GOVIN Erhard, Henri, Florentin [Pseudonyme dans la Résistance : Hérard]

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 18 novembre 1910 à Guignicourt (Villeneuve-sur-Aisne, Aisne), mort des suites de ses blessures le 23 août 1944 à Reims (Marne) ; épicier-cafetier ; résistant ; CDLL ; FFI.

Erhard Govin
Erhard Govin
SOURCE : L’Union

Erhard Govin était le fils d’Eugène Henri Govin et de Zulma Eugénie Prévost. Il avait épousé Éliette Henriette Mignon. Le couple avait quatre jeunes enfants nés en 1936, 1938, 1941 et 1943 (un cinquième enfant naîtra en décembre 1944). Erhard Govin exerçait la profession d’épicier-cafetier à Bourgogne (Marne).

Dès le début de l’Occupation, Erhard Govin aida des prisonniers évadés en leur procurant des vivres et des faux papiers fournis par l’instituteur du village et il entra en contact avec Ceux de la Résistance (CDLR) à la fin de 1942.
Au printemps 1944, il rejoignit Ceux de la Libération (CDLL). Il prit en charge des membres d’équipages d’avions alliés qui avaient été abattus dans la région avec son ami Bronislaw Korak (reconnu après-guerre comme membre du réseau d’évasion Bourgogne de la France combattante). Il en hébergea même chez lui, alors que son café était fréquenté par les soldats allemands du camp militaire de Courcy, à quelques kilomètres de Bourgogne.
Ce fut le cas de Jack Hoad, aviateur de la RAF, dont le Lancaster avait été abattu le 25 février 1944 dans les Ardennes, et du mitrailleur américain John Katsaros dont le B17 avait été abattu le 20 mars 1944 dans le secteur d’Unchair (Marne). Tous deux furent pris en charge par différents résistants du secteur de Reims (Marne), dont Erhard Govin, et par le réseau Bourgogne, et purent regagner le Royaume-Uni en juin 1944 en passant par l’Espagne.
Il accueillit aussi le canadien Victor McCreight, dont l’avion a été abattu près de Reims le 28 juin 1944 et qui resta caché dans le secteur jusqu’à la libération de la ville le 30 août 1944.

Le 9 août 1944, à la suite de l’arrestation à Reims de deux aviateurs britanniques, Erhard Govin quitta Bourgogne avec sa famille et vint s’installer à Reims. Par mesure de sécurité, il déplaça une vingtaine d’aviateurs hébergés dans des gîtes de la région de Reims. Les policiers allemands qui le recherchaient pillèrent sa maison et brutalisèrent sa belle-mère.

Dans la nuit du 21 au 22 août 1944, Erhard Govin a été interpellé par une patrouille allemande, alors qu’il se préparait à effectuer un sabotage à Reims sur des lignes téléphoniques en compagnie de Marcel Faivre. Grièvement blessé, il est décédé le lendemain matin.

Son acte de décès, dressé à l’état civil de Reims le 25 août 1944 sur la déclaration d’Henri Lesage, administrateur des Hospices civils de Reims, le déclare « décédé le 23 août 1944 à neuf heures quarante cinq à Reims 31 bis rue de Venise ». Cette adresse est celle d’une maison achetée en 1938 par les jésuites du Collège Saint-Joseph, où de 1943 à 1944 le fils du général de Lattre de Tassigny a été caché sous le nom de l’élève de Seconde C, Robert Laurent. Erhard Govin a sans doute été transporté clandestinement dans cette maison, où un médecin de l’Hôpital de Reims est venu le soigner et ou il est décédé des suites de ses blessures.

Les obsèques d’Erhard Govin eurent lieu à Bourgogne le 7 octobre 1944 en présence d’une foule nombreuse, habitants de Bourgogne et résistants rémois venus lui rendre hommage. Il est inhumé dans le cimetière communal.

Marcel Faivre a été déporté à Neuengamme. Il est rentré à Reims en 1945, mais très affaibli il est décédé en 1947 des suites de sa déportation.

Erhard Govin a été reconnu « Mort pour la France » et a été homologué FFI. La Médaille de la Résistance lui a été décernée par décret du 3 juillet 1946 publié au JO du 11 juillet 1946.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Bourgogne où une rue porte son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article227494, notice GOVIN Erhard, Henri, Florentin [Pseudonyme dans la Résistance : Hérard] par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 11 mai 2020, dernière modification le 13 mai 2020.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Erhard Govin
Erhard Govin
SOURCE : L’Union
Dans le cimetière de Bourgogne
Dans le cimetière de Bourgogne
Sur le monument aux morts de Bourgogne
Sur le monument aux morts de Bourgogne
SOURCE : 
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
SOURCE : Photo Louis de Luca

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21 P196 344. – SHD, Vincennes, GR 16 P 266381. – Arch. Dép. Marne, M 4774, membres de la Résistance tués au combat ou fusillés après capture, liste dressée à la demande du ministère de l’Intérieur en octobre 1944. – Arch. COSOR de la Marne. – L’Union, 30 janvier 1946 (photo). – Albert Manouvrier, La Résistance au quotidien dans la ville que j’ai tant aimée…, Ajaccio, éditions La Marge, 1991. – " La Résistance à Bourgogne durant la dernière guerre ", Bulletin communal de Bourgogne, n° 52 d’octobre 1990, n° 64 de juin 1994. – John Katsaros, Code burgundy, La longue évasion, Copyright 2014 by John Katsaros. – Mémorial GenWeb. – État civil, Villeneuve-sur-Aisne (acte de naissance) ; Reims (acte de décès).

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