SOLER François [Francisco à l’état civil]

Par André Balent

Né le 6 juillet 1907 à Solanell (commune de Montferrer-Castellbó, province de Lérida, Catalogne, Espagne), mort le 29 juin 1944 à Arvigna (Ariège) exécuté sommairement par les Allemands avec l’aide de la Milice ; ouvrier agricole à Arvigna ; résistant

François Soler (1907-1944)
D’après le cliché publié in : Claude Delpla, 2019, op. cit., p. 99

François Soler était originaire de Solanell, un tout petit hameau, isolé en pleine montagne situé dans la commune actuelle de Montferrer-Castellbó, à proximité de la petite ville épiscopale de la Seu d’Urgell et de l’Andorre.
Nous ignorons quand et pourquoi il émigra en France. En 1944, il était valet de ferme à la ferme de Marty (commune d’Arvigna) employé par un métayer originaire de la Cerdagne espagnole, Jean Naudí. Les fils de ce dernier, (Antoine, Jean et Vincent) avaient rejoint, au moins de puis le début du mois de juin 1944, la 3101e compagnie des FTPF de l’Ariège qui s’était regroupée dans un maquis établi dans la commune voisine de Vira. Par ailleurs, Jean Naudi et François Soler aidaient le maquis qu’avait formé la brigade de l’Ariège de l’Agrupación de guerrilleros españoles et qui s’était installé à Arvigna , au « Château », à proximité de la ferme de Marty. Ils contribuaient, entre autres choses, à son ravitaillement en produits alimentaires. L’activité résistante de la famille Naudi et de son employé étaient connues de la Milice, en particulier de Pierre Barnola, jeune franc-garde de Saint-Amadou, familier des fils Naudi et d’autres jeunes des communes de la moyenne vallée du Douctouyre.

Le 29 janvier, au petit matin, François Soler et Antoine Naudi devaient préparer la moissoneuse-lieuse afin de travailler dans l’exploitation. Ils furent surpris dans leur sommeil par l’arrivée d’Allemands guidés par de miliciens qui voulaient régler leur compte aux hommes résidant dans le maquis. Ce matin-là seuls Jean Naudi, Antoine Naudi et François Soler étaient présents à la ferme. Si les femmes et les jeunes enfants furent épargnées. Les trois hommes furent abattus puis leur corps transportés dans la grange qui fut incendiée. Pour le détail de l’opération conjointe des Allemands et des Francs gardes de la Milice à la ferme de Marty, Voir Naudi Jean.

Les corps des trois hommes furent inhumés le 10 juin dans le cimetière d’Arvigna en présence de « beaucoup de monde », selon le témoignage écrit (ca. 1993 ou 1994) d’Hélène Naudi, sœur cadette d’Antoine, qui signe : « Hélène Terret-Naudy ». François Soler fut déclaré « mort pour la France ». Il y a à son nom un dossier au Service historique de la Défense : à Vincennes (cote 16 P 5552251, non consultée). Son nom figure sur le monument aux morts d’Arvigna. Il est également inscrit sur le monument commémoratif de Vira érigé à l’intersection des routes départementales 12 et 48 érigé à la mémoire des morts « de la résistance et victimes du nazisme de la vallée du Douctouyre » (17 noms dont 8 pour les seules victimes des Allemands le 9 juin 1944, 2 pour celles du 12 juin et 3 pour celles d’Arvigna le 29 juin auxquels s’ajoutent les noms de quatre déportés en Allemagne qui ne sont pas revenus).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article226911, notice SOLER François [Francisco à l'état civil] par André Balent, version mise en ligne le 30 avril 2020, dernière modification le 24 mai 2020.

Par André Balent

François Soler (1907-1944)
D’après le cliché publié in : Claude Delpla, 2019, op. cit., p. 99

SOURCES : Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla, en particulier le témoignage écrit (photocopie) d’Hélène Terret-Naudy — nom transcrit par erreur « Jeanne Terret », p. 40, dans la note de présentation du témoignage — , d’une revue dont le nom, le lieux et date de publication n’apparaissent : « Lorsque soldats et miliciens semaient la terreur. Ce jour-là à la ferme de Marty », pp. 40-46 (ill.). — Claude Delpla, La Libération de l’Ariège, Toulouse, Le Pas d’Oiseau, 2019, 514 p. [pp. 97-98]. — Olivier Nadouce, L’Ariège, terre de résistance. La bataille de Vira, Saint-Cyr-sur-Loire, Alan Sutton, 2008, 157 p.] Voir en particulier les pp. 54, 75, 86, 92, 116, 128, 135, 153, 160. Ce livre rassemble un grand nombres de témoignages d’acteurs de la Résistance dans la vallée du Douctouyre et du combat de Vira ou ayant assisté à des phases de celui-ci. Olivier Nadouce les a recueillis et mis en forme. — Site MemorialGenWeb consulté le 26 avril 2020. — Site Mémoire des Hommes, consulté le 25 avril 2020.

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