DOUMENC Henri

Par Pierre Montoy, Gilles Morin

Né le 19 février 1898 à Bordeaux (Gironde), mort le 16 avril 1981 à Lyon (Rhône) ; journaliste ; militant socialiste d’Algérie ; maire (1945-1947), conseiller général de Constantine (1939-1940 ; 1945-1951) ; conseiller de la République (1946-1948).

[Sénat]

Henri Doumenc fut un des leaders de la SFIO à Constantine. Conseiller municipal de Constantine en 1935, il fut élu à l’élection cantonale complémentaire de la 3e circonscription de Constantine en 1939. Il était alors secrétaire administratif de la fédération de Constantine. En 1938, rédacteur à L’Opinion libre, organe de l’union des gauches qui paraissait à Constantine, il y signait de nombreux éditoriaux.

En 1944, Henri Doumenc fut président départemental du mouvement « Combat ». Membre de la commission départementale, il était délégué au conseil supérieur de l’Algérie. L’année suivante, il fut élu maire de Constantine et conseiller général du 3e canton. Il fut délégué par la SFIO locale pour recevoir le ministre de l’Intérieur, Adrien Tixier, lors de sa venue en juin 1945, après les massacres de Sétif et Guelma.

Élu président du conseil général de Constantine le 30 octobre 1945, Henri Doumenc fut candidat aux deux Assemblées nationales constituantes, en octobre 1945 et en juin 1946 et aux élections législatives de novembre 1946. Il échoua à chaque scrutin, mais fut élu en novembre 1946 conseiller de la République. Il était par ailleurs membre de l’Assemblée financière.

En octobre 1947, il échoua ainsi que toute sa liste lors des élections municipales et fut remplacé à la mairie de Constantine par Eugène Valle. En avril 1948, il perdit son siège au renouvellement du Conseil de la République, obtenant 56 voix sur 363 inscrits. L’année suivante, il se présenta en vain contre Léopold Morel, propriétaire de La Dépêche de Constantine, pour les élections à l’Assemblée algérienne. Il demeura conseiller général jusqu’en octobre 1951.

Durant la guerre d’Algérie, Henri Doumenc protesta très rapidement contre la politique de Robert Lacoste. Il intervint pour dénoncer sa politique au congrès national de Lille en juillet 1956, après avoir signé en avril une lettre collective avec les anciens élus musulmans de la SFIO, Benbahmed* et Achour*. L’année suivante, il protesta de nouveau solennellement contre l’emploi de la torture en Algérie, puis démissionna du parti après que Robert Lacoste refusa d’assurer une protection aux représentants du parti radical qui entendaient se rendre en Algérie. Ses lettres des 7 mars et 6 avril 1957, adressées au président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Maurice Deixonne, furent publiées dans L’Express des 7 et 14 juin 1957. Selon Le Monde, il récusait toute raison du parti s’apparentant à la raison d’État, lorsque celle-ci conduisait au mensonge, c’est-à-dire à la trahison même du socialisme. Il refusait de se taire sur la répression au nom du fait que Robert Lacoste était membre de la SFIO.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22916, notice DOUMENC Henri par Pierre Montoy, Gilles Morin, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 28 novembre 2008.

Par Pierre Montoy, Gilles Morin

[Sénat]

SOURCES : F/1a/3210, 3233, 3214, 3252, 3284 ; F/1cII/113/C, 245 et 300 ; CAC, 20000021/art. 1, n° 14290. — Arch. OURS, correspondance de la fédération d’Algérie. — La vie du parti, juin 1939. — L’Entente, 11 mai 1939. — Le Monde, 19 juin 1957. — L’Express, 14 juin 1957. — L.-P. Montoy, Parcours, n° 13-14, octobre 1990.

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