DIOT René, Émile

Par Daniel Grason, Michèle Rault

Né le 1er novembre 1905 à Paris (XIVe arr.), fusillé par condamnation le 7 juillet 1942 à la prison de la Santé à Paris ; infirmier ; domicilié à Ivry-sur-Seine et Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) ; résistant FTPF.

Enfant posthume d’un père qui avait été charretier et d’une mère journalière, René Diot, infirmier, était domicilié à Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) lorsqu’il épousa le 27 juillet 1929 Marie-Louise Granet, journalière, habitante de Saint-Mandé (Seine, Val-de-Marne). Père de trois enfants, il travailla à l’hôpital de Villejuif de 1935 à 1941 puis à l’hospice de Bicêtre (Seine, Val-de-Marne). Dans cet établissement, il participa à la Résistance au sein des FTP, Il participa à la coupure de câbles téléphoniques à Chevilly-Larue (Seine, Val-de-Marne) et à une agression contre un gardien de la paix le 5 juin 1942 avenue d’Italie dans le XIIIe arrondissement.
Deux résistants Georges M… et S… arrêtés par les allemands, très probablement torturés parlèrent. Des inspecteurs de la BS2 interpellèrent André Bru, ils le livrèrent immédiatement aux allemands sans l’interroger. Quant à René Diot les policiers savaient qu’il travaillait et habitait Bicêtre dans une Maison de Santé.
Le 23 juin 1942 des inspecteurs de la BS1 l’interpellèrent à l’hospice de Bicêtre. Lors de la perquisition ils saisissaient plusieurs pistolets, un lot de cartouches de différents calibres, plusieurs documents dont un cahier sur lequel étaient notés les noms des membres du syndicat clandestin de l’hospice. Interrogé dans les locaux des Brigades spéciales, il a été très probablement frappé.
René Diot fut fusillé le 7 juillet 1942 à la prison de la Santé à Paris. Après avoir été inhumé au cimetière de Bagneux, le corps de René Diot fut transféré après la guerre au carré des fusillés du cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine.
Son épouse Marie-Louise agent des services hospitaliers a été licenciée après l’arrestation de son mari. Elle fut embauchée en décembre 1942 par la ville d’Ivry-sur-Seine comme femme de service dans les cantines scolaires.
Domiciliée à l’hôpital de la Salpetrière à Paris (XIIIe arr.) elle témoigna le 22 août 1945 devant la commission d’épuration de la police. René Diot avait été arrêté le 23 juin 1942 à son travail par trois inspecteurs de la BS1. Emmené à son domicile, une perquisition a été effectuée. Sur photographies son épouse reconnut Gaston Barrachin et B… comme ayant participé à l’arrestation de son mari, puis M... et D... comme ayant effectué une seconde perquisition. Des armes furent découverte « nous n’avions pas eu le temps de faire disparaître » déclara-t-elle.
« Conduit à la Préfecture de police, je n’ai plus jamais revu mon époux. Je ne saurais vous dire s’il a été maltraité. »
« Le 9 août 1942 les services de la prison de la Santé m’ont fait parvenir des vêtements et j’ai été avisée d’avoir à me présenter à la mairie du XIVe arrondissement où l’on m’a dit que mon époux avait été fusillé dans la cour de la prison le 7 juillet 1942. »
« Je porte plainte contre les inspecteurs qui ont procédé à l’arrestation de mon époux, les rendant responsables de sa mort. »
Gaston Barrachin l’un de ceux qui arrêtèrent René Diot avait dans l’exercice de ses fonctions été un « violent » écrivit Jean-Marc Berlière. « Ses interrogatoires se terminent parfois tragiquement. Le groupe qu’il dirigeait fut l’un des plus actifs. Pourchassant inlassablement les « communo-terroristes », les interrogeant avec violence, il a commis de gros dégâts. Jugé en octobre 1945, Gaston Barrachin est condamné à mort et fusillé, non sans avoir tenté, aidé de sa fille, de se battre jusqu’au bout sur le terrain politique. »
René Diot a été homologué combattant des Forces françaises de l’intérieur (FFI), et Interné résistant.
Après avoir été inhumé au cimetière de Bagneux, le corps de René Diot fut transféré au carré des fusillés du cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine. Sa fille, Simone, épousa en 1954 Jacques Laloë, élu maire communiste d’Ivry-sur-Seine en 1965.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22745, notice DIOT René, Émile par Daniel Grason, Michèle Rault , version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 24 juin 2020.

Par Daniel Grason, Michèle Rault

SOURCES : Arch. PPo. 77 W 340-57749, 77 W 5341-292132. – Bureau Résistance GR 16 P 186255. – DAVCC, Caen. – Arch. Com. Ivry-sur-Seine. – Témoignage de Simone Diot. – Les policiers français sous l’Occupation, Jean-Marc Berlière avec Laurent Chabrun, Éd. Perrin.

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