CAILHOL Henri, Émile, Jean [pseudonyme dans la résistance : Henri]

Par Patrick Bec et Eric Panthou

Né le 3 mars 1919 à Aurillac (Cantal), tué au combat le 31 décembre 1944 à Neuf-Village (Haut-Rhin) ; élève officier ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Henri Cailhol était le fils de Sylvain, Victor, Émile Cailhol négociant en fromages à Aurillac, originaire de Lédergues (Aveyron) et de Marie Aurigier, couturière. Ses parents s’étaient mariés à Jussac (Cantal) le 12 mai 1909 et avaient eu un autre fils, Maurice. Henri Cailhol s’était marié à Lédergues le 25 mars 1940 avec Suzanne, Lucie, Simone, Charlotte Mas et avait deux fils.

Inscrit à l’école militaire de Saint-Cyr en 1940, domicilé 63 avenue de la République à Aurillac (Cantal), Henri Cailhol, marqué par la défaite, rejoignit à Rodez (Aveyron) le 51e régiment d’infanterie jusqu’à la dissolution de l’armée d’armistice. Manuel Rispal nous apprend que suivant les conseils de Maurice son frère aîné, il s’engagea dans la résistance à Aurillac. Les routes étant coupées, les deux frères ne purent gagner le Mont-Mouchet mais formèrent à Maurs une compagnie regroupant une centaine de jeunes, la compagnie Henri. Henri Cailhol devint le lieutenant Henri.
Le 6 juin 1944, les hommes de l’Armée secrète de Maurs recevaient l’ordre de rejoindre le Mont-Mouchet. Le 13, ils sont renvoyés dans leurs foyers, l’état-major étant dans l’impossibilité de les armer. Quelques uns rejoignent le maquis de la Fombelle (terrain de parachutage Chenier). Le capitaine Cailhol alias Raynaud et son frère, le sous-lieutenant Henri Cailhol alias Henri rejoignent le maquis de la Fombelle. C’est alors que fut décidé l’organisation d’un camp où seraient regroupés tous les rescapés du Mont-Mouchet de la région de Maurs. Le camp s’appela Camp MAC B 1929, composé de trois compagnies dont la deuxième (Camp II) fut commandée par le lieutenant Henri Cailhol. ce dernier fut le chef militaire des 3 compagnies et assura l’organisation et l’instruction. La Compagnie Henri est ainsi constituée d’éléments de Maurs et de Saint-Mamet. Son cantonnement est situé entre Saint-Saury et la Maison Rouge. Elle comprend une centaine d’hommes.
Le lieutenant Henri fut considéré par son supérieur comme un excellent garçon qui manquait d’autorité alors qu’il en aurait fallu beaucoup pour commander des gens assez indisciplinés. Il venait du 1ère régiment de France qu’il avait abandonné pour rejoindre son frère dès qu’il avait appris le rôle que jouait celui-ci dans la Résistance (chef adjoint de l’AS d’Aurillac).

Comme d’autres Cantaliens, il poursuivit le combat après le maquis en s’engageant dans l’armée de libération pour chasser les Nazis jusqu’en Allemagne. Il retrouva son ancien régiment à Rodez qui fut intégré à l’armée de de Lattre, 2e commando de la brigade légère du Languedoc. Malgré plusieurs tentatives, les blindés français renforcés par les FFI ne pouvaient s’emparer de la petite poche de résistance de Huningues et de Village-Neuf ravitaillée grâce au bac sur le Rhin qui la reliait à Weil-am-Rhein. Grâce à l’arrivée de la brigade légère du Languedoc qui vint renforcer le 6e RIC et les 1554 FFI de la région frontalière, Huningues put être attaquée le 30 novembre 1944 en début d’après-midi. Jugeant le combat désespéré, les Allemands profitèrent de la nuit pour passer le Rhin et, le premier décembre, Huningues fut enfin libérée. Henri Cailhol fut promu capitaine le 1er décembre 1944. Parti en observation sur les bords du Rhin avec un caporal, il fut grièvement blessé à Village-Neuf le 31 décembre et décéda le lendemain 1er janvier 1945 à l’hôpital de Altkirch.
Henri Cailhol avait 25 ans. Il a été déclaré mort pour la France, homologué FFI pour la période du 17 juin au 24 août 1944 au sein de la formation MUR : Compagnie Henri Cailhol.
Son nom est gravé sur les monuments aux morts de Jussac et de Lédergues. Deux photos de Henri Cailhol ont été publiées par M. Rispal.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article229580, notice CAILHOL Henri, Émile, Jean [pseudonyme dans la résistance : Henri] par Patrick Bec et Eric Panthou, version mise en ligne le 25 juin 2020, dernière modification le 19 janvier 2022.

Par Patrick Bec et Eric Panthou

SOURCES : SHD GR 19 P 15/58 : MUR : Compagnie Henri Cailhol. — AVCC, dossier Henri Emile Jean Cailhol : AC 21 P 36793 (nc). — SHD Vincennes, dossier de résistant de Henri Emile Jean Cailhol : GR 16 P 100556 (nc). — SHD Vincennes, dossier de résistant de Maurice Victor Emile Cailhol : GR 16 P 100559 (nc). — Manuel Rispal, La Libération désirée, tome 2 Massif Central, éditions Authrefois 2016. — Eugène Riedweg, La libération de l’Alsace septembre 1944 - mars 1945, Tallandier, 2014. — Geneanet. — MémorialGenWeb. — État civil Lédergues.

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