JOACHIM Francine, épouse SCOLAS.

Par Renée Dresse

Charleroi (pr. Hainaut, arr. Charleroi), 12 janvier 1916 – Charleroi, 5 février 1995. Ouvrière, permanente jociste puis animatrice aux Ligues ouvrières féminines chrétiennes, devenue en 1969 Vie féminine, à Charleroi.

Francine Joachim est la fille d’Alfred Joachim, ouvrier mineur décédé à l’âge de trente-six ans, et de Marie Eeckout, ouvrière de charbonnage, tous deux socialistes. Le couple a une autre fille, Régine, née en 1919.
Après des études primaires et deux années en section professionnelle, n’ayant jamais eu de cours de religion, Francine Joachim devient piqueuse de tiges dans un atelier de cordonnerie. Mais signale-t-elle (voir questionnaire d’enquête), elle poursuit sa formation au sein du mouvement ouvrier chrétien.

C’est sous l’influence d’une jeune travailleuse que Francine Joachim fait connaissance avec le Jeunesse ouvrière chrétienne féminine (JOCF) à Charleroi. Elle y adhère en 1930 mais ce n’est pas simple : « J’y suis allée, démissionnant toutes les semaines. Ces filles-là ne me plaisaient pas, mais j’y retournais. Et j’ai mordu, invitée à un congrès régional, une récollection. J’écoutais, j’enregistrais, je ne comprenais pas tout mais je devinais ». Le tournant décisif de son engagement est le pèlerinage à Rome en septembre 1931. Sa préparation est en soi un vrai défi pour F. Joachim : « Maman me dit non, mais si mon patron dit oui, elle marche. Mais comment faire ? Perdre son salaire était un gros problème à la maison. On fait des fancy-fair, des tombolas. Maman vend plein de billets dans son charbonnage et on va à Rome. » Pour elle, c’est une révélation avec l’accueil de Cardijn à la gare de Rome, l’audience avec Pie XI : « Après cela, je n’ai plus jamais parlé de démission, j’étais mordue pour toute ma vie » (PIRSON E. (dir.), Histoire du mouvement ouvrier chrétien à Charleroi 1886-1990}, Charleroi, CARHOP-MOC Charleroi, 1995, p. 91).
Rapidement, Francine Joachim devient membre de l’équipe fédérale où elle représente Charleroi Broucheterre, quartier situé au nord-ouest de la commune. De 1937 à 1945, elle est la seule propagandiste permanente, avec Émilie Noël qui a en charge la Jeune JOCF. Les autres responsables sont toutes bénévoles.

De 1945 à 1947, Francine Joachim devient animatrice permanente à la Fédération des Ligues ouvrières féminines chrétiennes (LOFC) de Charleroi. Elle quitte cette fonction en 1947 mais reste animatrice volontaire (bénévole) jusqu’à la fin des années 1980.

Le 19 avril 1947, Francine Joachim épouse Pierre Scolas, cordonnier, président d’une section jociste. Il décédera en 1970. Le couple aura quatre enfants, trois garçons et une fille, nés entre 1948 et 1954.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article229643, notice JOACHIM Francine, épouse SCOLAS. par Renée Dresse, version mise en ligne le 26 juin 2020, dernière modification le 6 mai 2021.

Par Renée Dresse

SOURCES : Information de Paul Scolas fournie par courriel, 23 juin 2020 – CARHOP, fonds Jean Neuville, dossier « Joachim Francine », réponses de Francine Scolas-Joachim au questionnaire d’enquête, fin des années 1980 – PIRSON E. (dir.), Histoire du mouvement ouvrier chrétien à Charleroi 1886-1990, Charleroi, CARHOP-MOC Charleroi, 1995, p. 88, 89, 91, 152.

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