DIZZARD Paul-Émile [DIZARD Émile, Paul, André, dit]

Par Gilles Morin, Claude Pennetier

Né le 22 mars 1896 au Puy-en-Velay (Haute-Loire), mort le 22 octobre 1967 à Paris (VIIIe arr.) ; journaliste ; membre du comité d’action socialiste clandestin.

Fils de Sébastien Dozard, professeur au lycée du Puy-en-Velay, et de Marie, Joséphine Agel, économe de lycée, Paul-Émile Dizzard fut journaliste au Matin, au Gaulois puis au Populaire comme rédacteur de la chronique parlementaire. Il assuma les mêmes fonctions au Parlement pour l’Œuvre à partir de 1932. Mis en position d’attente le 15 septembre 1939 par ce journal, il n’avait toujours pas été réintégré en mars 1942.
Dizzard fut pendant l’entre-deux-guerres un des collaborateurs de Léon Blum, puis fut attaché au cabinet de Georges Monnet, ministre de l’Agriculture en 1936, chargé du service parlementaire, puis au ministère du Blocus dans le cabinet Paul Reynaud le 19 mai 1940.
Rédacteur au Populaire en 1940, il était présent à Vichy le 10 juillet 1940 et fut l’un des journalistes licencié par l’administrateur Eugène Gaillard car il refusait toute forme d’acceptation du pouvoir de Vichy. À Daniel Mayer, il déclarait qu’il fallait faire confiance à l’avenir pour détromper une majorité de Français aveuglés par le passé mythifié du maréchal Pétain : « Il n’y a plus qu’à attendre que le noble vieillard redevienne un vieux con. »
Membre du Comité d’action socialiste clandestin avec Daniel Mayer* pendant l’Occupation, il détenait une partie des fonds du CAS-Nord. C’est dans son appartement parisien, rue des Mathurins, que le PS clandestin unifia enfin les mouvements résistants des deux zones en créant un exécutif commun les 17 et 18 juin 1943. Il fut encore résistant dans le réseau Libération-Nord. Il continuait par ailleurs à s’occuper des problèmes de presse et aida Jean Guignebert à constituer l’équipe qui prit en main les studios de la radio libérée. Aussi lorsque ce dernier devint secrétaire général à l’Information (août-septembre 1944), il prit Dizzard comme directeur de cabinet, jusqu’en septembre 1945 au moins. Il fut ensuite rédacteur en chef du journal parlé de la RTF, chef du service politique (jusqu’en 1958) et président du syndicat des journalistes socialistes. Il dirigeait les émissions vers l’étranger lorsqu’il fut éloigné après l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle en 1958. Il adhéra au PSA à sa formation.
Président du syndicat des journalistes socialistes, Dizzard partit à la retraite en 1961.
Il s’était marié le 30 août 1960 à Troyes (Aube).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22761, notice DIZZARD Paul-Émile [DIZARD Émile, Paul, André, dit] par Gilles Morin, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 23 août 2021.

Par Gilles Morin, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat., 3AR/1 ; CAC, 19940500, art. 266 ; 581 AP, fonds A. Seurat. — Rapports des congrès de la SFIO, 1944-1958. — Le Monde, 24 octobre 1967. — Martine Pradoux, Daniel Mayer, un socialiste dans la Résistance, Éd. de l’Atelier, 2002. — État civil du Puy-en-Velay en ligne 6 E 178/253 , vue 14. — Note de Brigitte Dumas.

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