DAWANT René.

Par Freddy Joris

Verviers (pr. Liège, arr. Verviers), 7 mai 1908 – 2 septembre 1997. Ouvrier textile, permanent de la JOC puis du syndicat textile, président du Mouvement ouvrier chrétien de Verviers, démocrate-chrétien, conseiller communal de Verviers.

Habitant dans le quartier Saint-Remacle à Verviers, René Dawant fait des études de mécanicien textile à l’école technique Don Bosco. Il milite très tôt au sein de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) qui se développe à Verviers à partir de 1924. Il en est un des responsables locaux en 1926, le président fédéral en 1931, et enfin permanent en 1932 et 1933. Ensuite, comme de nombreux cadres du mouvement ouvrier chrétien à l’époque, il suit les cours de l’École sociale à Héverlee (aujourd’hui commune de Louvain-Leuven, pr. Brabant flamand, arr. Louvain), ancêtre de l’actuel Institut Cardijn à Louvain-la-Neuve (pr. Brabant wallon, arr. Nivelles).

René Dawant participe en 1933 au lancement et à la diffusion du mensuel militant de la JOC, Le Jeune chômeur, ainsi qu’au projet de construction collective par des jocistes au chômage d’un baraquement à Tancrémont, un hameau de la commune de Pepinster, qui, à peine achevé en 1934, sera exproprié par la Défense nationale pour la construction du fort du même nom.

La grande grève générale du textile verviétois de janvier à juillet 1934 se solde par une terrible défaite pour le syndicat d’obédience socialiste jusqu’alors omnipotent. Le syndicat chrétien du textile gagne de très nombreux affiliés. René Dawant est nommé secrétaire interprofessionnel de la CSC (Confédération des syndicats chrétiens) de l’arrondissement de Verviers en 1935. Il parvient à opérer un rapprochement avec les militants de la Fédération socialiste des ouvriers du textile au point de réaliser pratiquement un front commun syndical lors des grèves de l’été 1936 en faveur notamment de l’obtention des premiers congés payés. À cette époque, il est aussi un des fondateurs, avec Jacques Wynants, de la Mutualité des travailleurs chrétiens de Verviers. À partir de 1938, Dawant est engagé comme secrétaire régional d la Centrale chrétienne des ouvriers textiles de Belgique, affiliée à la CSC, poste qu’il occupe jusqu’à sa retraite trente-cinq ans plus tard, en 1973. La centrale change de nom en 1947 et devient la Centrale chrétienne des travailleurs du textile et du vêtement de Belgique.

Durant la Seconde Guerre mondiale, René Dawant s’engage dans la Résistance alors que la CSC est en veilleuse. Il est déjà père de cinq filles, auxquelles s’ajouteront encore deux garçons après la guerre. Arrêté par la Gestapo d’Aix-la-Chapelle (Aachen, land de Rhénanie du Nord-Westphalie, Allemagne) le 11 février 1943, il est condamné le 22 avril suivant à quatre ans de travaux forcés et déporté en Allemagne, d’abord au prison de Wittlich (land de Rhénanie-Palatinat) puis en septembre 1944 au camp de Rollwald près de Nieder-Roden (aujourd’hui commune de Rodgau, land de Hesse), d’où il est libéré le 1er mai 1945.

Rentré ce captivité, René Dawant reprend son poste de permanent syndical en juillet 1945. Il contribue à la reconstitution du Mouvement ouvrier chrétien (MOC) local qui a succédé à la Ligue des travailleurs chrétiens, qu’il préside de 1947 jusqu’à la fin des années 1950.

René Dawant est un des premiers à s’inquiéter ouvertement de la crise structurelle du textile. Il le fait savoir dans une brochure en 1958 avec laquelle il interpelle, au nom de la CSC, les forces vives locales. Après son départ à la retraite en 1973, il contribue à la relance d’un courant démocrate-chrétien verviétois, avec de jeunes militants tels que Jean-Marie Delobel, Nicolas Duckers et Michel Halleux. Dawant est élu conseiller communal à Verviers et devient le chef de groupe du Parti social-chrétien (PSC) avant la fusion des communes de 1976.

Durant les dernières années de sa vie, René Dawant s’investit fortement dans la constitution d’un important fonds documentaire sur l’histoire du textile et de l’économie verviétoise en général, qu’il lègue au Centre de documentation sur la laine. Il retrace l’histoire du syndicat textile chrétien, qu’il dans une brochure publiée en 1986.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article229311, notice DAWANT René. par Freddy Joris, version mise en ligne le 17 juin 2020, dernière modification le 7 novembre 2020.

Par Freddy Joris

ŒUVRE : Verviers et son avenir. Que faire ?, Verviers, 1958, 16 p. – Le syndicalisme en textile verviétois, Verviers, 1986, 70 p.

SOURCES : Archives communales de Verviers, fonds Jacques Wynants, 1re série, dossier P.5 et série MOC, dossier 13 – Centre de documentation sur la laine à Verviers, fonds Dawant – Le Jour, 13 juin 1984 et 3 septembre 1997 – WYNANTS J., 15 années de JOC à Verviers 1924-1939, Verviers, s.d. – Équipes Populaires Aînés, Verviers et ses industries. Des travailleurs témoignent, Verviers, 1993.

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