LAURENT Yvonnick, Jean, Henri, Joseph

Par Daniel Heudré

Né le 3 janvier 1923 à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), mort sous la torture le 8 juillet 1944 à Vieux-Vy-sur-Couesnon (Ille-et-Vilaine) ; intendant d’un camp de jeunesse ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans français (FTPF).

Fils d’Yves Laurent et de Marguerite Gergaud, Yvonnick Laurent était un jeune rennais, issu du camp de jeunesse de la mine de Brais et intendant de ce camp jusqu’à sa dissolution en septembre 1943. Il se rapprocha des FTP du maquis de Pavée.

Le 8 juillet 1944, au lendemain de l’attaque du maquis de Broualan, les miliciens, ayant à leur tête Émile Schwaller, arrivèrent au moulin de Guémain. Il était entre sept et huit heures. Ils s’entretinrent avec le minotier et lui soutirèrent des renseignements. Ils rejoignirent la Roche-aux-Merles où se trouvaient deux fermes. La plus importante était exploitée par Eugène Logeais, rapatrié d’Allemagne pour raisons de santé. Elle devint une plaque tournante des résistants pour la région de Fougères. La plus petite était occupée par Jean Salvet, radioélectricien, réfugié avec sa femme et ses enfants depuis juillet 1943.

Lors de l’arrivée des miliciens, Yvonnick Laurent était dans le lit de Jean Salvet. Ils l’interrogèrent et le cravachèrent afin de découvrir la cache des résistants. Celui-ci garda le silence. Ils emmenèrent ensuite Jean Salvet à la ferme de Logeais. La ferme d’Eugène Logeais fut alors incendiée après un déferlement de rafales à l’intérieur de la maison et sur la volaille. Vers 16 heures, Yvonnick Laurent et Roger Elie, autre camarade du camp de jeunesse, furent emmenés dans une camionnette avec quatre miliciens armés. Le jeune Yvonnick Laurent fut battu, flagellé à l’aide de nœuds de cordes trempées dans un seau d’eau et torturé par le milicien Bellier. Son corps sera retrouvé dans une carrière, caché sous des branchages. Le lendemain, Il sera transporté à la maire de Vieux-Vy-sur-Couesnon.

Yvonnick Laurent, figure emblématique de la Résistance, fut reconnu Mort pour la France. Une stèle de granit a été érigée à la Roche-aux- Merles. Son nom est gravé sur les plaques commémoratives de l’église de Vieux-Vy-sur-Couesnon et sur celle de l’école Saint-Charles à Saint-Brieuc.
Une rue porte son nom dans la ville de Rennes où son nom est gravé sur le Panthéon.
Des cérémonies sont régulièrement organisées, chaque année, à la date du 8 juillet.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article227193, notice LAURENT Yvonnick, Jean, Henri, Joseph par Daniel Heudré, version mise en ligne le 4 mai 2020, dernière modification le 5 janvier 2021.

Par Daniel Heudré

SOURCES : Collectif, Vieux-Vy-sur-Couesnon d’hier à aujourd’hui, Imprimerie Maury 1990.— Kristian Hamon, Le martyr du jeune résistant Yvonnick Laurent, article Le petit Rapporteur, 9 mai 2010.— Mémorial GenWeb.

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