HOUDMOND Roger, Joseph, Eugène, Marcel

Par Louis Thareaut

Né le 16 mai 1921 à Méral (Mayenne), mort le 16 janvier 2013 à Combrée (Maine-et-Loire) ; ouvrier ardoisier ; militant jociste et militant CFTC puis CFDT, secrétaire du syndicat CFTC puis CFDT des mineurs ardoisiers de Bel-Air à Combrée (1946-1976), délégué mineur (1955-1976), secrétaire de la Fédération régionale CFTC puis CFDT des mineurs du Grand-Ouest (1961-1976), vice-président de la Fédération CFDT des mineurs (1964-1966), membre du conseil de l’Union départementale CFTC puis CFDT de Maine-et-Loire (1950-1965) ; vice-président de l’Union régionale de la Sécurité Sociale minière de l’Ouest (1961-1988) ; président d’un centre de vacances.

Roger Houdmond était le fils unique d’Eugène Houdmond, ardoisier à Bel-Air à Combrée, et de Joséphine Besnier, couturière, tous deux catholiques pratiquants. Son père quitta les Ardoisières en 1934 pendant quatre ans pour travailler aux Chemins de fer, puis il reprit son poste aux Ardoisières de Bel-Air. Quelque temps syndiqué à la CGT dans sa jeunesse, il adhéra ensuite à la CFTC. Comme tous les enfants de Bel-Air, Roger Houdmond fut scolarisé à l’école primaire des Ardoisières.

En 1935, à quatorze ans, Roger Houdmond entra en qualité d’apprenti aux Ardoisières de Bel-Air exploitées par la société des Ardoisières d’Angers, propriété de la famille Soulez-Larivière. Comme son père avant lui, il a toujours vécu dans ce village autour de la mine où, jusqu’en 1946, tout était la propriété des Ardoisières : les maisons, l’école, l’église, le presbytère, la gendarmerie, les instruments de musique de l’Harmonie de Bel-Air. Le chef de musique venu de Paris, était payé par les Ardoisières comme l’étaient le curé et les instituteurs. La présidence du patronage était assurée conjointement par le président des Ardoisières et par le curé.

Roger Houdmond milita à la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) à partir de 1942, et à la CFTC à partir de 1943. En décembre 1942, bien qu’il refusât de signer le formulaire d’engagement il fut envoyé travailler en Allemagne. En août 1943, il réussit à se faire réformer pour une maladie imaginaire. Il reprit aussitôt sa place à la mine. Le 30 septembre 1946, il se maria avec Agathe Bazin, une militante de la JOCF. Ils eurent quatre enfants.

En 1946, Roger Houdmond devint secrétaire du syndicat CFTC des mineurs, puis en 1955 délégué mineur ce qui lui donna toute latitude pour s’occuper aussi du syndicat à Bel-Air, mais également dans la région. En 1961, ses responsabilités syndicales devinrent régionales. Il fut élu secrétaire de la Fédération régionale CFTC des mineurs du Grand-Ouest, qui comprenait les Pays de la Loire, la Bretagne et la Normandie, et devint vice-président de l’Union régionale de la Sécurité Sociale minière de l’Ouest.

En septembre 1964, le congrès de la Fédération des mineurs se réunit à Douai. Roger Houdmond fut chargé de se prononcer sur le rapport d’Eugène Descamps qui proposait l’évolution de la CFTC, la modification de ses statuts et son changement de nom. À l’issue de son intervention mesurée favorable aux propositions du rapport, Jean Bornard, secrétaire général, approuva la teneur des propos de Roger Houdmond. Pourtant, au soir du 7 novembre 1964, à l’issue du Congrès confédéral extraordinaire, la Fédération des mineurs, emmenée par Joseph Sauty, président et aussi par Jean Bornard, décida de refuser la décision de la majorité confédérale qui s’était prononcée pour l’évolution vers la CFDT et de faire scission.

Dix jours après le congrès confédéral, Roger Houdmond faisait partie des six militants mineurs qui se retrouvèrent dans le bureau d’Eugène Descamps, secrétaire général de la Confédération, accompagné de Jean-Marie Kieken chargé du secteur "organisation", pour relancer la Fédération des Mineurs. Ces six militants mineurs étaient : Jean Vasseur du Nord, Jean-Pierre Schneider des Mines de Potasse, Jean Rechatin des Mines de la Loire, Henri Pellier de Trélazé (Maine-et-Loire) et Roger Houdmond, tous les deux militants ardoisiers de l’Anjou, pour les Mineurs de l’Ouest, Roger Dessagne des Mines de Charbon de Blanzy (Saône-et-Loire). Roger Houdmond participa pleinement à cette relance. Il devint vice-président de la Fédération des mineurs CFDT pendant deux ans et resta membre de son bureau national jusqu’à sa retraite en 1976.

Très engagé dans le syndicalisme professionnel, Roger Houdmond eut peu de responsabilités marquantes dans les structures syndicales interprofessionnelles. Il fut membre du bureau de l’Union locale de Segré. Au congrès de l’Union départementale CFTC de Maine-et-Loire, le 2 mai 1948, il fut le porteur des mandats du syndicat des Ardoisiers de Bel-Air. Au congrès suivant, le 22 octobre 1950, il fut élu conseiller départemental, représentant l’Union locale de Segré. Il resta membre du conseil de l’UD jusqu’en 1965.

Parallèlement à son action syndicale directe, il fut à l’initiative, en 1953, de l’organisation de camps de vacances pour les apprentis ardoisiers. Il acheta du matériel de l’armée américaine et organisa ces camps à Barèges (Hautes-Pyrénées), qui prirent fin avec l’extinction de l’apprentissage aux Ardoisières.

En 1980, Roger Houdmond adhéra au Parti socialiste et y milita jusqu’en 1984, probablement plus à l’aise dans l’action syndicale que dans le combat politique. Ensuite, il s’occupa d’un centre de vacances des ardoisiers de 140 lits "La Pierre Bleue", à Saint-Gildas-de-Rhuys (Morbihan). En 1985, il en fut le président.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article228676, notice HOUDMOND Roger, Joseph, Eugène, Marcel par Louis Thareaut, version mise en ligne le 4 juin 2020, dernière modification le 4 juin 2020.

Par Louis Thareaut

SOURCES : Arch. Union départementale CFDT de Maine-et-Loire. — Entretiens avec Roger Houdmond le 19 novembre 1997.

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