REVEL Louis, Marcel, Marie, Joseph

Par Jean-Marie Guillon

Né le 9 février 1916 à Roanne (Loire), tué le 21 août 1944 au Revest-les Eaux (Var) ; enseigne de vaisseau ; Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Fils de Henri Revel, directeur du Comptoir national d’escompte, et de Marcelle Foujols, sans profession, Louis Revel a été admis à l’École navale en 1936. Promu enseigne de vaisseau de 2e classe en 1938, il était enseigne de vaisseau de de 1e classe le 1er janvier 1940, successivement affecté sur le croiseur « Gloire », l’aviso-dragueur « Commandant Duboc » à Toulon (Var), le sous-marin « Marsouin » à Bizerte (Tunisie), puis l’Unité marine de Beyrouth (Liban). Il y fut chargé d’installer des observatoires côtiers entre Saïda et Damour. Là, il se distingua en combattant contre les Britanniques et leur alliés gaullistes en juin 1941 au point d’être décoré de la Légion d’honneur dès la fin juillet. La citation du Journal officiel du 29 juillet précisait que « le 7 juillet 1941, détaché au poste de guet de Damour, apprenant que le poste de commandement du colonel commandant le secteur, était encerclé par l’adversaire, a contre-attaqué avec les 7 marins de son personnel, assurant toutefois la permanence du guet. A réussi à dégager le poste de commandement et à sauver les officiers qui s’y trouvaient. Après avoir protégé le repli de ces officiers, est revenu dans Damour rechercher le corps d’un de ses marins tué au cours de l’action et l’a enterré. N’a cessé de lutter toute la nuit, contre les éléments britanniques qui s’étaient infiltrés dans nos positions. » La citation ajoutait que, blessé le 19 juin au cours d’une liaison, il avait tenu à achever sa mission avant d’être évacué. Rapatrié en métropole après la défaite des forces vichystes, il se maria le 20 octobre 1941 à Saint-Just-Malmont (Haute-Loire) avec Marie-Thérèse de Lambert-Foujols. Il fut affecté à Toulon au contre-torpilleur « Vauquelin » et participa au sabordage de la Flotte, le 27 novembre 1942. Il fut transféré ensuite au bataillon des marins-pompiers où il commandait la 3e compagnie. Rien n’indique qu’il ait été en contact avec la Résistance avant août 1944, mais il voulut participer aux combats pour la libération du camp retranché alors qu’il était depuis le 19 août en cours d’encerclement par les unités de l’Armée B du général de Lattre de Tassigny. Il fut tué par erreur le 21 août dans le massif du Croupatier par des hommes du 3e régiment de tirailleurs algériens (3e RTA) qui ont cru avoir affaire à des soldats allemands. Les témoignages sont contradictoires sur les circonstances de sa mort. Pour les uns, il venait de prendre des instructions et de l’armement à l’état-major du 3e RTA au Revest, auprès du colonel de Linarès, et regagnait Toulon en passant par le Croupatier pour éviter les Allemands qui tenaient les quartiers nord de Toulon. Pour les autres, Revel et un détachement de marins pompiers se rendaient au Revest et montaient les pentes du massif, hypothèse qui paraît la plus vraisemblable. Ce groupe se serait dispersé après un accrochage avec les Allemands et Louis Revel serait resté seul avec l’un de ses hommes, celui-ci, Jacques Roux, étant également mortellement blessé. Louis Revel fut d’abord provisoirement inhumé sur les lieux de sa mort et cette tombe est encore en place. Son corps fut transféré par la suite au carré militaire du cimetière de Lagoubran.
Promu lieutenant de vaisseau à titre posthume à compter du 20 août 1944, cité à l’ordre du corps d’armée et décoré de la Croix de guerre avec palme et étoile de vermeil le 15 novembre 1944, il fut reconnu « Mort pour la France. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article227418, notice REVEL Louis, Marcel, Marie, Joseph par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 12 mai 2020, dernière modification le 19 juillet 2021.

Par Jean-Marie Guillon

Tombe provisoire de Louis Revel
Stèle

SOURCES : sites internet Mémoire des hommes SHD Caen CC8 62 J 11561 et randojp.free.fr. ⎯ François de Linarès, Par les portes du Nord. La libération de Toulon et Marseille 1944, Paris, Nel, 2005, p. 162. ⎯ état civil.

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