THORENT Françoise [née SEYMAT Françoise Marie Louise]

Par André Vessot

Née le 29 mai 1881 à Lyon Ier arr. (Rhône), morte le 28 février 1970 à Lyon IIIe arr. ; employée de soierie ; militante du Syndicat des dames employées de la soie puis de la CFTC, vice-présidente de la Corporation des employés de la soierie lyonnaise.

Françoise Thorent en 1966
Françoise Thorent en 1966
(Photos communiquées par Michèle Maleville, petite fille de Françoise Thorent)

Née à Lyon dans le quartier des canuts, Françoise Seymat, parfois appelée Francine, était la fille de Joseph Antoine Seymat, confiseur, et de Marie Lachal, sans profession. Sa famille quitta ce quartier de la Croix-Rousse pour s’installer dans le VIe arr., où elle est apprentie en couture, puis à Montchat (Lyon IIIe arr.) où son père décéda le 21 mars 1902. A 21 ans elle dut prendre en charge sa mère avec laquelle elle s’installa rue Sully à Lyon Vie arr. En 1910 elle bénéficia pour cela d’un prix de la Fondation Pléney. En effet les frères Pléney avaient légué à la ville de Lyon toute leur fortune pour être employée chaque année en livrets de caisse d’épargne de 500 francs chacun à distribuer à des garçons et des filles ayant soutenu avec dévouement leurs frères et sœurs orphelins ou leurs parents malheureux, ce bienfait devant profiter à l’élite de la classe ouvrière.

Elle travailla comme employée à la maison Martin. Ayant de nouveau rejoint les pentes de la Croix-Rousse elle se maria le 1er juin 1912 à Lyon (IVe arr.) avec Claude Clément Thorent, alors garçon de peine.

Marie-Louise Rochebillard avait été pionnière avec la création des syndicats chrétiens féminins en 1899. C’est donc tout naturellement, et probablement vers 1915, que Françoise Thorent rejoignit le syndicat des dames employées de la soierie, affilié ensuite à la CFTC. Nous savons grâce au recensement de 1921 qu’elle fut plieuse de tulle chez Sibet-Meyer et qu’elle résida au 33 cours d’Herbouville. Entre temps le 24 août 1916 elle eut un fils Jean, Antonin, Vérand, Thorent. Vers 1925 son mari, qui était alors employé du gaz, décéda ; la période fut alors difficile et elle dut placer, pendant quelques temps, son fils à l’orphelinat d’Oullins (Rhône).
Pour aider les mères de famille et jeunes filles fatiguées, Elisabeth Jacolin avait fondé en 1919 la colonie de vacances de Chenavel, située dans un hameau de Jujurieux dans l’Ain. Elle avait loué cette maison pour les travailleuses qui avaient besoin de repos, bien avant l’instauration des congés payés. Françoise Thorent y passa, pendant plusieurs années, des vacances avec son fils jusqu’en 1937.

Les syndicats féminins étaient très actifs au sein de la CFTC et Françoise Thorent prit toute sa place dans celui des dames employées de la soie. A cette époque la soierie lyonnaise dut faire face à la crise économique, l’abandon de la soie l’obligea à se reconvertir vers les textiles artificiels (rayonne) moins rémunérateurs. Puis 1936 fut marquée par le Front populaire et le mouvement social, la CFTC renforça son implantation ouvrière grâce notamment à la JOC. Pour la Corporation des employés de la soierie lyonnaise il y eut alors un regain de syndicalisation : 160 nouveaux adhérents de juin à décembre 1936.

Dès 1939 des réunions communes eurent lieu avec la Corporation des employés de la soierie lyonnaise. Les deux syndicats tinrent des permanences communes et leurs commissions de presse élaborèrent des communiqués communs. Ainsi lentement l’idée fit son chemin d’un syndicat mixte et d’un local commun. Cette période, de 1939 à 1945, ne fut pas facile mais ces syndicats continuèrent à fonctionner, de façon limitée, malgré la dissolution de la CFTC, tout en étant hostiles à la Charte du travail du gouvernement de Vichy. Le 15 janvier 1945 à l’occasion d’une Assemblée générale extraordinaire la fusion des deux syndicats fut adoptée à l’unanimité. Françoise Thorent présida la première séance du 14 février 1945 du Conseil d’administration du syndicat mixte dont elle fut élue vice-présidente et Pierre Tolon président.

En 1952, Françoise Thorent reçut la médaille d’honneur des syndicats professionnels pour ses 37 ans de dévouement au syndicalisme. Elle continua de participer aux réunions jusqu’en septembre 1954. Pour la remercier la Corporation la nomma présidente d’honneur. Après cet engagement important elle quitta son appartement du Ier arr. pour entrer à la maison de retraite « Villa Pontou » située 1 chemin de Grandvaux à Ecully (Rhône).

Elle décéda à l’hôpital Edouard Herriot de Lyon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article229610, notice THORENT Françoise [née SEYMAT Françoise Marie Louise] par André Vessot, version mise en ligne le 4 juillet 2020, dernière modification le 25 octobre 2020.

Par André Vessot

Françoise Thorent en 1966
Françoise Thorent en 1966
(Photos communiquées par Michèle Maleville, petite fille de Françoise Thorent)
Françoise Thorent à Chenavel en 1936
Françoise Thorent à Chenavel en 1936

SOURCES : Arch. Union départementale CFDT du Rhöne, registre des employés de de la soierie lyonnaise. — Arch. départementales du Rhône, recensements 1901, 1911 et 1921. — Arch. municipales de Lyon, état civil. — Lectura plus Auvergne Rhône-Alpes, Le Salut Public, 14 juillet 1910. — Carole Saudejaud, Le syndicalisme chrétien sous l’occupation, Perrin, 1999. — Wikipédia, Histoire de la soierie à Lyon, 23 avril 2020. — Edith Jacolin-Metzger, Biographie d’Elisabeth Jacolin, 2008. — Informations fournies entre 2013 et 2019 par Michèle Maleville, petite fille de Françoise Thorent.

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