CLÉRIAN René, Gabriel, Émile

Par Jacques Girault

Né le 19 mai 1924 à Gonfaron (Var), mort le 10 mai 2020 à Nans-les-Pins (Var) ; conducteur de véhicules dans la Marine puis enseignant ; militant communiste ; conseiller général du Var.

Issu d’une lignée d’ouvriers bouchonniers, appartenant à une famille très républicaine, René Clérian était fils d’un ferblantier sympathisant communiste. Il obtint le certificat d’études primaires et devint ouvrier boucher. Il adhéra aux Jeunesses communistes en 1940. Pour ne pas avoir à répondre aux besoins de main d’œuvre de l’occupant allemand, il s’engagea dans des mines de plomb de la région, mais travailla aussi comme bûcheron.
Contacté par un responsable de la Résistance du Luc (Var), il s’engagea dans les Francs-tireurs et partisans (FTP) le 2 mars 1943. Il participa à des sabotages de la voie ferrée et des lignes téléphoniques. Il contribua aussi au ravitaillement du camp Faïta (FTP), installé dans les Maures en 1943. Il prit part aux combats de la Libération à Gonfaron et suivit les troupes françaises jusqu’à Toulon et Marseille. Il s’engagea pour la durée de la guerre dans le 2e Régiment de spahis algériens avec lequel il fit la campagne de France, puis celle d’Allemagne jusqu’à la frontière autrichienne. Se distinguant à Beaune (Côte d’Or), il fut cité à l’ordre du régiment puis à l’ordre de la division.

A la Libération, il devint chauffeur de poids lourds au commissariat de la marine nationale à Toulon. Militant du syndicat CGT, il était le secrétaire adjoint de la section syndicale du commissariat de la Marine en novembre 1951.

René Clérian se maria en janvier 1947 à Gonfaron avec Carmelle Astégiano, née à Gonfaron, le 24 février 1925, fille de restaurateurs. Elle était communiste. Ils divorcèrent en 1981. Il se remaria en avril 1982 à Besse.

René Clérian adhéra au Parti communiste français en 1945 à la cellule communiste Gabriel Peri de Gonfaron. Il devint secrétaire de la section communiste de Gonfaron, responsable de l’organisation. Entré au comité de la fédération communiste du Var en 1952, il ne fut pas renouvelé au comité fédéral en mai 1954.

René Clérian, candidat au conseil municipal de Gonfaron à plusieurs reprises, fut élu dans le canton de Besse pour siéger au Conseil général en 1973. Réélu en 1979 contre Hubert Falco, maire de Pignans, candidat de droite, il fut battu par ce dernier au deuxième tour de l’élection cantonale de 1985. Membre du cercle des travailleurs de Gonfaron, il le présida de 1963 à 2009 et en fut le président d’honneur.

Membre de la direction départementale de l’Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance, il était le vice-président du comité ANCR du Bessillon. René Clérian intervenait régulièrement en milieu scolaire pour rappeler l’histoire de la Résistance tout en confiant souvent qu’il avait eu tort de ne pas s’engager plus tôt dans ces témoignages pour expliquer ce qu’elle fut. Dans des extraits de ses interventions, il laissait supposer qu’il s’était éloigné de ses engagements politiques sans les renier.

Résidant à Brignoles, ardent défenseur de la laïcité, il y était délégué départemental de l’Éducation nationale. Franc-maçon, il participait à la loge "L’école de la sagesse" de Brignoles (Grand Orient).

Il décéda à la maison de retraite Saint-François de Nans-les-Pins et fut inhumé au cimetière de Gonfaron.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article227713, notice CLÉRIAN René, Gabriel, Émile par Jacques Girault, version mise en ligne le 14 mai 2020, dernière modification le 3 juillet 2020.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. dép. Var 93 J (fonds ANACR Var, dossier 592). — Arch. de la fédération du PCF. — Presse locale. — Enregistrement de la conférence de René Clérian, en décembre 2018, au collège Marie Mauron de Fayence (Var) par Radio 2M. — Nombreux témoignages dans la presse et sur Internet. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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