COUSAERT [parfois orth. COUSSAERT] Paul, Camille, Jean

Par Frédéric Stévenot

Né le 27 décembre 1921 à Wattrelos (Nord), mort en déportation le 22 janvier 1945 à Laband (All., auj. en Pologne) ; ouvrier-ajusteur ; marié ; résistant déporté, réseau Sylvestre-Farmer.

Ouvrier ajusteur, Paul Cousaert fut embauché le 7 novembre 1940 au service du matériel SNCF à Tourcoing. Marié à Gisèle Poulain (décédée le 18 juillet 2016), il vivait à Tourcoing, au 71 rue de Bourgogne.

Il entra dans le réseau Sylvestre-Farmer (Special Operations Executive), assez développé dans le département du Nord. Paul Cousaert participa au sabotage du dépôt de locomotives de Tourcoing le 20 janvier 1943, au dépôt du Sapin Vert : onze locomotives et huit machines-outils furent mises hors d’usage par cinq résistants (Arthur Malfait, Jean Debuigne, Gabriel Royer, Paul Cousaert et Georges Delepaut). Son père, qui porte le même prénom que lui, fut d’abord arrêté. Paul Cousaert chercha alors à passer dans la clandestinité. Il revint prévenir sa mère, puis prendre des affaires chez lui, mais il fut arrêté avant de repartir le 22 décembre 1943 par la Geheime Feld Polizei (GFP) de Lille.

Paul Cousaert fut interné à la prison de Loos-lès-Lille et torturé. Il fut ensuite déporté par le convoi parti de Loos-lès-Lille le 4 mai 1944 vers la prison de Saint-Gilles, à Bruxelles (I.219). Il fut ensuite transféré à la prison de Gross Strehlitz (Strzelce Opolskie, en polonais), située au sud-est de Breslau. Il s’agissait d’une prison de prévention et d’exécution de peine pour les déportés classés Nacht und Nebel belges et du Nord-Pas-de-Calais (hommes et femmes) ; le tribunal d’Oppeln y siégea. Au début de 1945, les Nacht und Nebel furent évacués vers le KL Gross Rosen. Paul Cousaert fut cependant dirigé vers Laband, un Kommando de la prison de Gross Strehlitz. C’est là que Paul Cousaert fut abattu par un lieutenant SS le 22 janvier 1945, lors d’une tentative d’évasion à laquelle il avait pris part, deux jours avant l’arrivée des troupes russes. Un autre camarade fut aussi tué ; le troisième put se cacher, et témoigna des circonstances de la mort de Paul Cousaert.
Sa sépulture présumée se trouverait à Laband dans une tombe commune regroupant des Français. Aucun document le concernant n’a pu être trouvé sur le site des archives Arolsen.

Paul Cousaert fut homologué comme appartenant aux forces françaises combattantes (FFC), déportés et internés de la résistance (GR 16 P 148254), et semble avoir eu le grade de capitaine. L’attribution de la médaille de la Résistance n’a pas encore pu être établie. Mais il reçut à titre posthume d’autres distinctions : la Légion d’honneur, la croix de guerre avec étoile d’argent (il fut cité à l’ordre de la division puis à l’ordre de l’armée), le diplôme de Résistance-Fer, la croix de reconnaissance du réseau Buckmaster Sylvestre-Farmer avec glaive. Par arrêté du secrétaire d’État aux anciens combattants en date du 18 novembre 1987, il fut décidé d’apposer la mention « Mort en déportation » sur les actes ou jugements déclaratifs de décès le concernant (JO du 29 janvier 1988, p. 1442).

Le nom de Paul Coussaert figure sur le mémorial de la Résistance, à Tourcoing (Nord) et sur le monument commémoratif du réseau Sylvestre-Master, dans le cimetière sud de Lille. On peut aussi le lire sur deux plaques commémoratives, l’une apposée sur le mur extérieur de la gare de Tourcoing, et l’autre sur sa façade.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article227878, notice COUSAERT [parfois orth. COUSSAERT] Paul, Camille, Jean par Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 18 mai 2020, dernière modification le 19 mai 2020.

Par Frédéric Stévenot

SOURCES. SHD, Vincennes (nc). — Sites Internet : Mémorial des hommes ; Mémorial GenWeb (1 ; 2) ; Fonds pour la mémoire de la déportation ; Morts dans les camps ; site de la commune de Wattrelos ; La Voix du Nord. — Témoignage de Georges Delepaut, « à propos de la résistance cheminote », in Robert Vandenbussche, Les Services publics et la Résistance en zone interdite et en Belgique (1940-1944), Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, Lille, 2005. Laurent Seillier, « Sabotage et lutte armée. Entretien de Georges Delepaut avec Yves Le Maner, 22 juin 2004 », Revue d’histoire des chemins de fer, n° 34, 2006, p. 151-172.

ICONOGRAPHIE. Mémorial GenWeb

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément