MARSAL Émile, Marius, Louis, Oscar

Par Patrick Bec

Né le 20 juillet 1922 à Traverges, commune de Celles (Cantal), mort au combat le 22 juin 1944 à Saint-Just aujourd’hui commune de Val-d’Arcomie (Cantal) ; cultivateur ; résistant au sein des Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Émile Marsal était le fils de Jean, Marie, Joseph Marsal, cultivateur à Traverges, marié à Celles le 24 juin 1922 avec Anna Jeanne Crispoul. Jean Marie, né en 1876 avait été mobilisé le 3 août 1914 dans le 100è régiment territorial d’infanterie d’Aurillac et nommé caporal en 1915. Démobilisé le premier février 1919, il a épousé la veuve de son frère cadet Jacques, Jean, Émile, né en 1878, cultivateur au moulin de Celles, tué au front dans le Bois des Fosses à Beaumont-en-Verdunnois (Meuse) le 25 février 1916. Avec Anna Jeanne Crispoul, fille de marchands de vin cantaliens émigrés à Paris (12è arrondissement), il éleva les trois enfants nés entre 1907 et 1911 de ce premier mariage et son fils unique Émile, célibataire, qui après la mort de son père en 1944, reprit la ferme familiale. Répondant à l’appel à mobilisation des maquis, Émile Marsal s’est engagé dans la résistance FFI.

Après les combats du Mont-Mouchet des 10 et 11 juin 1944, le poste sanitaire dirigé par le professeur Reiss, rattaché à l’Etat-major FFI s’installe à Maurines (Cantal). Le mardi 20 juin 1944 l’assaut allemand contre le réduit de la Truyère se développa à partir de 3 axes de pénétration. Vers 8 h 30 - 9 h une colonne allemande buta au Pont Rouge à 8 km au sud de Chaudes-Aigues. Elle atteignit la ville vers midi et l’occupa. Une violente bataille continua tout l’après-midi autour de Chaudes-Aigues ; les maquisards ont perdu 65 à 70 hommes : 10 au Pont Rouge ; une douzaine à Chaudes-Aigues - Bressoles - Ladignac ; 34 autour de Pradels - Anterrieux ; 5 vers Saint-Juéry ; 5 à Deux-Verges ; 1 ou 2 vers Mallet. Il y a aussi des blessés graves. (Martres).
Une vingtaine de blessés hospitalisés à Maurines sont évacués vers Albaret-le-Comtal (Lozère). Le 22 juin la situation impose une nouvelle évacuation de blessés via Saint-Just (Cantal). Un premier convoi réussit à traverser le pont près d’Estrémiac. Après un violent orage, le second convoi, accompagné par le professeur Reiss, le lieutenant pharmacien Marinette Menut et un groupe de jeunes, se dirige vers Le Malzieu pour atteindre la vallée de la Truyère, mais repéré il est attaqué par un détachement allemand de 200 hommes. Selon La Vaissière, parmi les blessés qui furent pris, 7 furent achevés et 2 accompagnateurs fusillés. Pierre Chassang raconte cet épisode tragique : « Au lieu dit le Prat du bouc, deux chars de blessés graves ont été interceptés par les soldats du Reich. Certains résistants ont réussi à s’échapper grâce au sang-froid des convoyeurs bénévoles qui ont cherché instinctivement leur salut en fuyant dans le lit du ruisseau. Le docteur Canguilhem (Lafont) les a suivi aussi ; par contre le professeur Reiss (Raymond) a filé dans le bois et s’est fait descendre au milieu du coteau. Fernand Lafaye, le père de Marinette Menut, gît sur le chemin, près de huit autres maquisards, la plupart grands blessés massacrés sur place ou rejoints et abattus sans pitié par les Nazis. (...) Quand tout est fini, les hommes des villages proches sortent des bois sans dommage. (...) Les deux courageuses femmes [Mlle Portal, la fille du maire et la “mémé Baumel” envoyées par le maire Portal voir ce qui se passe ] s’avancent, traversent le pont, puis le pré. Elles aperçoivent d’abord un bœuf étendu de tout son long, puis un jeune blessé lardé de coups de couteaux au pied du premier char, trébuchent sur un cadavre à côté du second (...) en direction du bois découvrent les autres victimes. (...) Avec le secours de M. le curé Pagès, les morts seront soigneusement identifiés, du moins ceux qui ont gardé sur eux des papiers. On découvre parmi les victimes deux cantaliens : Raymond Apcher de Neuvéglise et Émile Marsal de Celles. Ce dernier est tombé près d’un aviateur de Seine-et-Oise, dans les genêts, à l’endroit même où s’élève une croix taillée dans le granit du pays. »

En 1947, il figure dans la liste nominative des tués, fusillés, déportés non rentrés du département du Cantal, orthographié Émile Massal, considéré comme prisonnier fusillé à Clavières (Cantal). Vraisemblablement un de ses camarades de Clavières l’ayant vu gravement blessé, l’aavait considéré comme tué alors.

Émile Marsal avait 21 ans. La mention "Mort pour la France" est portée sur son acte de naissance.

Le nom de Émile Marsal est gravé sur le monument aux Morts de Celles, sur le monument de la Résistance à Saint-Flour et sur une stèle commémorative à Estrémiac ainsi que sur un monument commémoratif à Saint-Just.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article226894, notice MARSAL Émile, Marius, Louis, Oscar par Patrick Bec, version mise en ligne le 30 avril 2020, dernière modification le 19 janvier 2022.

Par Patrick Bec

SOURCES : AVCC Caen, dossier Émile Marius Marsal : AC 21 P 85358 (nc) . — Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 149, Enquêtes pour crime de guerre à Saint-Just . — Eugène Martres (Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central) Cournon, De Borée 1993 . — Jean Favier (Mémorial du réduit de la Truyère) Aurillac, Union des ACVG - CVR du Cantal, Musée de la Résistance d’Anterrieux, 2008 . — Mgr de La Vaissière (Les journées tragiques dans le diocèse de Saint-Flour) Imprimerie Clavel, St-Flour 1944 . — Pierre Chassang (Le pays de Ruynes-en-Margeride) SIVOM canton de Ruynes, Watel 1990 . — Arch. dép. du Cantal (État civil, registres matricules en ligne) . — MémorialGenWeb. — Mail de Manuel Rispal, le 19 janvier 2022.

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