BOURRET Henry, François, Augustin, dit "Ricqlès"

Par André Balent

Né le 11 juillet 1923 à Saint-Girons (Ariège), mort le 8 juillet 1944 à Saint-Girons abattu par les Allemands ; sans profession ; victime civile, proche des occupants allemands

Henry [à l’état civil, Henri sur la plupart des documents ou publications où il est mentionné] Bourret habitait Saint-Girons, la capitale historique du Couserans, sous-préfecture de l’Ariège. Il était le fils d’Auguste, Raymond, Jean Bourret, négociant à Saint-Girons et de Louise, Adèle, Pauline, Marie Ferré, âgés respectivement, en 1923, de trente-huit et trente-six ans. Sa famille faisait partie des notabilités influentes de la ville. Son grand-père maternel était déjà négociant et son oncle paternel était industriel à Castelanau-Durban (Ariège), village du Couserans, l’est de Saint-Girons, sur la route de Foix.

Il n’était ni résistant — les organisations locales de la Résistance consultées par les Renseignements généraux après la guerre ont toutes affirmé qu’elles n’avaient jamais eu de relations avec lui dans la clandestinité — ni susceptible d’être requis par le STO, comme le prétendirent ses parents après la Libération de la ville.

Les Renseignement généraux enquêtant au début de 1948 sur les activités d’Henry Bourret en 1944, avant la libération de Saint-Girons, ont établi qu’il avait eu des relations suivies avec les Allemands. "Menant bonne vie", Bourret "s’est affiché avec les Allemands au cours de leurs beuveries et repas, sans aller pour cela manifester des sentiments de collaborateur" (rapport de l’inspecteur des renseignements généraux (RG) de Saint-Girons au commissaire principal des RG de Foix, 27 septembre 1948). Dans ce même document, l’inspecteur des RG relevait que "certains" avaient dit que Bourret faisant du marché noir. Finalement, il aurait été victime d’une indélicatesse qu’il aurait commise" [au détriment des Allemands]. Il relevait également que la cause de son exécution aurait été une une affaire privée, à propos d’une femme, entre Bourret et Dreyer, le chef de la Douane allemande de Saint-Girons et de l’Abwehr. Pour des différents à propos d’un ou plusieurs motifs (une femme ?, de l’argent ? les deux motifs à la fois), Dreyer aurait donc décidé de se débarrasser de Bourret.

Bourret fut arrêté dans la nuit du 6 au 7 juillet 1944 à Saint-Girons et amené au château de Beauregard, siège de la Douane allemande à Saint-Girons. Henri Bourret fut exécuté le 8 juillet 1944 par les hommes de Dreyer. Son corps a disparu. L’inspecteur des RG de Saint-Girons, dans le rapport cité plus haut, explique que le corps de Bourret, comme celui d’autres victimes de Dreyer fut "brûlé au toluène".

Il n’a pas été dressé d’acte de décès d’Henri Bourret sur le registre de l’état civil de Saint-Girons. Toutefois, une note manuscrite a été inscrite en marge du registre face à l’acte de décès de Françoise Servat survenu le 7 juillet 1944. Cette note indique que son décès , le 8 juillet 1944, a été constaté par un jugement du 17 février 1948 du tribunal civil de Saint-Girons. La mention de ce jugement fut également portée en marge de son acte de naissance. Son nom figure (« Bourret Henry ») sur le monument aux morts de Saint-Girons. Si dans on rapport du 27 septembre 1948, l’inspecteur des RG de Saint-Girons estimait, contrairement aux désirs de sa famille, que Henry Bourret ne pouvait, de par ses antécédents au moment de l’occupation, obtenir la mention "Mort pour la France". Toutefois, sans doute, l’entregent de la famille lui permit d’y avoir accès (tout comme, vraisemblablement, son inscription sur le monument aux morts de la ville). En effet, une note ministérielle des Anciens combattants du 17 mai 1949, permit l’adjonction de la mention "Mort pour la France" en marge de son acte de naissance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article228174, notice BOURRET Henry, François, Augustin, dit "Ricqlès" par André Balent, version mise en ligne le 27 mai 2020, dernière modification le 29 mai 2021.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Ariège, 491 W 65, rapport de l’inspecteur des RG de Saint-Girons au commissaire principal des RG de Foix, 27 septembre 1948 ; 4 E 5894, état civil de Saint-Girons, registre des naissance, 1923, acte de naissance d’Henry Bourret, et mentions marginales ; 4 E 6468, état civil de Saint-Girons, registre des décès (194), note marginale écrite en face d’un décès survenu le 7 juillet et indiquant la décision du tribunal civil de Saint-Girons du 17 février 1948 établissant la date du décès d’Henri Bourret ; 64 J 23, fonds Delpla, diverses fiches manuscrites (Delpla) en particulier une courte note consacré à Henri Bourret. — Claude Delpla, La Libération de l’Ariège, Toulouse, Le Pas d’Oiseau, 2019, 514 p. [p. 123]. — Site MemorialGenWeb consulté le 24 mai 2020.

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