BRULÉ Jeannette [née PHELIPPEAU Jeanne, Marie, dite]

Par Jean-Paul Clénet, Louis Thareaut

Née le 1er septembre 1922 aux Sables-d’Olonne (Vendée), morte le 5 juillet 2015 à Cholet (Maine-et-Loire) ; femme de ménage puis ouvrière non qualifiée ; syndicaliste CFTC puis CFDT, déléguée du personnel, membre du comité d’entreprise des établissements Perrier à Cholet (1965-1980), membre du bureau de l’Union locale CFDT de Cholet (1968-1979) ; membre du Parti socialiste ; militante associative.

Jeanne Brulé

Fille de Clément Phelippeau, ouvrier boulanger puis garçon de café, décédé un mois après sa naissance, et de Marguerite Vion, femme de chambre, Jeanne fut élevée par sa grand-mère, catholique pratiquante, dans toute la rigueur religieuse de l’époque.

Après l’école primaire et l’obtention du certificat d’études, Jeanne Phelippeau commença à travailler en 1940 aux Nouvelles Galeries des Sables-d’Olonne. Après son mariage en 1941 avec Henri Brulé, Jeanne vint habiter à Angers (Maine-et-Loire), rue de Bressigny. Elle travailla à la câblerie Bessonneau jusqu’en 1942 puis, pendant huit ans, comme femme de ménage et repasseuse à la clinique des Sœurs de Saint-François d’Assise. Le couple eut trois enfants. En 1961, elle fut dans l’obligation de se séparer de son époux, mais sans divorcer. Elle conserva donc son nom marital.

Jeanne Brulé vint alors habiter à Cholet où elle trouva un emploi d’ouvrière aux établissements Renaud spécialisé dans la confection de corsets. En 1962, à la suite de rumeurs concernant la fermeture de l’entreprise, elle prit contact avec Louis Bodin, permanent de l’Union départementale CFTC en poste à l’Union locale de Cholet, et se syndiqua à la CFTC.

Licenciée en 1963, elle entra alors aux établissements "Fermetures Perrier" à Cholet qui fabriquaient des huisseries métalliques pour le Bâtiment. En 1965, elle fut élue déléguée du personnel, puis membre du comité d’entreprise, dès sa mise en place. A partir de 1968, elle devint déléguée syndicale CFDT en remplacement de Marcel Chiron. Elle le resta jusqu’à sa pré-retraite en 1980.

Du 20 février au 25 avril 1975, Jeanne Brûlé fut en première ligne pendant la grève avec occupation contre la fermeture de l’usine Perrier. Ce fut la première grande occupation d’usine dans le Choletais depuis 1968. La grève des « Perrier » eut un retentissement national. Véritable co-leader du mouvement avec Marcel Chiron, elle eut une tâche difficile dans une équipe syndicale composée exclusivement d’hommes. Elle réussit néanmoins à s’imposer et à se faire respecter.

Afin de s’inspirer de leur exemple, Jeanne Brulé alla avec Victor Cesbron, autre délégué CFDT, rencontrer les LIP à Besançon (Doubs), puis les grévistes des Tanneries d’Annonay (Ardèche) qui, eux aussi, occupaient leur usine. Très préoccupée par la dimension interprofessionnelle des luttes, elle tint pendant le conflit un journal de bord qu’elle portait tous les jours à l’Union locale. Au cours de cette action, elle acquit une grande popularité dans l’entreprise, à Cholet, ainsi que dans la CFDT. Après la fermeture de l’entreprise Perrier, l’usine fut reprise en mai 1975 par la Société Alusuisse. Jeanne Brûlé fut réembauchée et resta dans cet établissement jusqu’à sa pré-retraite en 1980.

Jeanne Brûlé fut membre du Parti Socialiste. Elle milita également à la Confédération syndicale du cadre de vie (CSCV), à "Danse et vie" et à l’association "Les amis de la santé". Elle décéda le 5 juillet 2015 et fut enterrée religieusement à Cholet.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article228639, notice BRULÉ Jeannette [née PHELIPPEAU Jeanne, Marie, dite] par Jean-Paul Clénet, Louis Thareaut, version mise en ligne le 4 juin 2020, dernière modification le 13 juillet 2020.

Par Jean-Paul Clénet, Louis Thareaut

Jeanne Brulé

SOURCES : Arch. de l’Union locale CFDT de Cholet. — Entretien de Jean-Paul Clénet et Louis Thareaut avec Jeanne Brulé en 1998

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément