PASQUIER Maurice, Henri, Eugène

Par Louis Thareaut

Né le 1er juin 1926 à Angers (Maine-et-Loire), mort le 7 novembre 2017 à Massy (Essonne) ; ouvrier ajusteur ; membre du Bureau du syndicat de la métallurgie d’Angers (1953-1958), membre de la Commission exécutive de l’Union départementale CFTC puis CFDT de Maine-et-Loire (1954-1970) ; secrétaire du Comité central d’entreprise Thomson (1961-1970), représentant salarié au Conseil d’administration de Thomson (1960-1970).

Maurice Pasquier en 1968.
Cliché anonyme. collection UD 49.

Fils d’un cheminot adhérent à la CGTU, Maurice Pasquier fut scolarisé à l’école primaire publique. Il en sortit avec le certificat d’études primaires (CEP) et entra en 1940, à quatorze ans, comme apprenti ajusteur aux établissements Bessonneau d’Angers. Il resta six ans dans cette entreprise à forte tradition syndicale. C’est pendant cette période qu’il adhéra à la CFTC, en 1944. Depuis plusieurs années déjà, il militait à la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) dont il fut le président fédéral d’Angers. En 1946, il fut pressenti pour devenir permanent régional de la JOC mais le service militaire l’empêcha d’assurer cette fonction. Il se maria en 1947 avec Adrienne Turbelier, une militante de la JOC.
À son retour du service militaire, Maurice Pasquier travailla dans diverses entreprises d’Angers et de sa région. Ajusteur-outilleur, il fut également moniteur technique dans un collège privé de Baugé (Maine-et-Loire) et dessinateur d’études dans une entreprise de métallurgie. Dans chaque entreprise, il essaya d’implanter une section syndicale et fut élu délégué du personnel dans la plupart d’entre elles. Sa combativité et son intransigeance syndicale l’amenèrent souvent à être licencié. Il resta ainsi deux ans à la société Soretex où il fut secrétaire de la section syndicale CFTC et représentant syndical au comité d’entreprise. Il fut licencié à la suite des grèves de 1953, particulièrement dures dans l’entreprise. En septembre de cette même année, il devint président du syndicat CFTC des Métaux d’Angers. Pendant cette nouvelle période de chômage, il accepta de devenir permanent de l’Union départementale CFTC de Maine-et-Loire. Il ne le resta que six mois car la confédération refusa de participer au financement du poste. Il faisait alors partie des "minoritaires" du groupe "Reconstruction" qui œuvrait pour la déconfessionnalisation de la CFTC.
En 1957, après un nouveau licenciement pour action syndicale chez Minitrac et une période de chômage, Maurice Pasquier entra à l’usine Thomson qui venait de s’installer à Angers. Aux premières élections des délégués du personnel, en mars 1958, il fut élu et fit de la CFTC une section syndicale dynamique qui recruta des militants en dehors des milieux chrétiens. La CFTC devint ainsi majoritaire dans l’entreprise. Il fut délégué syndical et secrétaire du comité d’établissement auquel il voulut faire jouer un autre rôle qui allait au-delà de la seule gestion des œuvres sociales, en exigeant des informations économiques sur la marche de l’entreprise. Son charisme, ses talents d’orateur pendant les conflits, et sa capacité à défendre les conditions de travail des ouvrières à la chaîne et au rendement, firent qu’il devint un leader syndical incontestable dans l’entreprise.
En 1960, Maurice Pasquier fut élu délégué au comité central d’entreprise, dont il fut le secrétaire un an plus tard. Cette même année, il devint le représentant salarié au conseil d’administration de la société. Il fut l’un des animateurs influents de la CFDT Thomson au plan national. En 1968, il fut très présent dans l’occupation de l’usine d’Angers, mais aussi dans les manifestations locales. Lors de l’occupation du théâtre de la ville, il monta sur la scène et prit la parole devant les étudiants et les salariés qui venaient d’investir le théâtre.
Maurice Pasquier quitta Angers et la société Thomson en 1970 pour la région parisienne. Il intégra l’organisme de tourisme social Villages vacances familles (VVF) avec lequel il avait travaillé dans le cadre des activités au Comité central d’entreprise Thomson. Après sa retraite, en 1985, il fut adhérent à la section du Parti socialiste de Massy-Vilaine (Essonne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article227993, notice PASQUIER Maurice, Henri, Eugène par Louis Thareaut, version mise en ligne le 20 mai 2020, dernière modification le 20 mai 2020.

Par Louis Thareaut

Maurice Pasquier en 1968.
Cliché anonyme. collection UD 49.
Maurice Pasquier en 1968.
Cliché anonyme. collection UD 49.

SOURCES : Arch. UD CFDT de Maine-et-Loire déposées aux Archives départementales. — Entretiens avec Maurice Pasquier en 1997.

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