FERNAND André Camille [pseudonyme dans la résistance : Lapin]

Par Daniel Levieux

Né le 28 août 1918 à Cressanges (Allier), porté disparu depuis le 13 août 1944 ; cultivateur ; membre des francs-tireurs et partisans (FTP)

André FERNAND
André FERNAND

Son père Maurice et sa mère Marie, tous deux cultivateurs à Treban en 1918, avaient eu 6 enfants : Anna, René, André, Odette, Simone et Marcelle.

Le prénom de Roger est accolé à André ou à André Camille par le AVCC de Caen mais ses prénoms sur son acte de naissance sont bien André Camille.

En 1936, André était domestique pour son père qui était métayer au domaine de Fourneux à Treban (Allier) où la famille s’était installée. C’est là qu’il se trouvait quand la guerre a éclaté. André et son frère ainé René furent tous les deux mobilisés. Faits prisonniers l’un et l’autre et conduits en Allemagne, ils tenteront de s’évader. A deux reprises les tentatives de René vont échouer à l’inverse d’André qui réussira sa première évasion et parviendra à rejoindre la ferme familiale à Treban (Allier) où, avec sa famille et leur ouvrier agricole Camille Patarin il contribuera au soutien de la Résistance dans la région où le maquis FTP Hoche s’installa en mai 1943.

En 1943, André Fernand alors cultivateur, a épousé à Treban (Allier) Jeanne Krawerik, une jeune fille de 18 ans, pupille de l’Assistance Publique de Paris, placée dans la famille Denis à la ferme de Renaudière à Meillard (Allier).

Au printemps 44, André s’était engagé au maquis FTP Danielle Casanova sous le nom de guerre de « Lapin ». Après sa constitution le 6 juin 1944 à la ferme de Moladier (commune de Besson, Allier) et son passage par Bois Plan et les bois du Château de Bost à Besson (Allier) dans les jours suivants, c’est sous la conduite d’André Fernand que le camp Danielle Casanova était venu s’installer à Renaudière près de la ferme de son beau-père.

André Fernand avait participé au périple du 14 juillet qui avait vu défiler les maquisards en ordre militaire dans toutes les communes du secteur sans passer inaperçus sous les applaudissements de la population ! Mais au cours de cette journée il s’était fait mal au genou… Aussi à son retour il s’était retrouvé alité à l’écart de ses camarades dans une chambre chez les Denis.

Lors de l’attaque du maquis par les allemands le 16 juillet 1944 au soir, André Fernand est le seul à n’avoir pu s’échapper. Le lendemain, dimanche matin, les allemands revenus sur place font des prisonniers dans les fermes :
- Emilien Denis à Renaudière et Albert Baptiste à Chapillière d’en haut, qui seront tous deux relâchés ;
- Charles Auguste et Robert Thevenet à Chapillière d’en bas, qui furent emprisonnés à la Mal-Coiffée et ne seront libérés qu’au départ des allemands ;
- deux ouvriers agricoles, l’un venant travailler à Chapillière ; tous deux furent envoyés en Allemagne au titre du STO ;
- André Tauveron travaillant à Fourneux chez les Solnon.
Après avoir incendié la grange de Renaudière qui abritait les maquisards de Casanova, les Allemands firent également prisonnier Louis Deternes au domaine de Legret.

Dans la matinée de dimanche André Fernand fut aperçu par des habitants du village voisin des Champs, encadré par des soldats Allemands descendant dans les prés en direction de Pilote. Et, toujours sous la garde des soldats Allemands, il est aussi passé sur le versant sud de la vallée du Douzenan, à la ferme des Planche chez les Tabutin où la mère l’aurait enjoint de s’échapper par l’arrière de la maison, mais en vain. C’est dans les champs en contre-bas vers Pilote que les Allemands lui ont fait déterrer les dépouilles de trois collaborateurs notoires fusillés par le maquis, le père Guéret et les deux frères Dumont. A partir de ce moment plus personne ne l’a revu.

André Fernand semble ensuite avoir été emprisonné un temps à St-Pourçain-sur-Sioule (Allier) avant d’être emmené à Clermont-Ferrand.

Quelques jours plus tard les autorités allemandes demanderont à sa famille de lui apporter des vêtements à la prison de Clermont. Une première fois, son père Maurice et sa sœur Anna s’y rendront, mais en vain, sans pouvoir le voir. Lors de leur seconde tentative, ses deux sœurs Anna et Odette ne le verront pas non plus ; mais les soldats Allemands leur diront « qu’il était toujours vivant, pour preuve les vêtements qu’ils leur remettaient étant encore chauds ».

Emprisonné à Clermont-Ferrand jusqu’au 13 août, André est ensuite considéré comme disparu.

Un jugement du tribunal civil de Moulins du 22 octobre 1946 l’a déclaré décédé le 16 juillet 1944. Mais finalement, une autre décision de la même juridiction datée du 4 février 1947 le déclare décédé le 13 août 1944. Ces deux décisions ne donnent aucune précision de lieu. Un acte de disparition dressé le 24 mars 1947 par le Ministère des Anciens Combattants le considère comme « déporté en Allemagne, direction inconnue ». Cependant, il ne figure pas parmi les listes de déportés de la Fondation pour la mémoire de la déportation.

Il a été homologué DIR (déporté et interné de la Résistance). Le 26 août 1947, il est homologué FFI comme adjudant-chef au 1er juin 1944. Il a reçu à titre posthume l’Ordre de la libération par décret du 18 mars 1970 (JO du 12 mai 1970).

Son nom figure sur le monument aux morts de Treban (Allier).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article229665, notice FERNAND André Camille [pseudonyme dans la résistance : Lapin] par Daniel Levieux, version mise en ligne le 27 juin 2020, dernière modification le 27 juin 2020.

Par Daniel Levieux

André FERNAND
André FERNAND
André Fernand (à gauche) et son frère René
André Fernand (à gauche) et son frère René

SOURCES : SHD Vincennes : GR 16 P 220909, dossier André Fernand (nc). — AVCC : AC 21 P 449542, dossier André Fernand (nc). — AVCC : AC 21 P 183493 dossier André Fernand (nc). — site internet mémoire des hommes. — recensement de population de 1936 (AD Allier). — Fondation pour la mémoire de la déportation . — La disparition et l’oubli, article de Daniel Levieux . — Archives familiales. — Témoignage de Lucien Depresle. — État civil. — Mémorial GenWeb

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