MARNÉ Jude Maxime Alfred

Par Mauricette Laprie

Né le 27 octobre 1858 à Abilly (Indre-et-Loire) ; mort le 7 avril 1908 à Clermont (Oise) ; cordonnier ; anarchiste.

Fils d’Antoine Marné, cordonnier et de Clothilde Marie Eglantine Pironnet, épicière, Alfred Marné se maria le 21 juillet 1886 à Abilly avec Anastasie Pulchérie Gangneux, née à Petit Pressigny (Indre-et-Loire) le 23 février 1868. Père de quatre enfants dont deux décédés prématurément, il se sépara de sa femme en 1896.

En 1883, Alfred Marné était cordonnier à Bordeaux (Gironde) et connu comme anarchiste.

Il sera soupçonné d’être l’un des auteurs de la dépose de bouteilles explosives dans l’affaire dite « Des Anarchistes de Bordeaux ». En octobre 1883, plusieurs bouteilles explosèrent dans différents quartiers de la ville, l’une derrière la porte du poste de police de la Préfecture, deux autres remplies de poudre, de cailloux et de plomb à la porte de la bibliothèque de la Chambre de commerce… Très vite l’enquête menée par le juge d’instruction Daniel Birot-Breuilh s’orienta vers Clément Guérin et Alfred Marné. Arrêté à Tours le 16 janvier 1884, Alfred Marné fut transféré le 18 janvier à Bordeaux par la gendarmerie, et écroué au Fort du Hâ, sous la prévention de détention d’objets explosifs et de tentative d’incendie dans une maison habitée. Dans son audience du 24 mai 1884, le Tribunal correctionnel de Bordeaux les relaxa. Marné fut renvoyé, suite à l’appel du Procureur, devant la 4ème chambre de la Cour d’appel ; l’audience se déroula les 31 juillet et 1er août 1884. Lors de la présentation du rapport le président de la Cour rappela la découverte dans l’une des bouteilles explosives, celle trouvée derrière la porte du poste de police de la Préfecture, d’un papier écrit au crayon, copie du prospectus d’un élixir dentifrice, portant l’adresse de Marné et de clous de cordonnier ; Alfred Marné nia être l’auteur de cette lettre. A l’issue du procès la Cour le déclara coupable du délit de détention et de fabrication d’engins incendiaires et explosibles, elle le relaxa sur le chef de blessures (affaire de la Bourse) et le condamna à six mois de prison, cinquante francs d’amende et aux frais du procès.

Il sera signalé habitant Paris entre 1898 et 1900. On peut supposer qu’il s’agit d’un des animateurs avec Honoré Bigot des Naturiens de La Bastide créé en 1895, puis du groupe des Sauvagistes en 1900.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article228132, notice MARNÉ Jude Maxime Alfred par Mauricette Laprie, version mise en ligne le 23 mai 2020, dernière modification le 23 mai 2020.

Par Mauricette Laprie

SOURCES : Arch. Bordeaux Métropole 3527 I 10. — Arch. Dép. Indre-et-Loire 2Y334. — État civil d’Abilly (Indre-et-Loire), de Clermont (Oise). — René Bianco. Répertoire des périodiques anarchistes de langue française : un siècle de presse anarchiste d’expression française, 1880-1983, Aix-Marseille 1987. — La Petite Gironde 4 octobre 1884, 1er août 1884. — Thomas Coste. Le naturisme libertaire de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle (France, Royaume-Uni, Allemagne). Mémoire de master 2, Histoire, Université de Paris-Sorbonne, 2019.

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