RINGER Erwin alias SALMON Siedfried

Par Huguette Juniet

Né le 24 décembre 1924 à Schiltigheim (Bas-Rhin), exécuté sommairement le 27 avril 1944 par le SIPO – SD, au Mont-Dore (Puy-de-Dôme) ; cuisinier ; victime civile.

Erwin Ringer est le fils de Alfred et de Elsa Weber. Il était originaire d’Alsace et célibataire. Il était évadé d’un camp de concentration allemand situé près de Perpignan (Pyrénées Orientales)
En 1944, il était réfugié en Auvergne depuis deux ans et exerçait la profession de cuisinier à l’hôtel du Globe à La Bourboule (Puy de Dôme), chez Marcel Bouchaudy et résidait à cette même adresse.
Cet hôtel et son propriétaire, résistant des premières heures étaient connus par la Gestapo pour avoir hébergé l’équipe de sabotage R6 de Raymond Labaune et Camille Leclanché.

Ce 27 avril 1944, à 8 heures du matin la Gestapo sous les ordres de Geissler, chef du KDS de Vichy effectua une rafle au Mont-Dore et à La Bourboule. Elle investit l’hôtel du globe à La Bourboule et arrêta le propriétaire Marcel Bouchaudy, le cuisinier Erwing Ringer, la gérante Emma Chassaing ainsi qu’un pensionnaire israélite M. Hong, connu sous le nom de Anglard ou Anglar. Séparés des autres occupants de l’hôtel ils furent tous les quatre violentés et interrogés par la Gestapo qui souhaitait savoir où se trouvaient les frères Rozier qui exploitaient une pâtisserie confiserie à La Bourboule. Retrouvés, ces derniers furent conduits à l’hôtel du globe accompagnés de leur neveu Pierre Brossier. Six personnes appréhendées dans la matinée au Mont-Dore les rejoignirent en ce lieu.
Au cours de cette rafle, 15 personnes furent arrêtées dont 5 furent fusillés -Bouchaudy Jean, les frères Rozier Michel et Raymond, Anglard et Erwing Ringer. Ce dernier fut installé en fin de soirée dans une traction de la Gestapo, direction la prison militaire allemande de Clermont-Ferrand. A mi-chemin entre la Bourboule et le Mont-Dore le véhicule dut s’arrêter suite à un mauvais fonctionnement. Profitant de cet arrêt un membre du KDS tira un coup de feu tuant à bout portant d’une balle à la tempe le prisonnier et le jeta, avec l’aide d’un acolyte, le corps inanimé sur le bas-côté de la chaussée. C’est le 28 avril 1944 au matin, que deux jeunes filles du Mont-Dore qui se rendaient à leur travail à La Bourboule découvrirent en contrebas de la RN 130 le corps de la victime. Le corps fut transporté à la mairie de La Bourboule.
A noter que sa mère qui habitait à Saint-Yrieix (Haute-Vienne) demanda en 1945 qu’on lui rende les 7 825 francs dont son fils était porteur quand il fut exécuté, somme qui fut retrouvée.
Dans l’enquête sur crime de guerre le concernant il est aussi identifié comme Siedfried Salmon.

Son nom ne figure sur aucun monument commémoratif.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article227224, notice RINGER Erwin alias SALMON Siedfried par Huguette Juniet, version mise en ligne le 6 mai 2020, dernière modification le 14 février 2021.

Par Huguette Juniet

SOURCES : Arch. Dép. du Puy de Dôme : 908 W 113, Enquête sur crimes de guerre au Mont-Dore. — Arch. Dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 496, liste des fusillés et massacrés de la région du Puy-de-Dôme 1er mars 1945. — Michelle Serre, La région de La Bourboule et du Mont-Dore pendant la seconde guerre mondiale, Edit. La Galipote, 2017. — La Montagne, 25 avril 2015, édition Chamalières-Montagne. — État-civil du Mont-Dore.

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