PERRET Jean-Marie

Né en 1811 à Tartara, canton de Rive-de-Gier (Loire) ; tisseur ; insurgé de 1834 à Lyon ; militant néo-babouviste ; opposant au Second Empire.

Il était marié, sans enfant. Perret s’installa en 1827 à Lyon, 21, rue Villeroi, à la Guillotière. Il prit part à l’insurrection d’avril 1834, à Lyon.
Avec Joseph Benoît et Maurin, il monta un atelier de tissage à Caluire (Rhône). Il découvrit dans l’ouvrage de Buonarroti, Conspiration pour l’Égalité, le communisme babouviste et fonda avec ses amis la Société des Fleurs qui fit à Lyon de la propagande pour le néo-babouvisme, entre 1835 et 1838, avant de devenir la Société des Égaux affiliée sur le plan national à la Société des Familles. (J. Benoît, Confessions d’un prolétaire, Manuscrit Arch. Mun. Lyon, M 302.) Voir Blanc Antoine et Maurin, Dict., 1re partie.

Dans les années qui suivirent, il s’occupa activement des problèmes politiques et sociaux qui agitaient le prolétariat lyonnais et, en 1848, fut élu conseiller municipal de la Guillotière. Lorsqu’en 1850 le président Louis-Napoléon Bonaparte vint à Lyon, Perret fut de ceux qui obtinrent du conseil municipal de la Guillotière une décision par laquelle l’assemblée refusait d’aller le saluer.
Le coup d’État du 2 décembre inaugura pour lui une période difficile. Le 6 décembre 1851, il tomba dans une souricière tendue par la police. On trouva sur lui des armes et des munitions, et une perquisition à son domicile permit de découvrir toute une littérature relative aux questions politiques, mais aussi sociales, et, en particulier, au communisme néo-babouviste. Le 19 décembre 1851, le 1er conseil de guerre de Lyon le condamna à deux ans de prison et 1 000 f d’amende, peine confirmée en révision le 27 décembre 1851. Envoyé à Belle-Île, il y demeura jusqu’en 1854.

En 1858, il fut accusé d’être membre de la Marianne, association secrète, et à nouveau incarcéré. Après deux mois de détention préventive, il fut relâché et s’enfuit en Suisse où il résida pendant huit ans. Il travailla alors comme employé aux chemins de fer et semble avoir facilité l’introduction en France de publications hostiles à l’Empire. En 1869, il soutint la candidature de Raspail.
Le 4 septembre 1870, il fut nommé président du Comité de Salut public qui s’installa à l’Hôtel de Ville puis fut élu au conseil municipal de Lyon (16 septembre 1870-30 avril 1871). Il ne fut pas candidat au conseil municipal lors des nouvelles élections du 30 avril 1871. Il fut élu conseiller général du 7e canton de Lyon, le 8 octobre 1871.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article227584, notice PERRET Jean-Marie, version mise en ligne le 12 mai 2020, dernière modification le 19 avril 2021.

SOURCES : Arch. Mun. Lyon, I, 2/55 pièce 27. — Arch. Dép. Rhône, série M, notice individuelle n° 149. — Le Petit Lyonnais, 4 novembre 1871 (biographie). — Dr Crestin, Souvenirs d’un Lyonnais, Lyon, Decléris, père et fils, 1897.

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