GRAVELEAU Gaby [Gabriel, Jules, Raymond, dit]

Par Louis Thareaut

Né le 18 juin 1926 à Soucelles (Maine-et-Loire), mort le 8 août 2007 à Angers (Maine-et-Loire) ; ouvrier électricien puis agent de maîtrise dans la métallurgie ; militant CFTC puis CFDT, délégué du personnel, membre du Comité central d’entreprise et représentant salarié au Conseil d’administration du groupe Péchiney, membre du Bureau du syndicat de la métallurgie d’Angers, membre du Conseil et de la commission exécutive de l’Union départementale CFTC puis CFDT de Maine-et-Loire ; adjoint au maire d’Avrillé (Maine-et-Loire) de 1977 à 1983.

Le père de Gabriel Graveleau, Jules Graveleau, travailla chez Brisset grossiste en produits alimentaires à Angers puis fut gardien d’usine et jardinier aux Tréfilerie et Laminerie du Havre (TLH) à Montreuil-Belfroy (Maine-et-Loire). Sa mère, Marcelle Lucius, était ouvrière aux établissements Bessonneau à Angers. Son grand-père paternel également prénommé Jules, licencié en droit, était agent commercial. Il n’admit pas le mariage de son fils avec une ouvrière d’usine et rompit toute relation avec lui. Il ne reprit contact avec son fils qu’à la naissance du deuxième enfant pour exiger qu’il s’appelle Gabriel, condition de son retour en grâce. Gaby Graveleau fut donc élevé dans une famille ouvrière mais il bénéficia, avec ses deux frères, de vacances à la mer dans la résidence de son grand-père. Celui-ci leur achetait des vêtements neufs pour la période des vacances, qu’ils devaient rendre avant de retourner chez leurs parents. Cette attitude et cette différence de milieu social et de revenus marquèrent fortement l’enfant qu’il était.

Le 1er novembre 1927, ses parents s’installèrent à Avrillé, à la périphérie d’Angers. Gaby Graveleau fut renvoyé de l’école publique où il était scolarisé. Il entra ensuite à l’école privée Sainte-Thérèse d’Angers. En 1940, il fut une nouvelle fois renvoyé avec un groupe d’élèves jugés perturbateurs, entre l’examen du certificat d’études primaires qu’il avait obtenu et le certificat supérieur qu’il préparait. Par solidarité, il refusa sa réintégration parce que tout le groupe n’était pas repris. Il garda tout au long de sa vie cette attitude de révolte et de solidarité. Il fut alors placé en apprentissage d’électricien chez Monsieur Pouzet, artisan place du Château à Angers. Il milita à la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).

En 1946, Gaby Graveleau fit son service militaire au Maroc, à Casablanca. Au retour, il fut repris par son employeur. En novembre 1947, il fut rappelé pour le maintien de l’ordre pendant les grèves. Cette fois-ci l’employeur refusa de le reprendre. Début 1948, il entra en qualité d’ouvrier électricien aux TLH à Montreuil-Belfroy, devenues Montreuil-Juigné en 1973. Cette entreprise changea de nom au fil des fusions industrielles : TLH puis Cégédur en 1968, Cégédur-Péchiney en 1969 et Rhénalu en 1994.

Peu de temps après son embauche chez TLH, Gaby Graveleau adhéra à la CFTC. L’année 1950 fut, pour lui, l’année de l’engagement syndical. Il était tout jeune adhérent lorsqu’une grève éclata à l’usine. En raison de la carence de militants CFTC dans l’entreprise, il fut propulsé au comité de grève. Dans l’action, il acquit un poids qui le fit entrer de plain-pied dans les responsabilités syndicales. Son arrivée entraîna l’essor de la section CFTC et en modifia la pratique syndicale. Délégué du personnel, il fut élu au Comité d’établissement (CE). La Direction, pensant le neutraliser, le nomma agent de maîtrise et, prenant prétexte de son changement de statut, tenta en vain de le faire démissionner du CE.

Au cours de l’année 1950, Gaby Graveleau participa aux discussions de la première convention collective de la Métallurgie de la région d’Angers pour les employés, techniciens, agents de maîtrise (ETAM). Il en fut le signataire pour la CFTC. Il était membre du bureau du syndicat CFTC de la métallurgie d’Angers. En 1952, il en devint le président puis le secrétaire-adjoint en 1956. Au Congrès de l’Union départementale CFTC des 21 et 22 octobre 1950, il présenta un rapport sur la situation économique dans la Métallurgie. Il fut élu au Conseil et au Bureau de l’UD, avec fonction de secrétaire-adjoint. Il resta membre du Bureau de l’UD jusqu’en 1952, puis de nouveau de 1961 à 1965, participant à l’évolution de la CFTC en CFDT, alors que Jean Monnier était secrétaire général de l’UD. Il fut membre du Conseil de l’UD jusqu’en mars 1977.

Dans l’entreprise, Gaby Graveleau siégea également au Comité central d’entreprise (CCE). Il fut délégué syndical au niveau du groupe et représentant salarié au conseil d’administration de Péchiney. Jusqu’au début des années 1970, il fut le principal animateur national de la structure CFTC puis CFDT inter-CE du groupe Péchiney. Il était devenu chef d’atelier, lorsqu’il fut licencié pour raisons économiques en 1983 dans le cadre d’un dispositif de pré-retraite.

En mars 1977, bien que n’étant pas adhérent au Parti socialiste, Gaby Graveleau fut sollicité par la liste d’Union de la gauche conduite par Guy Pasquier pour être candidat aux élections municipales d’Avrillé, ville de la périphérie d’Angers. Il fut élu et assuma la responsabilité d’adjoint au maire, chargé de la gestion du personnel, de l’emploi et du développement économique. En 1983, la liste d’Union de la gauche devint minoritaire, il fut élu d’opposition pendant les deux mandats suivants jusqu’en 1995. Après les élections municipales de 1977, il avait adhéré au PS, mais il démissionna de ce parti dès 1979, trop rebelle pour supporter les décisions ou consignes avec lesquelles il était en désaccord.

Gaby Graveleau s’était marié en janvier 1949 avec Jeannette Tharreau, fille d’un artisan boulanger de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire), militante comme lui à la JOC. Ils participèrent ensemble à l’Action catholique ouvrière (ACO). Le couple eut quatre enfants : deux garçons et deux filles.

Ses obsèques religieuses furent célébrées le 10 août 2007 en l’église d’Avrillé.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article228766, notice GRAVELEAU Gaby [Gabriel, Jules, Raymond, dit] par Louis Thareaut, version mise en ligne le 4 juin 2020, dernière modification le 4 juin 2020.

Par Louis Thareaut

SOURCES : Arch. Union départementale CFDT de Maine et Loire. — Entretiens avec Gaby Graveleau les 5 et 6 novembre 1997. — Article de Ouest-France du 10 août 2007.

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