GOUIN Henri

Par Patrick Bec

Né le 27 janvier 1911 à Bordeaux (Gironde), massacré le 18 juillet 1944 à Bourriergues de Saint-Mamet (Cantal) ; professeur de lycée ; victime civile.

Henri Gouin était le fils de Henri, Léon, Elie, Marie Gouin, négociant à Bordeaux, originaire de Poitiers (Vienne) et de Isabelle, Jeanne, Marie Fauché, fille de professeur de lycée à Talence (Gironde), mariés à Bordeaux le 11 juillet 1900. Nommé professeur au lycée Emile-Duclaux, en 1944 Henri Gouin demeurait au Barra à Aurillac (Cantal).

Après les combats meurtriers de la Margeride et de la Truyère il n’était plus question de grands affrontements. La Résistance continuait à tendre des embuscades mais Allemands et miliciens restaient vigilants. Dans le Cantal la milice d’Aurillac utilisa plusieurs agents dont une jeune fille de 17 ans qui accomplit plusieurs missions vers Laroquebrou, Saint-Mamet, Marcolès, Thézac… Le 16 juillet 1944, elle fut prise par les responsables du maquis de la Luzette et s’engagea contre la vie sauve à attirer Lahaye, le chef départemental de la milice, dans un guet apens prévu le 17 juillet à Saint-Mamet. Mais le pont du Laurent sur la route nationale 122 ayant été détruit par un autre groupe FFI, la voiture de la milice fit demi tour. E. Martres explique que certains résistants pensaient que les miliciens tenteraient de rejoindre Saint-Mamet par une autre route. Le 18 juillet 1944 une compagnie monta donc une embuscade à Bourrièrgues et se prépara à tirer car elle croyait savoir que toute sortie de véhicules étant interdite, ce qui en principe ne laissait aucun doute sur le véhicule qui allait se présenter. Lorsqu’une voiture apparut, elle fut mitraillée. Il s’agissait en fait du d’un autobus civil qui transportait des voyageurs vers le sud. Bilan de la méprise, 5 civils tués et 5 blessés. Le chauffeur de cars Félix Teulet et 4 passagers, Clémence Gire, infirmière à l’hôpital, Lucien Richard, étudiant en pharmacie, Arthur Pailhol, chiffonnier, Henri Gouin, professeur au lycée, furent tués ce jour-là. Ils ont été déclarés morts pour la France.
Henri Gouin avait 33 ans.

Son nom n’est inscrit sur aucun monument commémoratif.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article229498, notice GOUIN Henri par Patrick Bec, version mise en ligne le 22 juin 2020, dernière modification le 25 juin 2020.

Par Patrick Bec

SOURCES : Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993. — Arch. dép. du Cantal (état-civil, recensements). — Arch. dép. de la Gironde (état-civil).

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