BUYENS Frans.

Par Rik Hemmerijckx

Tamise (Temse, pr. Flandre orientale, arr. Saint-Nicolas-Sint-Niklaas), 2 février 1924 – Overijse (aujourd’hui pr. Brabant flamand, arr. Hal-Vilvorde)) 26 mai 2004. Cinéaste engagé, metteur en scène, écrivain, éditeur, humaniste.

Frans Buyens, dont le père est vannier, grandit dans une famille ouvrière socialiste du village de Tamise, aux bords de l’Escaut. Il abandonne ses humanités à l’âge de quatorze ans. Il est engagé comme employé au syndicat local des métallurgistes. Il joue de la musique, la flute et le piccolo, au sein de l’harmonie socialiste Willen is Kunnen (vouloir, c’est pouvoir). Buyens se construit une culture littéraire et politique grâce à la bibliothèque de la Maison du peuple : sur le plan culturel, on peut le considérer comme un autodidacte.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Frans Buyens travaille, de novembre 1941 à décembre 1944, dans le magasin d’outils du chantier naval Boël à Tamise. Durant cette période, il participe à des actes de résistance, il doit même se cacher. Après la guerre, il refusera sa reconnaissance officielle comme résistant. En décembre 1944, il épouse Hélène Cant. Ils auront une fille.

En 1946, engagé au journal socialiste Volksgazet (gazette du peuple), Frans Buyens quitte son village et s’installe à Anvers (Antwerpen, pr. et arr. Anvers). Dans les années qui suivent, il déploie une activité culturelle intense en créant des revues progressistes comme Voorpost (l’avant-poste) et De Zwarte Leeuw (le lion noir) en 1948. Il est aussi l’âme vivante de plusieurs associations culturelles, De Nevelvlek (la « nébuleuse ») en 1950, Pompei également en 1950. Il ouvre en 1952 un cabaret satirique, De Koperen Haan (le coq de cuivre). En 1956, il lance la revue satirique, De Satan. Lors des années 1955-1956, il collabore régulièrement à la rubrique littéraire du journal socialiste, Vooruit (en avant), à Gand. Il publie des essais sur des auteurs comme Achilles Mussche, Andreas Latzko, Émile Verhaeren et Willem Elsschot.

La carrière cinématographique de Frans Buyens commence en 1958 avec un documentaire sur les mutualités, Glimlach moeder (maman souriante). Il collabore régulièrement avec la télévision flamande, mais, à partir de 1960, il travaille surtout comme cinéaste et producteur indépendant. De 1963 à 1971, il est également professeur de cinéma à la haute école de théâtre et de culture à Bruxelles (RITCS - Royal Institute for Theatre, Cinema & Sound).

Frans Buyens se spécialise dans la réalisation de films et de documentaires engagés sur le plan artistique, sociale et politique. Il ne s’est jamais considéré comme un cinéaste politique, mais plutôt idéologique. Il réalise quelque 75 films : fictions, documentaires, portraits, films d’art. Mentionnons ses films sur la grève de 1960-1961 en Belgique avec Combattre pour nos droits en 1962, sur la RDA avec Deutschland Terminus-Ost en 1965, sur Frans Masereel avec Frans Masereel. J’aime le noir et le blanc en 1969, sur le camp de Breendonk avec Dialogue ouvert en 1971, sur le camp d’Auschwitz/Birkenau avec Un jour les témoins disparaitront en 1979. Avec son film, Moins morte que les autres en 1992, Frans Buyens est un des premiers à ouvrir le débat public sur la problématique de l’euthanasie.

En 1973, Frans Buyens fait la connaissance de Lydia Chagoll (Voorburg (Pays-Bas), 16 juin 1931 – Overijse, 29 juin 2020), chorégraphe et pédagogue de danse classique. Ils forment un couple. Ensemble, ils réalisent plusieurs films, des livres et des pièces de théâtre autour des thèmes de l’engagement, l’injustice, les contre-pouvoirs et le racisme. Mentionnons Savoir pourquoi en 1997 sur l’ascension du nazisme et le fascisme militaire japonais (un film de 9 heures), Tango Tango en 1993, un film joué par des jeunes acteurs trisomiques et La Fille blanche de 2003, inspiré par les mémoires de Lydia Chagoll. Duo-portrait de 2006, sur l’œuvre de Frans Buyens et de Lydia Chagoll, est un film posthume.

Frans Buyens reçoit plusieurs prix nationaux et internationaux de cinéma. Il publie ses souvenirs de jeunesse en 2000. Il demande l’euthanasie en 2004.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article229196, notice BUYENS Frans. par Rik Hemmerijckx, version mise en ligne le 15 juin 2020, dernière modification le 8 octobre 2020.

Par Rik Hemmerijckx

ŒUVRE :
-  Publications : Willem Elsschot. Een inleiding tot zijn werk, Antwerpen, De Nevelvlek, 1951, 62 p. – Beschouwingen rondom het werk van Achilles Mussche, Gent, De Vlam, 1952, 44 p.– Andreas Latzko : rebel tegen het onrecht, strijder voor de vrede, Antwerpen, Pompei, 1954, 59 p. – Pamfletten en propere pijlen, Antwerpen, Satiricus, 1957, 48 p. – Émile Verhaeren : een schets van zijn persoonlijkheid, Antwerpen, Satiricus, 1962, 75 p. – Een hopeloos geval : toneel, Antwerpen, Bourse, 1964, 70 p. – Avec DE HAAS L., HOGENKAMP B., MEYNEN A., Vechten voor onze rechten 60-61 : de staking tegen de eenheidswet, Leuven, Kritak, 1985, 119 p. – Open brief aan de Minister van Cultuur…, Berchem, EPO, 1989, 30 p. – Moins morte que les autres, Bruxelles, Les Éperonniers, 1988, 84 p. – Een jongen uit ’t Foort. Vlechtwerk van herinneringen, Berchem, EPO, 2000, 247 p.
-  Œuvre audiovisuelle : outre le DVD 60-61 Combattre pour nos droits, 1962, 60’, voir la liste complète sur le site Frans Buyens et Lydia Chagoll.

SOURCES : AMSAB, archives Frans Buyens – VAN HOOF G., Frans Buyens. De vrijheid heeft maar één gezicht : essay, Schoten, Klaproos, 1989, 94 p. – EVERAERT J.-P., Frans Buyens : leven en werk van een filmstormer, Antwerpen, Klaproos, 1990, 107 p. – VATRICAN V., « Frans Buyens », Cahiers du cinéma, février 1995, n° 488, p. 18 – HEUZEL J. (réd.), « Frans Buyens 80. Vergrijsd, niet verkleurd », dans Kruispunt, n° spécial, n° 196, 2004, 390 p. – CHAGOLL L., Leven en werk van cineast/auteur Frans Buyens, Antwerpen, De Greef, 2011, 206 p. – Site Web : Frans Buyens et Lydia Chagoll.

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