DUPLA Jean Victorin Raphaël

Par Mauricette Laprie

Né le 3 août 1858 aux Issards (Ariège), peintre en bâtiment, anarchiste de Bordeaux.

Fils de Thomas Dupla, instituteur primaire communal, et de Victorine Robineau, institutrice, Jean Victorin Raphaël se maria le 24 août 1888 à Bordeaux (Gironde) avec Marie Delpech, tailleuse, née à Razac-de-Saussignac (Dordogne). Deux enfants furent légitimés lors de leur mariage, Armand – né le 27 décembre 1886 à Bordeaux, mort le 9 octobre 1932 à Toulouse (Haute-Garonne) – et Henriette – née le 6 avril 1888 à Bordeaux, morte le 6 mars 1968 à Montauban (Tarn-et-Garonne).

En 1884, il fit une demande d’admission dans la police de Bordeaux, fut nommé mais n’accepta pas. Il avait eu la même démarche à Toulouse, refusant aussi le poste.
Le 17 février 1887, le commissaire central de Bordeaux établit une fiche de renseignements : « … C’est l’un des anarchistes les plus en vue de Bordeaux et qui ne peut souffrir ni autorité, ni commandement. Dans la réunion privée tenue par les anarchistes le 12 de ce mois… il a fait à l’auditoire une théorie sur la fabrication de la dynamite. »
Le groupe anarchiste bordelais se réunissait au 140 rue Billaudel où la femme de Raphaël Dupla tenait une buvette, « l’Incompris », connue de la police comme n’étant guère fréquentée que par les anarchistes de la ville. Lors d’une réunion le 3 avril 1891, la discussion porta sur la décision de prendre part à la manifestation du 1er mai. Le commissaire spécial de police des chemins de fer résuma ainsi cette décision … « … il a été convenu toutefois qu’ils agiraient séparément, de façon qu’ils puissent se trouver répartis dans les divers groupes. On tirera au sort pour savoir quels individus doivent figurer pour savoir ceux qui seront chargés d’agir sur le parti socialiste pour essayer de pénétrer de force dans la préfecture… ». C’est au cours de cette manifestation qu’Antoine Antignac fut arrêté pour outrages à agents, provocation au crime par écrits et distribution de placards contenant un appel à l’assassinat et au vol.
Dans la notice individuelle du 30 novembre 1893, le commissaire spécial décrivit Dupla comme « un anarchiste des plus dangereux, il assiste à toutes les réunions de ce parti, y prend presque toujours la parole en termes des plus violents, prêchant la révolte, l’incendie, le meurtre et le pillage ».
A la fin de l’année 1894, il embaucha comme ouvrier peintre aux ateliers de la gare des chemins de fer du Médoc, dans le quartier des Chartrons à Bordeaux. Le commissaire spécial de police dans un rapport au Préfet de la Gironde du 1er janvier 1895 signala « … le né Dupla… qui était anarchiste, ayant trouvé un emploi stable a abandonné ce parti, quoique restant encore en relation avec ses anciens coreligionnaires, il semble ne plus partager leur manière de voir et s’il assiste aux conciliabules qui peuvent avoir lieu c’est plutôt pour savoir ce qui s’y passe. Sa conduite n’a donné lieu à aucune remarque défavorable depuis 8 à 10 mois environ. Il travaille régulièrement. Il y aurait peut-être lieu, pourtant, à ne pas le perdre de vue ».
En septembre 1895, il démissionna et partit rejoindre ses parents installés à Toulouse.

Très lié avec Edouard Clément Lapeyre, celui-ci fut le témoin de son mariage en 1888 – ils habitaient la même adresse à Bordeaux, 4 passage Birly – et de celui de son fils à Toulouse (Haute-Garonne) en 1915. Son dernier domicile connu a été 11 rue de La Laque à Toulouse, où il résidait lors du mariage de son fils.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article229299, notice DUPLA Jean Victorin Raphaël par Mauricette Laprie, version mise en ligne le 17 juin 2020, dernière modification le 17 juin 2020.

Par Mauricette Laprie

SOURCES : Arch. Dép. Gironde 1 M 469, 471, 491, 674. — Arch. Bordeaux Métropole 3527 I 10. — Arch. Dép. Haute-Garonne 1 R 335. — Etat civil Les Issards (Ariège), Toulouse (Haute-Garonne), Bordeaux (Gironde).

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