VAN HOORICK Albert, Alfred, dit Bert.

Par Rik Hemmerijckx

Alost (Aalst, pr. Flandre orientale, arr. Alost), 31 janvier 1915 – Alost, 19 février 2000. Journaliste, flamingant, pacifiste, militant et cadre communiste puis socialiste, conseiller communal et échevin d’Alost, député communiste puis socialiste de l’arrondissement d’Alost.

Bert Van Hoorick grandit dans une famille flamingante et daensiste de la ville industrielle d’Alost. Il ne connaît pas son père, mobilisé dans l’armée belge en 1914 et tué quelques jours avant l’armistice de novembre 1918. Entre 1929-1933, lors de ses humanités à l’Athénée d’Alost, Van Hoorick est actif dans un cercle d’étudiants flamands, les Iweinkeerlen. Vers 1933, il se dirige vers le mouvement de la jeunesse libre, le Vlaamsche Arbeidersjeugd (la jeunesse ouvrière flamande), qui s’est distancié des tendances fascistes au sein du mouvement flamand. À l’Université de Gand (Gent, pr. Flandre orientale, arr. Gand) de 1933 à 1935, il adhère à la Ligue internationale socialiste contre la guerre (International Socialist Anti-War League - ISAOL), l’aile gauche agissante du Parti ouvrier belge (POB). En avril 1934, Van Hoorick est arrêté lors d’une manifestation antifasciste devant la maison flamande à Alost. En janvier 1935, il quitte l’ISAOL et adhère au Kommunistische partij van België (Parti communiste belge).

Figure charismatique et organisateur efficace, Bert Van Hoorick devient un militant permanent du parti. Il prend en main la direction du PC à Alost et, la même année, il est admis au Comité central. Éditeur d’un pamphlet antimilitariste, il est amené devant la cour d’assises de Gand (Gent, pr. Flandre orientale, arr. Gand) en octobre 1935, mais, grâce au soutien de différentes personnalités et au plaidoyer convaincant de Van Hoorick lui-même, il est acquitté. Il s’affirme comme leader ouvrier en juin 1936 lors du déclenchement de la grève générale parmi les ouvriers des usines de textile à Alost. Il est de nouveau arrêté et mis en prison pendant un mois.

Fin juillet 1936, Bert Van Hoorick est en Espagne républicaine. Il est témoin des batailles sur le front de Somosierra, Cercedella et Guadarrama et il parle lors d’un meeting de solidarité à Madrid.

Fin octobre 1936, le KPB décide de se réorganiser en Flandre comme Vlaamsche kommunistische partij (VKP - Parti communiste flamand). Bert Van Hoorick est désigné comme membre du Comité exécutif du VKP. Puis il accomplit son service militaire de février 1937 à juin 1938. En septembre 1938, il est mobilisé dans l’armée belge.

En mai 1940, lors de l’invasion allemande, Bert Van Hoorick est arrêté et amené en Prusse comme prisonnier de guerre. Fin janvier 1941, il est libéré et retourne en Belgique occupée. À partir de mai 1941, il vit dans la clandestinité. Il devient un des leaders du parti communiste en Flandre. Il s’occupe également de la rédaction du Roode Vaan (le Drapeau rouge) clandestin. Dès 1942, il est un des instructeurs pour l’organisation du Front de l’indépendance. Il opère D’abord à partir d’Anvers (Antwerpen, pr. et arr. Anvers), puis est déplacé vers Bruxelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale). Il est arrêté par les services allemands en février 1943 et emprisonné au fort de Breendonck (commune de Willebroek, pr. Anvers-Antwerpen, arr. Malines-Mechelen), puis transféré à Buchenwald (Thuringe, Allemagne).

Libéré en mai 1945, Bert Van Hoorick reprend ses fonctions au sein de la direction du KPB-PCB, dirigé par Edgar Lalmand. Il est le rédacteur en chef du Rode Vaan et donne également des cours à l’école centrale du parti. Lors des élections législatives de février 1946, il est élu à la Chambre des représentants. En novembre 1946, il est le premier communiste à entrer au conseil communal de la ville d’Alost. La même année, il se marie avec l’actrice anversoise, Jane Broucke. Le couple déménage à Ixelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale). Ils auront un enfant.

Parlementaire assez actif, Bert Van Hoorick intervient régulièrement au sein du Parlement. Il dénonce la collaboration économique et prend la défense des petits « lampistes ». En plus, il exige la reconstruction de la Tour de l’Yser (Dixmude-Diksmuide, pr. Flandre occidentale, arr. Dixmude), dynamitée en 1946. Il introduit une proposition de loi pour créer un mémorial à Breendonck et une pour donner l’amnistie aux inciviques mineurs. Lors des élections législatives de juin 1949, Van Hoorick n’est pas réélu.

