DORVAL Jean [OSWALD Jean, Nicolas, dit]

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 21 octobre 1902 à Montrouge (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 25 décembre 1971 à Menton (Alpes-Maritimes) ; employé de banque, comptable ; administrateur de l’Humanité.

Jean Oswald habita de 1923 à 1929 dans le pavillon de sa mère, 173 rue Saint-Denis à Bobigny (Seine, Seine-Saint-Denis). La police le signala pour la première fois le 14 juillet 1926 : il s’était opposé à l’arrestation sur les Champs-Élysées d’une personne qui avait manifesté son hostilité à l’Armée. Les agents l’interpellèrent à nouveau le 17 décembre 1926 devant la mairie du XVIIIe arr. où se déroulaient les opérations du conseil de révision, alors qu’il distribuait des tracts de l’Amicale des conscrits. Il mena le même type d’action l’année suivante.
Employé, dès 1926, à la Banque ouvrière et paysanne (BOP), banque du Parti communiste, Oswald militait au syndicat unitaire (CGTU) des employés de banques et de bourse et au sous-rayon communiste de Bobigny. Un rapport de police le disait, sans précision de date, secrétaire adjoint du rayon du IIe arr. de la 4e Entente des Jeunesses communistes. Il était, en 1928, un des responsables du journal syndical Le Cri de la Banque où il écrivait sous le pseudonyme de Jean Dorval qui lui resta toute la vie. La même année, l’Union régionale des syndicats unitaires d’employés le nomma secrétaire. En novembre 1930, la Région communiste parisienne le chargea, comme permanent, d’un travail de documentation. Il resta cependant fondé de pouvoir de la BOP jusqu’à la faillite de 1931.
Jean Dorval entra alors à l’Humanité comme chef du service de comptabilité sous les ordres d’Émile Dutilleul qui vit en lui un militant de confiance dans la gestion financière. En 1932, ce dernier lui laissa son poste d’administrateur du quotidien communiste, où Dorval fit la preuve de ses compétences. Le Parti communiste lui confia l’administration du journal Ce soir en 1937 et l’année suivante celle de l’Imprimerie commerciale d’Alsace-Lorraine. Il restait un dirigeant syndical des employés de la région parisienne.
Mobilisé en septembre 1939 à la 22e section d’infirmiers militaires, il fut fait prisonnier par les Allemands en juin 1940 puis obtint d’être rapatrié d’Allemagne en zone libre, le 16 février 1941, à titre sanitaire. Le Parti communiste clandestin lui confia des responsabilités dans l’édition de la presse et de la propagande illégale. Il participa à l’édition légale du premier numéro de l’Humanité à la Libération, le 20 août 1944.
Veuf de Bertha Poligoroff qu’il avait épousée vers 1929 et avec laquelle il avait vécu dans le XIe arr. de Paris, Dorval se maria en secondes noces, le 3 septembre 1939 à Paris XXe arr. (arr. de son domicile depuis janvier 1936), avec Georgette Sabourdy, née le 6 janvier 1902 à Limoges (Haute-Vienne). Georgette fut victime d’un grave accident à la gare de la Bastille le 5 juin 1944 : elle réussit à dissimuler les papiers qu’elle transportait pour Auguste Gillot. Amputée aussitôt à l’hôpital Saint-Antoine, elle fut ensuite soignée à la clinique du professeur Franck Brentano dirigeant du Front national des médecins.
Après la Libération, Jean Dorval occupa d’importantes fonctions dans la presse communiste : administrateur de l’Humanité, de Ce soir, gérant de l’Union française d’information, administrateur de l’Agence centrale de publicité, de la Société immobilière de presse et d’éditions, des sociétés des journaux France-Nouvelle et Démocratie nouvelle. Il était également vice-président de la Fédération nationale de la presse française. Sa secrétaire était Hélène Pauriol, veuve de Fernand Pauriol le responsable des services radio du PCF clandestin.
Ses obsèques eurent lieu le 29 décembre 1971 à Boissise-le-Roi (Seine-et-Marne). Georges Gosnat y prononça une allocution au nom du Parti communiste. Il était chevalier de la Légion d’honneur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22877, notice DORVAL Jean [OSWALD Jean, Nicolas, dit] par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 9 février 2021.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 8597. — Arch. PPo., Ba/1715, rapport de janvier 1935. — Arch. Dép. Seine-Saint-Denis, archives du PCF, dossier "service radio". — Arch. Jean Maitron, fiche Jean Oswald. — Le Monde, 28 décembre 1971. — L’Humanité, 30 décembre 1971. — Notes de Jean-Pierre Ravery.

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