elles firent la grève du 12 février 1934 et celle du 30 novembre 1938 qui leur valut une sanction.
L’épreuve de la guerre l’éloigna des idées syndicalistes révolutionnaires.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article226880, notice ROUQUET Henriette, version mise en ligne le 30 avril 2020, dernière modification le 30 avril 2020.

SOURCES : APPO, RG GA, A 11, 395631 (dossier Aigueperse), B 13, 43458 (dossier Bonissel). — L’École émancipée. — Bulletin des Groupes féministes de l’enseignement. — Anne-Marie Sohn, Féminisme et syndicalisme. Les institutrices de la Fédération unitaire de l’enseignement de 1919 à 1935, Thèse de 3e cycle, Nanterre, s.d. — Papiers de Pierrette et Henriette Rouquet. — Lettres de Henriette Rouquet à A.-M. Sohn, 1971. — Rens. de Georges Thomas. — site Filae.

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