PETIT Jean-Pierre, Émile, Roger

Par Hugues Lenoir, Bruno Martin

Né le 9 décembre 1954 à Paris (XIIe) arr.), mort le 11 mai 2017 à Paris (XXe arr.) à l’hôpital Tenon ; employé des PTT ; syndicaliste CNT puis SUD, animateur de Radio libertaire.

Jean-Pierre Petit était le fils de Petit, Pierre, Marcel né le 29 mai 1922 à Paris XIe arr.et décédé le 3 novembre 1982 à Paris XIIe arr. à l’hôpital Saint Antoine qui fut vendeur et ouvrier de sensibilité communiste et de Painvin Odette, Marie née le 16 octobre 1925 à Paris (Xe) aujourd’hui décédée. De sensibilité gaulliste sa mère était dactylographe. Ses parents vécurent à Paris.

Jean-Pierre Petit échoua au bac en 1973. Il enchaîna alors les petits boulots jusqu’en 1974. Il fut ensuite embauché aux PTT/La Poste au tri postal à Paris-Est en décembre 1974, puis à Austerlitz en janvier 1995 et enfin à Paris-Louvre. Il prit sa retraite en avril 2017. Il milita durant plus de 45 ans. D’abord à l’extrême gauche au Mouvement du 27 mai (ex-Gauche prolétarienne, mouvance de la Cause du peuple et du Secours rouge) à partir de la rentrée 1970, puis à l’Union des communistes de France – marxiste-léniniste, pendant l’année scolaire 1971-1972. Enfin à la Ligue communiste révolutionnaire pendant 8 mois au cours de l’année 1975. Marqué par les thématiques libertaires de l’extrême-gauche (révolte anti-autoritaire, critique de la vie quotidienne), il se rapproche des milieux autonome et anarchiste dans la deuxième moitié des années 1970, accompagna l’essor des premiers groupes punks parisiens à travers la publication de fanzines et l’organisation de concerts.

Comme agent des PTT, il se syndiqua d’abord à la Confédération française démocratique du travail CFDT en 1975, puis il rejoignit la Confédération nationale du travail (CNT) et plus tard SUD-PTT à Paris-Est en1993. Dans ce cadre il mena une grève, contre la fermeture du centre de tri postal de Paris-Est (février 1995) Il fut ensuite muté à Paris-Austerlitz où il participa à la grève de novembre/décembre 1995). Il écopa également, un an plus tard (janvier 1996), de six mois de mise à pied pour « absences irrégulières et retards à la prise de service ». Sa dernière mutation fut à Paris Louvre en janvier1998. Il accompagna la plupart des mouvements sociaux.

Il fut des années 1970 à 2017 de nombreux combats et initiatives militantes comme l’occupation du Sacré-Cœur le 13 février 1971 suite à l’affaire Richard Deshaye - Gilles Guiot ; les manifestations contre la loi Debré à Melun (mars-avril 1973) ; la manifestation de Creys-Malville (juillet 1977) contre le nucléaire. À Paris, il participa à l’occupation de l’église Saint Bernard (été 1996) avec les sans-papiers ; à l’occupation du 3/5 rue d’Aligre (Maison des Ensembles, décembre 1996-juin 2003) ; au mouvement des chômeurs de l’hiver 1997 ; à l’occupation du 141, rue de Tolbiac (Le Barbizon, décembre 2002-octobre 2006). Il fut l’un des piliers de l’élaboration annuelle du Festival des résistances et des alternatives de Paris (FRAP, 2001-2014), auto-organisation de rendez-vous écolo-libertaires (débats, concerts, actions militantes).

Il fut aussi l’un des créateurs et animateurs de "Souriez-vous êtes filmés", collectif constitué en réaction aux lois Pasqua au début de 1995, avec lequel il multiplia les actions contre la vidéosurveillance et pour lequel il anima l’émission « Les Amis d’Orwell » sur Radio Libertaire à partir de 2007. Il fut, à travers SVEF, à l’initiative de la création de divers intercollectifs (Collectif pour les libertés individuelles face aux technologies de l’information, Coordination antividéosurveillance Île-de-France, Collectif Démocratie et libertés). Il fut très actif dans les combats contre les technologies de contrôle (biométrie, fichage, RFID, nanotechnologies…), et participa ainsi aux cérémonies annuelles des Big Brother Awards (2000-2013), aux actions de la Brigades Activiste des Clowns (période 2005-2008) et aux « prières » de l’Église de la Très Sainte Consommation (2004-2012) et participa à la lutte contre les technologies de contrôle (biométrie, fichage, RFID, nanotechnologies) dans les années 2000-2010.

Dans les années 2010, il orienta aussi son action sur la critique de l’aménagement du territoire et participa à la contestation des « grands projets » (Notre Dame des landes, Bure, plateau de Saclay, Triangle de Gonesse…) avec notamment la création de la Coordination pour la solidarité entre les territoires d’Île-de-France et contre le Grand Paris en 2012. Il participa encore également à l’organisation du camp antinucléaire VMC à Bure (Meuse), en août 2015.

Il s’illustra particulièrement dans sa capacité à mettre en réseau divers milieux militants et à renforcer les relations entre les luttes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article227371, notice PETIT Jean-Pierre, Émile, Roger par Hugues Lenoir, Bruno Martin, version mise en ligne le 9 mai 2020, dernière modification le 11 mai 2020.

Par Hugues Lenoir, Bruno Martin

Œuvres : Gare du nord (fanzine, 3 numéros, juin 1976-janvier 1977). — Annie aime les sucettes (fanzine, 8 numéros, janvier-novembre 1978) — Paris-Soir (fanzine, au moins 9 numéros, 1986-1987). — Sensations (fanzine, 1 numéro, février 1988)
Articles dans : Canicule (n°1 et n°4/5, 1991). — Le Monde libertaire, (supplément au n°1248 du 7 juin 2001, consacré à la semaine nationale contre la vidéosurveillance). — Louvre boîte (journal de la section SUD de Paris-Louvre, au moins quatre numéros, 2002-2003). — Courant alternatif (n°246, janvier 2015, n°268, mars 2017). — Alternative libertaire (n°246, janvier 2015)
Radio : Radio libre Radio 93 (une émission, le 15 février 1978). — Émission Les amis d’Orwell, Radio libertaire, 2007-2017
Télévision : Participation au projet de télévision associative Ondes sans frontières à la fin des années 1990.

SOURCES : Témoignages directs de son entourage, articles biographiques dans le fanzine Gare du Nord.

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