Dès lors, Bert Van Hoorick est appelé au Secrétariat national du parti pour s’occuper de la propagande. Comme instructeur, il est envoyé vers les fédérations de Liège (pr. Liège), Namur (pr. Namur) et Charleroi (pr. Hainaut). En mars 1951, il devient le secrétaire national pour l’organisation. Au cours de ces années, il est régulièrement invité en Union Soviétique ou dans les pays de l’Est, pour des visites officielles ou pour passer un moment de vacances. Toutefois, avec l’isolement politique, les défaites électorales successives, le sectarisme et les pratiques staliniennes, un malaise profond règne au sein du KPB-PCB. Lors du Congrès de Vilvorde, en octobre 1954, la direction du parti est obligée de démissionner. Tout comme les autres dirigeants, Bert Van Hoorick perd sa place au sein du Secrétariat national. Il n’est pas réélu au Bureau politique mais reste un membre du Comité central. Il retourne à la fédération d’Alost comme secrétaire fédéral. Après la dénonciation des méfaits de Staline en URSS en mars 1956 et après l’intervention soviétique en Hongrie d’octobre-novembre 1956, Van Hoorick quitte le Parti communiste et demande son adhésion au Belgische socialistische partij (BSP - Parti socialiste belge).

Au BSP, Bert Van Hoorick relance sa carrière politique. Avec son charisme naturel, il reprend en main la direction du parti socialiste d’Alost. Lors des élections législatives de 1958, il est élu à la Chambre des représentants, mandat qu’il renouvelle jusqu’en 1976. Au sein du Parlement, il intervient régulièrement pour aborder des questions relatives à sa région. Il défend également le profil flamand de son parti unitaire. Il joue un rôle important lors du premier Congrès socialiste flamand de Klemskerke (aujourd’hui commune de Le Coq - De Haan, pr. Flandre occidentale, arr. Ostende-Oostende) en 1967). Partisan d’une large autonomie culturelle et d’une décentralisation des structures de l’État, il fait partie du premier Conseil culturel de la Communauté culturelle flamande (1971-1976), dont il est le secrétaire de 1972 à 1974.

Parallèlement, Bert Van Hoorick joue un rôle important dans la politique locale d’Alost. Élu au conseil communal depuis 1946, il est échevin de la Culture de 1959 à 1970. Durant ce mandat, on entame la construction du centre culturel d’Alost. Jusqu’au début des années 1980, il est une des forces motrices de l’association culturelle socialiste CSC De Rank à Alost. En 1970, Van Hoorick est candidat bourgmestre, mais le parti socialiste est relégué vers l’opposition. En octobre 1976, il termine ses mandats parlementaires pour des raisons de santé. Il quitte la politique active en février 1979. Il publie ses mémoires en 1982. Ami de l’écrivain flamand Louis Paul Boon, il est parmi les fondateurs du Louis Paul Boon Genootschap en 1983. En relation avec Yvette Deprez depuis 1967, il se remarie avec cette dernière en 1985. Il décède en 2000 à l’âge de 85 ans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article228294, notice VAN HOORICK Albert, Alfred, dit Bert. par Rik Hemmerijckx, version mise en ligne le 27 mai 2020, dernière modification le 27 novembre 2020.

Par Rik Hemmerijckx

ŒUVRE :
- Comme éditeur : Naar Bosch en Hei, 1931 – De Jonge Generatie, 1933Studentensignaal, 1935-1936 – Voor Recht en Vrijheid, 1936-1939.
- Collaboration : de Liga-Signaal (1934) – rédacteur du De Ro(o)de Vaan, 1941-1956 – Voor allen, 1958-1979.
- Geen geld, de bak in ! Brieven van incivieken uit de interneringskampen, Bruxelles, Volksuitgave, 1946, 16 p. – Wat moet er geworden van Duitschland ?, s.l., Stichting Jef Van Extergem, 1947, 8 p. – Le bloc occidental, instrument de l’impérialisme contre les travailleurs. Discours prononcé le 4 mars 1948 à la Chambre des Représentants, Bruxelles, Société populaire d’édition, 1948, 16 p. – De communisten en de repressie, Bruxelles, Hutse, 1949, 8 p. – Vlaanderens armoede : Moeten de tekstielarbeiders de paria blijven ?, Bruxelles, Communisme, 1955, 16 p. – In tegenstroom. Herinneringen 1919-1956, Gand, Frans Masereelfonds, 1982, 291 p. – Een keuze uit artikels uit “Voor Allen", Alost, Socialistische Gemeenschappelijke Actie, 1980, 200 p.

SOURCES : AMSAB, archives Bert Van Hoorick – DACOB, dossier CCP – HEMMERIJCKX R., VANDEWALLE E., « Bert Van Hoorick », dans Nieuwe Encyclopedie van de Vlaamse Beweging, Tielt, Lannoo, 1998, p. 1476-1478 – HEMMERIJCKX R., « Louis Paul Boon en Bert Van Hoorick : Wapenbroeders ? », Boelvaar Poef, juin 2002, n° 2, p. 3-16 – HEMMERIJCKX R., « Bert Van Hoorick : van flamingantisme naar communisme », dans Wetenschappelijke Tijdingen op het gebied van de geschiedenis van de Vlaamse Beweging, 2003, LXII, n° 2-3, p. 98-111 ; p. 163-176 – MERGAM S., Stalinisme als bevrijding voor Vlaanderen : de “Vlaamse reflex” van Bert Van Hoorick binnen de naoorlogse KPB, master en histoire UGent, Gent, 2009, 142 p. – UYTTERSPROT M., De rode roos in de vuist : ontstaan, groei en ontwikkeling van de socialistische arbeidersbeweging in Aalst, Aalst, Curieus, 2012, 465 p.

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