BOUCHOUX Louis, Philippe (parfois prénommé Louis-Philippe)

Par Jean-Yves Boursier, Jacques Girault

Né le 18 octobre 1894 à Château-Chinon-Campagne (Nièvre), mort le 7 juin 1968 à Château-Chinon ; instituteur dans la Nièvre ; militant du SNI ; militant socialiste SFIO ; conseiller municipal de Château-Chinon.

Fils de cultivateurs du hameau de La Vallée de Cours à Château-Chinon-Campagne, Louis Bouchoux était l’aîné d’une famille de six enfants : quatre garçons (dont l’un fut tué en 1918 à l’âge de 20 ans) et deux filles.

Louis Bouchoux devait être élève-instituteur à l’École normale d’instituteurs de Varzy (Nièvre) d’octobre 1912 à septembre 1915. Mais en raison de la guerre, mobilisé en septembre 1914, il fut versé dans les services auxiliaires en 1915 en raison de sa vue. Démobilisé comme sergent le 4 septembre 1919, il devint instituteur à Moulins-Engilbert en octobre 1919 puis à Château-Chinon le 20 juillet 1926 où il effectua le reste de sa carrière jusqu’à la retraite à la fin de l’année scolaire en 1951, tout en étant également secrétaire de mairie à Château-Chinon (campagne), fonction qu’il occupa jusqu’en 1960. Les classes de fin d’études préparant au certificat d’études lui étaient confiées.

Il se maria à Larochemillay (Nièvre), le 15 septembre 1921, avec Lucienne, Claudine Bouillot (1902-1954), employée des postes, fille de Jean-Baptiste Bouillot, négociant, maire de la commune. Ils eurent deux enfants, futurs enseignants.

Militant du Syndicat national des instituteurs, il fut élu au Conseil départemental de l’enseignement primaire en 1951. Il démissionna à la fin de 1953 à la demande du SNI pour protester contre la politique gouvernementale répressive et anti-laïque. Il fut réélu aux élections de janvier 1954.

Membre du Parti socialiste SFIO depuis les années 1920, il fut secrétaire de la section socialiste de Château-Chinon. Il était proche du Docteur Léon Bondoux, socialiste, qui fut maire de Château-Chinon campagne puis de Château-Chinon ville, conseiller général et député. Louis Bouchoux fut très actif dans la vie associative locale : secrétaire cantonal de l’Autonome des instituteurs, président du Cercle Jules Ferry (société laïque culturelle), président de l’Union Sportive Morvandelle. En mars-avril 1959, aux élections municipales de Château-Chinon, il figurait sur la liste de la gauche socialiste conduite par le maire socialiste SFIO sortant, Robert Mantin, négociant en spiritueux. Trois autres listes étaient en lice au premier tour : la liste communiste conduite par Gabriel Delacroix, épicier, la liste de droite conduite par Pierre Berger, représentant de commerce et la liste démocratique et d’action communale conduite par François Mitterrand de l’UDSR, qui aurait voulu Louis Bouchoux sur sa liste mais ce dernier resta sur la liste socialiste par fidélité à la SFIO. La liste socialiste arriva en tête et Bouchoux obtint le plus de voix de tous les candidats (545), devançant nettement François Mitterrand (485). Au deuxième tour, la liste communiste fusionna avec celle de François Mitterrand qui prit quatre colistiers communistes et promit un poste d’adjoint. La liste de droite se retira la veille au soir de l’élection. La liste Mitterrand remporta l’élection ; le maire sortant ne fut pas élu et Bouchoux obtint encore le plus de voix de la liste socialiste. Lors de l’élection du maire, il obtint 4 voix contre 11 à Mitterrand et 2 bulletins blancs. Il siégea dans la minorité du conseil de 1959 à 1965. François Mitterrand le sollicita sans succès pour figurer sur sa liste aux élections municipales de 1965, soulignant dans un courrier son « souci d’union entre républicains » ainsi que « l’amitié que vous avez bien voulu me manifester. »

Délégué au conseil d’administration de la Caisse de Sécurité sociale, administrateur puis président de la Caisse d’épargne de Château-Chinon de 1954 à 1968, Louis-Philippe Bouchoux participa à la fondation de l’Académie du Morvan en 1967.

Le 10 juin 1968, lors de ses obsèques, François Mitterrand évoqua dans son éloge funèbre celui « qui fut le premier citoyen de Château-Chinon ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article227357, notice BOUCHOUX Louis, Philippe (parfois prénommé Louis-Philippe) par Jean-Yves Boursier, Jacques Girault, version mise en ligne le 9 mai 2020, dernière modification le 5 juin 2020.

Par Jean-Yves Boursier, Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Nièvre, registre matricules et dossier de l’Inspection académique. — L’École libératrice — Renseignements fournis par Pierrette Bouchoux. — Notes de Jean Battut et Christian Bouchoux.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément