DRAY René

Par Jean-Claude Lahaxe

Né le 27 avril 1920 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort en avril 1996 ; mécanicien puis employé ; responsable national associatif, syndicaliste et communiste.

René Dray serait originaire d’une famille protestante des Alpes-de-Haute-Provence. Son engagement militant fut précoce : selon certaines sources, il aurait rejoint les rangs du PCF en février 1934. Après avoir adhéré aux Jeunesses communistes en 1935, il fut élu membre du comité de rayon en 1935-1936 et chargé du secrétariat du cercle de la Plaine de 1936 à 1938. À cette époque, il participait au mouvement de solidarité en faveur de l’Espagne républicaine.
Titulaire d’un brevet supérieur de l’enseignement technique, René Dray trouva un emploi de mécanicien à la SNCASE de 1938 à 1943 et milita au syndicat CGT de l’aviation. Accusé d’être un trotskiste tombé sous l’influence d’éléments policiers infiltrés, il fut exclu des JC en 1939. Engagé volontaire lors de la déclaration de la guerre, René Dray retourna travailler à la SNCASE après sa démobilisation. Il milita à la CGT clandestine et entreprit des actes de résistance, brûlant en particulier sa feuille de réquisition pour le STO en juin 1943 avant de passer dans la clandestinité et, selon la biographie destinée à la Section de montée des cadres (SMC) qu’il renseigna en 1955, de reprendre contact avec le PCF.
René Dray participa à la création des Jeunes laïques combattants, le mouvement de résistance des Auberges de jeunesse, y exerçant des responsabilités à Marseille, Toulon et Lyon. Il rejoignit ensuite l’école de cadres des Auberges de jeunesse de Mollans au sein de laquelle il implanta un groupe de corps francs rattaché tout d’abord au MLN puis aux FTPF. En août 1944, René Dray dirigea des actions à Nyons et à Montélimar en tant que commandant de la 3e compagnie du 1er bataillon FTPF de la Drôme. Il participa ensuite à la campagne d’Alsace dans la 1re Armée française. Promu chef d’une section d’éclaireurs skieurs du 159e RIA, il contribua à la prise des monts Ambir et Cenis ainsi qu’à la libération de Suse. René Dray fit partie des troupes d’occupation en Autriche jusqu’en octobre 1945. Lors de sa démobilisation, il était lieutenant de réserve, décoré de la Croix de guerre et de la Croix du combattant volontaire de la Résistance ainsi que de la Croix du combattant.
Libéré, René Dray revint à Marseille. En 1946, il travailla comme représentant de commerce pour une entreprise du secteur textile (il allait exercer ce métier jusqu’en 1980) et devint en 1947 secrétaire général du syndicat CGT des VRP. Il devait être ensuite élu au comité national de la fédération de cette corporation.
Ayant cette année-là suivi les cours d’une école de section du PCF, il fut promu secrétaire de la cellule Fino (rattachée à la section de Castellane) en 1948. René Dray occupa parallèlement la présidence du tribunal des prud’hommes, section employés. Il fut aussi un des responsables des Amis de la nature et de la FSGT. Membre du bureau régional de cette organisation en 1952, il effectua en mai 1953 un séjour en Tchécoslovaquie, en Bulgarie et en Roumanie en tant que responsable d’une délégation sportive.
Cette année-là, il était en outre président des Amis de la Nature de Provence et des Amis de l’instruction laïque du quartier Chapitre-Longchamp et faisait partie du comité de parrainage du festival de Bucarest.
René Dray joua aussi un rôle important dans la démocratisation des activités liées à la plongée. Vice-président du bureau « pêches sous-marines » de l’association Sports nautiques populaires en novembre 1954, il accéda en 1955 au secrétariat national des activités sous-marines (son engagement lui valut l’attribution de plusieurs médailles sportives).
En 1955, René Dray était rattaché à la cellule Yves Lariven (quartier de la Plaine). Il militait à la Fédération des officiers de réserve républicains (FORR), au Mouvement de la paix et dans une fédération de parents d’élèves. Il déclarait avoir lu Le marxisme et la question nationale et coloniale, l’Histoire du PCb, L’homme, le capital le plus précieux, les Œuvres de Lénine et de Staline (sans plus de précisions) et les Principes du léninisme.
René Dray participa en 1995 à la rédaction de la brochure 1938-1945 : les communistes face à la tourmente dans les Bouches-du-Rhône. Il demeura membre du Parti communiste jusqu’à sa mort en avril 1996.
Il était marié et père d’un enfant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22949, notice DRAY René par Jean-Claude Lahaxe, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 2 mai 2022.

Par Jean-Claude Lahaxe

SOURCES : Arch. de la fédération communiste des Bouches-du-Rhône, biographie faite par le militant en 1955. — Déclarations effectuées par l’intéressé lors de sa demande de carte de vétéran (non datées). — La Marseillaise, 5 mars 1950, 4 juillet 1951, 12 janvier 1952, 3 juillet, 13 octobre 1953, 14 novembre 1954, 28 mars 1955, 17 avril 1996. — Pascal Posada, Léo Lorenzi, 1938-1945 : Les communistes face à la tourmente dans les Bouches-du-Rhône, édité par la fédération des Bouches-du-Rhône du PCF et l’amicale des vétérans, 1995, p. 80. — Lucette Heller-Godenberg, Histoire des auberges de jeunesse en France des origines à la Libération (1929-1945), 2 vol., 1985, Université de Nice. Voir index.

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