VILLERET Jean, Marcel, Claude. Dit Bill

Par Didier Alvarez

Né le 11 décembre 1922 à Mohon (Ardennes) ; résistant déporté ; co-président de la FNDIRP.

Arch. PPo.

Tourneur mécanicien, Jean Villeret habitait chez ses parents 19 rue Louis Heurtel à Maisons-Alfort (Seine, Val-de-Marne).

Vivant en région parisienne, Jean Villeret partit en exode en vélo le 14 juin 1940 jusqu’à Bourges (Cher). De retour à Paris en juillet, il fut conquis aux idées de la France libre par l’écoute de la radio anglaise et eut des échos de l’Appel du 18 juin. Il avait le projet de gagner l’Afrique du Nord avec des amis. Il passa en zone libre au début novembre 1942 pour gagner l’Afrique du Nord mais le débarquement américain à Alger et l’invasion de la zone sud rendirent irréalisable son projet. Le 6 janvier 1943, ses parents reçurent une convocation pour qu’il se rende deux jours plus tard à la gare de l’Est pour aller travailler en Allemagne dans le cadre de la Relève. Il devint réfractaire à la Relève.
Jean Villeret obtint du travail à la Standard Française de Pétrole et alla fabriquer du charbon de bois à Sarlat (Dordogne). Convoqué par le STO sur son lieu de travail, il revint chez ses parents à Maisons-Alfort (Seine, Val-de-Marne) et arriva à obtenir une fausse carte d’identité sous le nom de Jean-Jacques Moreau. Le 31 décembre 1943, il entra dans les FTP mais dès le 31 janvier 1944 il fut arrêté par les Brigades spéciales de la Préfecture de police à Créteil porteur d’une fausse carte d’identité et d’un pistolet 6/35 chargé. Il déclara à la police que craignant de partir travailler en Allemagne, il serait entré dans la Résistance en décembre 1943.
Il fut remis le 3 février aux autorités allemandes et placé au secret à la prison de Fresnes. Il subit les interrogatoires de la Gestapo rue des Saussaies.
Le 7 juillet, il fut déporté NN, matricule 19410, avec 61 résistants, au camp de Natzweiler (Stuthof, Bas-Rhin). Les Allemands l’évacuèrent vers Dachau le 6 septembre puis au Kommando d’Allach dans les usines BMW, le 7 septembre. Il fut libéré par l’armée américaine le 29 avril 1945 et rentra en France par Colmar le 26 mai. Il fut homologué au titre d’Interné résistant (DIR) de la Résistance Intérieure Française (RIF), « résistant isolé ».
De retour en France, il s’engagea dans la mémoire de la Déportation. Il fut co-président de FNDIRP. Il témoigna par une lettre datée du 9 juin 2000, sur les conditions de transport du convoi des 61 déportés NN, transport parti de Paris le 7 juillet 1944 (I.243.) : « A la différence des autres transports « NN » vers le KL Natzweiler, c’est à la gare de Lyon-Bercy et non à la gare de l’Est que sont rassemblés 61 détenus français de Fresnes et du Cherche-Midi, le vendredi 7 juillet 1944. Enfermés dans des compartiments de wagons de troisième classe, aménagés en cellule, les détenus sont menottés et surveillés par les hommes du SD. Après un long moment d’attente, le train part. Il passe par Dijon, Strasbourg avant d’arriver à la gare de Rothau, où les 61 hommes doivent descendre et marcher jusqu’au KL Natzweiler. »

Le 9 mars 2019, Jean Villeret fut élevé au mérite de commandeur dans l’ordre de la Légion d’honneur. La décoration lui a été remise par le général Bruno Dary, représentant le Président de la République dans les salons de l’hôtel de ville de Maisons-Alfort (Val-de-Marne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article226900, notice VILLERET Jean, Marcel, Claude. Dit Bill par Didier Alvarez, version mise en ligne le 30 avril 2020, dernière modification le 4 janvier 2021.

Par Didier Alvarez

Arch. PPo.

SOURCES : Arch. Préfecture de police de Paris. — SHD Vincennes GR 16 P 595528 (nc). — AVCC, Caen, AC 21 P 560181 (nc). — Mémoire des hommes, le qualifie de "résistant isolé". — Fondation pour la mémoire de la déportation, FMD, liste de déportés. — Site Filae.Site du Struthof. — Châteaubriant, avril 2020 (avec photo).— Site de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, FMD. — Mémoire des hommes. — SHD, Vincennes, GR 16P 595528 (nc). — AVCC, Caen, 21P 560181 (nc).

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