BROALLIER Étienne

Par Gérard Galantucci, Jean-François Poujeade

Né le 19 septembre 1896 à Saint-Martin en Haut ( Rhône), mort le 26 avril 1982 à Mâcon (Saône-et-Loire) ; cheminot ; maire adjoint de Vénissieux ( Rhône) puis de Cluny (Saône-et-Loire), militant communiste du Rhône puis de Cluny.

Fils d’un canut des Monts du Lyonnais, Étienne Broallier est orphelin de mère alors qu’il n’a que quatre ans. Fréquentant l’école communale, Étienne Broallier fut placé à partir de neuf ans comme berger de mai à novembre ce qui ne l’empêcha pas de réussir en 1908 son certificat d’études. Devenu grand domestique dans une ferme de Saint-Martin, il entra, en 1913, en apprentissage de forgeron maréchal-ferrant tout en continuant de suivre des cours du soir. Mobilisé en avril 1915 au 13e régiment de Chasseurs de Vienne puis d’août 1917 à mars 198 aux chasseurs d’Afrique en Tunisie, Broallier participa alors à la campagne de Palestine et se trouva à Damas le 2 octobre après la prise de la ville. En 1919, il resta au Liban sous occupation française ; c’est alors que des manifestations de paludisme l’obligea à une hospitalisation de 41 jours à Beyrouth. Ce n’est que le 4 décembre 1919 qu’Étienne Broallier fut démobilisé à Lyon où il a rejoignit son père. Il réussit l’embauche à la SNCF. Il fut affecté à l’atelier de réparation des machines du dépôt de la Mouche. À compter du 1er janvier 1920 il devint roulant comme chauffeur et adhèra, lors d’une manifestation le 22 février à la CGT. À la suite d’une grève, il fut sanctionné par un blâme, 6 mois de retard d’avancement et 6 mois de privation de facilités de circulation et de congés. En 1922, Étienne Broallier fut reçu à l’examen d’élève mécanicien. Il se maria en août. En 1923, devant la difficulté de se loger à Lyon, il accepta un poste à Cluny et, en 1923, il achète un petit café derrière la gare que tient sa femme. Devenu mécanicien (1927), Étiienne Broallier, père de deux enfants nés en 1929 et 1932 dut quitter Cluny le 1er mars 1939 suite à la fermeture de l’annexe de Cluny. Il fut affecté à Chalon-sur-Saône puis à Vénissieux, où il loge cité des Marroniers. À la déclaration de guerre il fut affecté spécial dans sa gare. Le 23août 1944, seul responsable syndical sur place, Étienne Broaillier prit la direction de la grève insurrectionnelle des cheminots de Vénissieux du dépôt de la gare. Il mit à l’abri 41 wagons de nourriture prêts pour l’Allemagne et dirige un état-major de 21 hommes. Rapidement, il passa le commandement militaire au lieutenant Merviel envoyé par la résistance à sa demande tout en conservant la direction administrative.
Lors de la création du Comité local de Libération ( CLL) il fut chargé de représenter la CGT et le 23 octobre devient quatrième adjoint de la municipalité provisoire menée par Louis Dupic. Élu président du CLL en janvier 1945, Broaillier siège aen tant que vice-président du Comité cantonal de Villeurbanne et au Comité Départemental de Libération du Rhône. Son mandant de conseiller municipal lui est renouvelé en avril 1945, il reste adjoint. Ce n’est qu’en janvier 1946 qu’il adhère au PCF. Responsable de la cantine des cheminots, il est en retraite le 1er octobre 1946 et devient alors président de la section des retraités cheminots. Étienne occupa alors divers emplois (receveur en assurance-vie, représentant en vins) puis est engagé comme pointeau à l’usine SIGMA. Toujours conseiller municipal, il prit en 1953 un congé sans solde pour aider à l’organisation de l’aide aux grévistes en août 1953. licencié en 1954 pour action syndicale, il reprend une activité de représentant en vins puis, en 1955, se retire à Cluny où il travailla comme garçons de cave jusqu’en décembre 1956. Toujours militant communiste, il fut secrétaire de la cellule de Cluny puis secrétaire de la section de Cluny en 1956, conduit aux municipales de 1959 la liste communiste et fut candidat en 1961 aux cantonales. En 1965, il est élu quatrième adjoint du maire communiste Gérard Galantucci qui enlèva la mairie au radical-socialiste Pleindoux. En 1971, il demanda à ne pas être présenté. Jusqu’à sa mort, il resta membre de la CGT et du PCF

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article228039, notice BROALLIER Étienne par Gérard Galantucci, Jean-François Poujeade , version mise en ligne le 16 septembre 2020, dernière modification le 16 septembre 2020.

Par Gérard Galantucci, Jean-François Poujeade

SOURCES : Mémoire d’Étienne Broaillier. — A Travers la Saône-et-Loire, 4 avril 1965 (compte-rendu du conseil municipal du 6 mars 1965)

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