BRACHET Henri, Robert

Par Jean-Marie Guillon

Né le 30 août 1911 à Paris (Seine), exécuté le 22 août 1944 à Montélimar (Drôme) ; ouvrier ajusteur à la SNCF ; communiste ; syndicaliste CGT ; Francs-tireurs et partisans (FTP).

Ouvrier ajusteur au dépôt SNCF d’Avignon (Vaucluse), militant communiste et syndicaliste, Henri Brachet faisait partie du groupe des cheminots FTP. Il participa au spectaculaire attentat par explosif qui eut lieu dans la Rotonde d’Avignon dans la nuit du 19 au 20 février 1944. Les bombes, qui explosèrent à partir de 18 heures 45 jusqu’au petit matin, avaient été déposées dans les cylindres des locomotives ou dans les foyers. Au total, dix sept locomotives de rapides et trois de train de marchandises furent sérieusement endommagées. Deux manœuvres - Maurice Wolf* et Albert Brès* -, furent tués en enlevant sous la contrainte les bombes non explosées. La police allemande d’Avignon arrêta dix cheminots le 24 février parmi ceux qui travaillaient le jour de l’attentat. Plus d’une centaine de perquisitions suivirent. Plusieurs protestations, des pressions diverses, y compris ouvrières, permirent la libération progressive des cheminots arrêtés, mais l’enquête du Sipo-SD continua et de nouvelles arrestations eurent lieu entre le 9 et le 22 mai, dont celle d’Henri Brachet le 9 mai. Dix cheminots furent emprisonnés d’abord à Avignon, à la prison Sainte-Anne, puis à Marseille (Bouches-du-Rhône), aux Baumettes. Quatre d’entre eux, Jean Arnaud*, Henri Brachet, Jean Peyronnel* et Louis Bruhat*, furent sommairement jugés par un tribunal militaire aux Grandes Baumettes, le 13 août, à la veille du débarquement en Méditerranée. Selon Daniel Bénédite*, les quatre cheminots eurent une attitude admirable en reconnaissant tous appartenir aux FTP et avoir commis ce dont on les accusait. Ils furent condamnés à mort et firent partie du convoi de condamnés que les Allemands firent partir de Marseille après avoir libéré les autres prisonniers le 16 août. Les vingt-quatre prisonniers, qui avait été conduits à la gare Saint-Charles à pied, furent mis dans un convoi qui, par suite des coupures de la voie ferrée, arriva à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) le 21 et parvint, via Avignon, à Montélimar le 22. Des prisonniers furent libérés en cours de route, notamment six à Pierrelatte (Drôme), un était parvenu à s’échapper au Pontet (Vaucluse) et deux femmes avaient été laissées à la prison d’Avignon. Les quatorze prisonniers restant furent exécutés à Montélimar, quartier des Meyères, le 22 août 1944 (les dates de l’exécution de ces hommes varie selon les sources et selon les membres de ce groupe entre le 20 août et le 25 août).
Des obsèques solennelles furent organisées à Avignon le 20 août 1946 pour Jean Arnaud, Henri Brachet et Louis Bruhat. Leurs noms ainsi que celui de Jean Peyronnel et de plusieurs autres cheminots résistants exécutés dans d’autres circonstances ou morts en camp de concentration furent donnés un mois plus tard aux rues et places du quartier des Rotondes en cours de reconstruction (délibération du conseil municipal du 25 septembre 1946). Ils figurent aussi sur la stèle aux « morts de la Résistance » inaugurée à l’entrée du dépôt le 15 septembre précédent et sur la plaque érigée par la CGT à la mémoire « du groupe FTPF des cheminots d’Avignon, victimes du fascisme » dans le club des cheminots qui se trouvait face au dépôt.
Henri Brachet fut reconnu « Mort pour la France. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article228879, notice BRACHET Henri, Robert par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 19 juin 2020, dernière modification le 1er avril 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. Dép. Drôme, 132 J 25. — Arch. dép. Rhône 3808 W 36 (fonds du service de recherche des crimes de guerre). — site internet Mémoire des hommes SHD Caen AC 21 P 34827. ⎯ Daniel Bénédite, Un chemin vers la liberté sous l’Occupation. De Varian Fry au débarquement en Méditerranée. Marseille-Provence 1940-1944, Paris, Éditions du Félin, 2017. — Robert Mencherini dir., Cheminots en Provence. Les années de guerre 1939-1945, Marseille, CE des cheminots PACA éditions, 2012.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément