MARPEAU Edouard, Jean, Baptiste

Par Bernard Geay

Né le 23 mai 1919 à Saint-Germain-des-Prés (Maine-et-Loire), mort le 4 septembre 2009 à Ancenis-Saint-Géréon (Loire-Atlantique) ; ouvrier menuisier-ébéniste ; militant CFTC puis CFDT, élu du personnel aux Ateliers Normand à Nantes, secrétaire du syndicat Construction et Bois de Nantes et région, fondateur et président de l’Union locale CFTC puis CFDT d’Ancenis (1959-1999).

Edouard Marpeau en 1965.

Fils de Joseph Marpeau et de Philomène Toublanc, Edouard Marpeau était le second d’une fratrie de trois garçons. La famille habitait à Ingrandes (Maine-et-Loire) et était catholique pratiquante. Il fréquenta l’école privée jusqu’au certificat d’études primaires. Il fit ensuite un apprentissage de menuisier-ébéniste à Ingrandes.

Mobilisé en 1939, Edouard Marpeau vécut la défaite de l’armée française à Epinal le 19 juin 1940 et fut fait prisonnier en Allemagne jusqu’en juin 1945, au stalag III-A à Velten, localité du Brandebourg proche de Berlin. Il y fut affecté à des travaux forestiers et sérieusement blessé à un genou lors de la chute d’un arbre. À son retour de captivité, il vint habiter à Ancenis pour y travailler. C’est là qu’il adhéra en 1947 au syndicat CFTC du bâtiment.

En 1949, il fut embauché comme menuisier-ébéniste aux Ateliers Normand à Nantes, entreprise d’agencement spécialisée dans la fabrication et l’installation de comptoirs de cafés et rattachée à la convention collective nationale de l’ameublement. Faisant les trajets en train, ses longues journées se prolongeaient le soir par ses activités militantes à Ancenis où il continuait à habiter.

Aux ateliers Normand, Edouard Marpeau fut rapidement élu délégué du personnel. À partir du 19 juin 1953, il fut élu au comité d’entreprise dont il devint le secrétaire et le resta de nombreuses années, au titre de la CFTC puis de la CFDT. Il présida également l’amicale du personnel de l’entreprise Normand créée en 1955. Il assuma le secrétariat du syndicat CFTC puis CFDT du bâtiment et des travaux publics d’Ancenis pendant les décennies 1960 et 1970. Ce syndicat fut ensuite regroupé avec celui de Nantes et région. Il termina sa carrière chez Normand en 1979 et partit en retraite à l’âge de soixante ans, au titre d’ancien combattant et prisonnier de guerre.

Edouard Marpeau fut à l’initiative de la création de l’Union locale CFTC d’Ancenis dont les statuts furent adoptés le 13 décembre 1959. Dès le début et jusqu’en 1999, il fut le président de cette Union locale, devenue CFDT en janvier 1965, qu’il anima avec Marc Graveleau, Lucien Perrier, Jean Hémon et Emile Ménard. Il tenait des permanences le dimanche matin pour les travailleurs du Bâtiment et contribua à implanter la CFDT dans plusieurs entreprises locales. En Mai 68, il prit une part active dans la mobilisation à Ancenis qui connut plusieurs manifestations importantes, notamment le 24 mai. Après sa retraite, il continua à militer à l’Union locale des retraités CFDT dont il fut le secrétaire jusqu’au 31 décembre 1999.

Edouard Marpeau milita également à l’Action catholique ouvrière (ACO) dont il fonda et anima la section locale d’Ancenis à partir de 1961. Il fut aussi administrateur, au titre de la CFDT de l’Institution de retraite et de prévoyance sociale (IREPS), caisse de retraite complémentaire. Affable et d’un commerce agréable, Edouard Marpeau était un homme peu disert et d’une grande rigueur morale, traits de caractère que traduisait bien sa superbe écriture aux formes calligraphiées.

Edouard Marpeau s’était marié le 17 septembre 1946 à Saint-Géréon avec Renée Bonsergent, couturière, née le 17 juillet 1922 et décédée le 27 septembre 2019. Le couple eut une fille adoptive Françoise née en 1965 et deux petits-enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article229327, notice MARPEAU Edouard, Jean, Baptiste par Bernard Geay, version mise en ligne le 17 juin 2020, dernière modification le 26 octobre 2020.

Par Bernard Geay

Edouard Marpeau en 1965.

SOURCES : Arch. d’Edouard Marpeau, Centre d’histoire du travail de Nantes. — Entretien téléphonique avec Françoise Bernard, fille d’Edouard Marpeau, avril 2020.

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