ROUGIER Noël, Lucien [pseudonyme dans la résistance : Nono]

Par Patrick Bec

Né le 15 juin 1920 à Saillant, commune de Saint-Nectaire (Puy-de-Dôme), exécuté sommairement le 22 juin 1944 à Saint-Just (Cantal) ; cultivateur ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Noël Rougier était le fils de Amable Rougier, cultivateur originaire de Les Sagnaux, commune de Teilhède (Puy-de-Dôme) et de Jeanne Marie Feuillade, fille de cultivateurs de Saillant. Mariés à Saint-Nectaire le 23 mars 1909, un premier fils Paul, naquit en 1910. Noël fut lycéen au lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand. Il est présenté par Jean Favier comme célibataire et cultivateur à Saint-Nectaire.
En 1944 il rejoignit la résistance parmi les FFI et participa aux combats de la Margeride et de la Truyère.

A Maurines (Cantal) le service de santé du Maquis, dirigé par le docteur Mallet avait installé dans deux maisons mises à disposition par le maire, 63 blessés des combats du Mont-Mouchet. Louis Mallet était assisté de son fils aîné Étienne Mallet, du docteur “Raymond” (Paul Reiss), des pharmaciens Nugou d’Aurillac et Roger Menut alias Bénévol et sa femme Marinette, accompagnée de son père Gilbert Lafaye. Un dentiste opérant au presbytère complétait le dispositif.
Le 20 juin 1944 l’ordre de “décrocher” fut donné et il fallut faire évacuer les blessés. Douze véhicules furent rassemblés et un premier convoi d’une soixantaine de blessés put passer le Bès à temps et parvenir dans la nuit à Albaret-Sainte-Marie (Lozère). Restaient deux chars conduits par des paysans portant 7 blessés laissés aux soins de Paul Reiss, Marinette Menut et son père Gilbert Lafaye. Les blessés avaient été répartis dans des fermes avant leur évacuation. Le commandant Alfred Fournier, chef de la zone 9 et du maquis de La Truyère, groupe Revanche, se dit persuadé que l’arrestation du convoi fut le résultat d’une dénonciation. Le témoignage d’un paysan fit état d’une rumeur publique confirmant une dénonciation des blessés puis l’exécution du délateur par les FFI à Saint-Chély-d’Apcher. La patrouille allemande, forte de 100 à 150 hommes, qui venait de Saint-Chély-d’Apcher (Lozère) encercla le petit groupe au niveau du Pont d’Estrémiac, aujourd’hui commune de Val d’Arcomie.
Sachant le sort qui leur était réservé à tous, les gardiens des blessés se défendirent. Gilbert Lafaye, armé d’un révolver fut bientôt atteint par une balle et succomba rapidement. Paul Reiss fut abattu et Marinette Menut, se défendant à la mitraillette fut très gravement atteinte au ventre et tomba. Les Allemands achevèrent tous les blessés sur le char et emmenèrent l’infirmière à l’hôpital de Saint-Flour (Cantal) puis au siège de la gestapo à Chamalières (Puy-de-Dôme) où elle fut torturée et exécutée.

Noël Rougier faisait partie des blessés ; il a été achevé par balles de révolver tirées à bout portant à la tempe le 22 juin 1944 à La Coste, sous le village d’Estremiac où 6 autres blessés (Louis Robert Thiébaut, Émile Marsal, Jean Espagnol, Raymond Apcher, Gérard Normand, Alexandre Tucholski) ont été achevés.

Noël Lucien Rougier avait 24 ans. Il a été reconnu “Mort pour la France”, homologué FFI.
Son nom apparaît sur le monument commémoratif 1939-1945 à Saint-Just ainsi que sur le monument aux morts de Saint-Nectaire. Ses obsèques eurent lieu à Saint-Nectaire le 22 septembre 1944, avec des discours d’un professeur du lycée Blaise Pascal, d’un membre du comité local de Libération et du maire de la commune.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article229169, notice ROUGIER Noël, Lucien [pseudonyme dans la résistance : Nono] par Patrick Bec, version mise en ligne le 19 juin 2020, dernière modification le 7 mars 2021.

Par Patrick Bec

SOURCES : Arch. Dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 149 : crimes de guerre à Saint-Just. — AVCC Caen, AC 21 P 147390, dossier Noël Lucien Rougier (nc). — SHD Vincennes, dossier de résistant de Noël Lucien Rougier : GR 16 P 522635 (nc). — Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993. — Jean Favier, Lieux de mémoire et monuments du souvenir, Albédia, Aurillac 2007. — Jean Favier, Mémorial du réduit de la Truyère, Aurillac, Union des ACVG - CVR du Cantal, Musée de la Résistance d’Anterrieux, 2008. — Mgr de La Vaissière, Les journées tragiques dans le diocèse de Saint-Flour, Imprimerie Clavel, Saint-Flour 1944. — Pierre Chassang, Le pays de Ruynes-en-Margeride, SIVOM canton de Ruynes, Watel 1990. — La Voix du Peuple, 28 septembre 1944. — Arch. Dép. du Cantal (état-civil). — Arch. Dép. (état-civil, recensements). — Geneanet. — MémorialGenWeb.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément