LACOUR Marcel, Paul

Par Eric Panthou

Né le 3 avril 1906 à Celles, aujourd’hui Celles-sur-Durolle (Puy-de-Dôme), mort accidentellement le 4 mai 1944 à Aigueperse (Puy-de-Dôme) ; docteur ; membre de la Résistance intérieure française (RIF) et des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Fils de Joseph, galochier, et de Marie Four, sans profession, Marcel Lacour se maria le 13 août 1931 à Aigueperse (Puy-de-Dôme) avec Marguerite Camille Marthe Labonne, pharmacienne.
Après des études de médecine à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), il vint s’installer à Aigueperse, la commune où son beau-père était receveur de l’enregistrement. Il habita Grande rue à Aigueperse (Puy-de-Dôme). Sa mère, veuve, habitait encore Celles-sur-Durolle en 1944.
Sous-lieutenant pendant son service militaire, il avait été nommé lieutenant de réserve après mobilisation à Caluire, dans le Rhône.
Médecin apprécié par la population locale, il s’investit dans la vie association et politique de la commune. Il fut élu conseiller municipal d’Aigueperse en 1935, puis conseiller général du canton le 10 octobre 1937. Il devint aussi président de la société de gymnastique "L’espérance d’Aigueperse ".
Le docteur Lacour entra dans la Résistance active en 1943, année de création à Aigueperse d’un réseau de Forces Françaises de l’Intérieur du mouvement Combat, ayant comme responsable René Favier, le commandant Montpensier.
Le lieutenant Lacour, sous le pseudonyme de Maurice entra aussitôt en relations avec le commandant Robin. ll avait un double rôle, celui de passeur pour soustraire au S.T.O. les jeunes qui avaient été requis, grâce à une filière médicale qui s’était constituée. Son autre rôle, non moins important, était celui du camouflage des armes pour les besoins du maquis.

Son activité de médecin lui permettait de se déplacer aisément en moto ; il pouvait ainsi prendre des contacts avec les résistants des communes voisines qui acceptaient le risque de "planquer" les armes. ll lui fallait trouver des "caches" aussi variées et sûres que possible.
Un officier replié à Aigueperse, le capitaine Volatier, ayant des armes militaires appartenant à l’intendance et qu’il désirait camoufler, prit contact à ce sujet avec Henri Gourdier, chef régional de la Résistance à Riom. Ce dernier lui donna l’ordre verbal de s’entendre avec le docteur Lacour, du groupe de Résistance d’Aigueperse, afin de convenir avec ce dernier d’une cache sûre, permettant une récupération rapide des armes en cas de besoin.

Cet officier rencontra le 1er mai 1944 vers midi, sur la route de Montpensier, le docteur Lacour, et lui fit part des ordres reçus. Le docteur, pressé par une visite, lui donna rendez-vous le soir même à 18 heures, dans la côte du château de La Roche, après Chaptuzat, pour trouver une solution au camouflage des dites armes et munitions, afin d’exécuter les ordres.
Le soir, le lieutenant Lacour étant en retard l’officier retourna sur Aigueperse avec son vélo mais dans un passage étroit à Tressat (commune de Chaptuzat),il ne put éviter la moto du docteur Lacour qui le percuta de plein fouet. Le choc fut violent, l’officier s’en tira avec quelques fractures ; quant au docteur, atteint d’une fracture du crâne, on le transporta à la clinique du chirurgien Paziaud à Riom. Il devait décéder quelques jours plus tard, le 4 mai 1944, ramené à son domicile d’Aigueperse.
Ce n’est qu’après la libération que ces faits furent connus et confirmés, le capitaine Volatier devant cacher les raisons de ses blessures sous peine de faire tomber le réseau.
Le 8 mai 1944, la Milice et le SD de Clermont arrêtèrent 21 résistants d’Aigueperse, sans doute suite à dénonciation d’un membre du réseau. Lors de cette rafle, le SD se présenta au domicile du docteur Lacour pour l’arrêter et vérifia les dires de madame Lacour en mairie puis sur la tombe de son mari et enfin à la clinique de Riom où il avait été soigné.

Marcel Lacour a été reconnu Mort pour la France, avec le titre de membre de la Résistance intérieure française (RIF). Son certificat d’appartenance au F.F.I. porte le n° 13780.

Son nom figure sur la plaque commémorative du groupe scolaire Massillon à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Une place porte son nom à Aigueperse.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article227558, notice LACOUR Marcel, Paul par Eric Panthou, version mise en ligne le 12 mai 2020, dernière modification le 26 avril 2021.

Par Eric Panthou

SOURCES : AVCC Caen, AC 21 P 61234, dossier Paul Lacour (nc). — Mémoire des Hommes. — Mémorialgenweb. — Arsène Perrin, « Un résistant d’Aigueperse, le docteur Marcel Lacour », SPARSAE, n°15, 1988. — État-civil Celles-sur-Durolle et Aigueperse.

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