CHOIME Pierre, Antoine, Marie, Ernest

Par Paul Delanoue

Né le 14 septembre 1899 à Chadenac (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), mort le 17 septembre 1955 à Dangé (Vienne) ; ajusteur monteur, révoqué ; militant communiste et syndicaliste d’Indre-et-Loire.

Fils d’un cultivateur et d’une institutrice, Pierre Choime fit son service militaire dans la marine, en Syrie, en Algérie et au Maroc. Il entra aux chemins de fer le 14 juin 1921 comme ouvrier professionnel (ajusteur). Il donna son adhésion aux Jeunesses communistes en 1921. Il devint bientôt secrétaire de la 11e Entente. L’année suivante il adhéra au Parti communiste et, à la fin de 1923, il fut élu au bureau régional.
Membre du bureau du syndicat des cheminots PO en 1922, Pierre Choime devenait cette même année secrétaire adjoint de l’Union départementale de la CGTU. Révoqué une première fois en 1924 de la Compagnie PO pour sa lutte contre la guerre coloniale du Maroc, il dut quitter la Touraine pour Angoulême (Charente) où les métallurgistes lui confièrent le poste de secrétaire des Métaux CGTU.
Après avoir effectué un stage à l’école léniniste de Clichy (Seine, Seine-Saint-Denis) il devint, en mai 1926, secrétaire de la région tourangelle du Parti communiste avec Olivier Doussaint et conserva cette responsabilité jusqu’en 1927. Il fut délégué au Ve congrès du Parti communiste (Lille, 1926). Au mois de juin de cette même année il fut condamné à trois mois de prison pour sa campagne contre la guerre du Maroc, fit appel... et la peine fut élevée à dix mois. À partir de 1927 il décida de ne pas effectuer sa peine de six mois de prison et 500 F d’amende devenue exécutoire. Il quitta l’Indre-et-Loire et travailla en diverses localités notamment en Charente jusqu’à ce que l’amnistie intervienne. Il était alors en désaccord avec Alfred Bernard, devenu secrétaire du parti, qui lui conseillait d’effectuer ses six mois de prison.
À partir de 1929 et jusqu’en 1944, Pierre Choime quitta le Parti communiste mais continua à militer dans le mouvement syndical du PO. Il fut réintégré aux chemins de fer en 1936, après la victoire du Front populaire. Le 25 septembre 1939 il appuya les positions de Lucien Midol et de Raymond Tournemaine au sein de la Fédération des cheminots lorsqu’il fut question du Pacte germano-soviétique.
Durant l’Occupation, Pierre Choime participa aux actes de sabotage dans les ateliers de réparation. À la Libération, il fut vice-président de la section cheminote du Front national. Il participa à la reconstruction des syndicats, devint secrétaire du syndicat des cheminots et membre de la commission administrative de l’Union départementale CGT. En 1944 également, Pierre Choime réadhéra au Parti communiste. Il fut révoqué suite aux événements du 17 février 1950, en gare de Tours (grève de deux heures pour les revendications professionnelles, contre les sanctions infligées aux syndicalistes cheminots et contre la guerre d’Indochine) et condamné le 1er juillet 1950 par le tribunal correctionnel de Tours à 6 000 francs d’amende, jugement confirmé en appel à Orléans le 3 novembre 1950 et à Bourges en février 1952. Il retrouva une activité professionnelle à l’entreprise de construction de matériel ferroviaire Billard où il fut élu au comité d’entreprise.
À la suite des grèves d’août 1953, une amnistie partielle de la SNCF lui permit de bénéficier d’une retraite proportionnelle. Il fut victime d’un accident de la route le 15 septembre 1955 ; un véhicule heurta le vélo-solex offert par ses camarades à l’occasion de son départ en retraite. Une rue de Saint-Pierre-des-Corps porte son nom. Courageux et ouvert, ayant foi dans la jeunesse, Pierre Choime fut un « découvreur de militants ».
Il s’était marié en janvier 1922 à Angoulême (Charente) avec Félicia Ribaud.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article2284, notice CHOIME Pierre, Antoine, Marie, Ernest par Paul Delanoue, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 15 juin 2012.

Par Paul Delanoue

SOURCES : Arch. Nat. F7/13104 (année 1926). — Arch. Fédération CGT des cheminots. — Arch. Fédération d’Indre-et-Loire du PCF. — L’Avant-Garde, 1925-1927. — Cahiers d’histoire sociale de l’Institut régional CGT d’histoire sociale du Centre, n° 13, juin 1992, p. 31. — Notes de Jean-Pierre Bonnet, de Gilbert Deverines, de Jean-Claude Guillon et de Jean-Paul Soret. — État civil.

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