WAKSBERG Chana

Par Daniel Grason

Née le 15 septembre 1905 à Szydlovice (Pologne), morte à une date et en un lieu inconnu ; communiste ; victime de l’antisémitisme.

Chana Waksberg vivait 209 rue Saint-Maur à Paris (XIe arr.), elle était en relation militante avec Isabelle Kern originaire de Tchécoslovaquie. En avril 1942, des inspecteurs des Renseignements généraux firent interner Sura Morgenstein vingt-quatre ans, Lazare Sperling trente-six ans et Salomon Honigefeld quarante-quatre ans, suspectés de diffuser des tracts communistes. Tous les trois étaient de nationalité polonaise et vivaient à Paris, les perquisitions de leurs logements furent infructueuses.
La surveillance des domiciles fut maintenue par les Renseignements généraux, particulièrement le logement de Sura Morgenstein au 29 rue Moreau à Paris (XIIe arr.) Il s’avéra que sa sœur Fajga épouse Aronson, vingt-six ans qui vivait dans le même immeuble était susceptible de diffuser des tracts du parti communiste clandestin.
Un autre locataire Léon Robin qui vivait au cinquième étage depuis avril 1941, n’avait emménagé aucun meuble et ne venait dans son logement que par intermittence. Les policiers se rendirent à son ancienne adresse au 4 rue Meslay (IIIe arr.), il y était inconnu.
Le logement du 29 rue Moreau fut surveillé, le 12 juin 1942 les policiers interpellèrent Chana Waksberg et Isabella Kern alors qu’elles tiraient des tracts du parti communiste clandestin à la ronéo en français et en yiddish. Lors de leur interrogatoire, toutes deux déclarèrent avoir été recrutées par Kubin, pour effectuer ce travail elles étaient rémunérées 400 francs par semaine. Elles affirmèrent ne pas connaître la véritable identité de Robin.
Les policiers saisissaient une machine à ronéotyper de marque Gestetner, une autre ronéo sans marque, cinq tubes d’encre, soixante-douze stencils vierges, mille cent brochures intitulés « L’antisémitisme et le racisme et le problème juif » ; un millier de tracts en yiddish intitulés « Solidarité » ; un millier de tracts en français intitulés « J’accuse » ; un exemplaire d’un tract en français et en allemand, intitulé « Soldats allemands » édité par les Partis communistes allemands et autrichien ; seize exemplaires d’un tract en français ayant pour titre « Les barbares hitlériens obligent les juifs à porter un signe distinctif » ; un exemplaire d’un tract en français intitulé « À bas l’antisémitisme, honneur aux camarades juifs morts pour la liberté et l’indépendance de la France » édité par le Parti communiste français » ; quatre exemplaires de La Vie ouvrière ; cinq exemplaires de L’Avant-Garde ; un exemplaire de En Avant ; un exemplaire d’un tract en langue allemande intitulé « Staline nous a parlé » ; un rapport dactylographié portant le titre « À la Direction du Parti » ; une note en langue yiddish, résumant le programme de l’activité du « Comité d’Organisation d’aide aux Victimes du nazisme » ; et une note manuscrite sur la situation de la classe ouvrière en Pologne.
Après les interrogatoires toutes deux furent livrées aux Autorités allemandes et écrouées le 15 juin dans la section allemande de la prison de la Santé. Là se perdit la trace de Chana Waksberg.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article228835, notice WAKSBERG Chana par Daniel Grason, version mise en ligne le 5 juin 2020, dernière modification le 5 juin 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77 W 292-153123. – Bureau Résistance (pas de dossier). – Site internet du CDJC (absente). – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004 (absente).

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