PASQUIER Clément, Eugène

Par Michel Germain

Né le 14 mai 1883 à Bellevaux (Haute-Savoie), massacré le 28 janvier 1944 à Saint-Jeoire-en-Faucigny (Haute-Savoie) ; cultivateur ; victime civile.

Clément Pasquier était le fils de Jean Pasquier et de son épouse Geneviève Cornier. Veuf de Marie Louise Meynet, il exploitait une ferme au hameau de Pouilly (Saint-Jeoire-en-Faucigny) et il était le père d’Alphonse*.
Le vendredi 28 janvier 1944, vers 22 heures, une voiture de l’A.S. avec à son bord Robert Desbiolles, chauffeur, Marcel Clavel, et Alphonse Pasquier, son fils, força un barrage allemand situé à l’entrée du village de Pouilly, installé là à la suite de l’enlèvement d’un douanier allemand. Un soldat fut tué. Blessés, les trois occupants maquisards tentèrent de s’échapper. Marcel et Alphonse, grièvement blessé tentèrent de fuir par le massif forestier du Turchon. Alphonse, trop blessé pour continuer à fuir, obtint de son copain qu’il parte seul. Resté seul, perdant beaucoup de sang, il descendit vers les premières maisons.
Pendant ce temps, les Allemands, qui avaient demandé du renfort à Annemasse, cernèrent le village de Pouilly. Il était 23 heures 30 environ. Ils ouvrirent le feu contre les façades des maisons et firent sortir les gens. Les femmes et les enfants furent poussés vers le bas du hameau. Les projecteurs éclairaient la scène a giorno. Pierre Cornier* fut tué. Léon Parchet* fut frappé à mort par des S.S. qui l’achèvèrent de plusieurs rafales de mitraillettes. Jean Carrier*, grimpé sur le toit de sa maison tira sur les soldats allemands avant de succomber sous le nombre. Découvrant Robert Desbiolles*, blessé, les Allemands l’achevèrent. Émile Salomon* trouva la mort devant sa maison. Clément Pasquier sortit de chez lui. Il savait que son fils était en train d’agoniser dans le Turchon. Tout près de lui, un homme de 70 ans était sur le point d’être fusillé. Clément cria très fort. Les soldats se retournèrent. Le vieil homme en profita pour fuir, mais un militaire se vengea sur Clément, qui s’écroula fauché par une rafale. Jean Girod* fut tué devant sa maison. Alfred Mischler* fut exécuté chez lui. Eustache Benedente* fut abattu devant chez lui. Ferdinand Chamot* fut le dernier exécuté. Alphonse pendant ce temps avait succombé à ses blessures dans le bois voisin.
Le drame de Pouilly fit 11 victimes tandis que les nazis incendièrent 9 maisons à la grenade incendiaire. (Mémorial de l’oppression 3808 W 1500).
Comme toutes les victimes de ce drame, Clément Pasquier fut reconnu « Mort pour la France » le 9 octobre 1945 (dossier n°74 203 et acte de décès Saint-Jeoire 6/1944). Une stèle érigée sur le côté de la route qui, de Saint-Jeoire monte au hameau, rappelle le drame de ce village martyr. Clément figure sur le monument aux morts de Saint-Jeoire-en-Faucigny et sur celui de Bellevaux.



Voir Saint-Jeoire-en-Faucigny (Haute-Savoie), hameau de Pouilly, 28 janvier 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article226987, notice PASQUIER Clément, Eugène par Michel Germain, version mise en ligne le 1er mai 2020, dernière modification le 1er mai 2020.

Par Michel Germain

SOURCES : Michel Germain, Haute-Savoie Rebelle et martyre, Mémorial de la Seconde guerre mondiale en Haute-Savoie, La Fontaine de Siloé, 2009. — MémorialGenWeb.

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