BUSQUET DE CAUMONT Michel, Robert, Marie, Joseph, Paul, Isambert

Par Eric Panthou

Né le 5 octobre 1906 à Laval (Mayenne), exécuté sommairement par la Résistance le 16 juillet 1944 à Cérilly (Allier) ; officier d’active ; résistant.

Fils de Robert, capitaine dans l’armée, et de Marie Louise de Bonflis, sans profession, Michel Busquet de Caumont est orphelin de père dès l’âge de trois mois. Sa mère se remaria mais son époux, le capitaine René de Guillin d’Avenas est tué au combat en novembre 1914.
Michel Busquet de Caumont fit sa scolarité à l’Immaculée-Conception de Laval (Mayenne). Comme son frère Pierre, il prépara l’entrée à Saint-Cyr à Versailles puis Rennes et fut reçu et incorporé en septembre 1927. Il sort 155ème de la Promotion Maréchal Galliéni 1927-1929 et opte pour l’infanterie, comme son père et son frère. D’abord affecté à Haguenau, il s’engage dès 1933 dans la Légion étrangère pour rejoindre le Maroc où il resta 6 années avant de rejoindre la Syrie dans la même compagnie qu’il commandait durant deux ans.
Il demande à rentrer en France après l’Armistice de 1940 et est affecté à l’état-major du 3ème Bataillon à Saint-Amant-Montrond, en zone libre. Il demande à reprendre le commandement d’une compagnie et s’installe avec celle-ci à Sancoins (Cher) où il est chargé de surveillé la ligne de démarcation. Son épouse, Françoise, née Schneider, le rejoint bientôt, avec leurs deux filles. Le couple eut ensuite un troisième enfant.
En juin 1941, il ne comprend pas pourquoi les troupes anglo-australiennes aidés de gaullistes attaquent les troupes françaises de Syrie et notamment son ancienne compagnie qui subit alors de lourdes pertes. Son régiment fut dissous en novembre 1942 après l’envahissement de la zone sud par les troupes allemandes. Il fut placé en congé d’Armistice à compter du 1er mars 1943 puis en position de non disponibilité en novembre de la même année. Il rejoignit alors l’Administration des Eaux et Forêts du Cher en qualité d’inspecteur auxiliaire.
Avant même la dissolution de sa compagnie, il avait fait camoufler armes et vivres pour les soustraire aux troupes allemandes. Le 1er novembre 1942, il rassemble ses sous-officiers et leur conseille de se faire discret dans un premier temps puis de rejoindre tout mouvement de Résistance. Les armes camouflés par Busquet de Caumont furent retrouvés par un agriculteur en avril 1943 mais pour couvrir ses officiers et sous-officiers, il se rendit chez le préfet de Saint-Amant-Montrond. Ce dernier, membre d’un réseau de Résistance, le mit en contact avec le capitaine de gendarmerie de la commune qui récupéra les armes.
Durant les mois qui suivent et jusqu’au printemps 1944, il participa à plusieurs déplacements et camouflages d’armes, matériel et vivres. Il est en contact avec le noyau de résistants issus du 1er Régiment d’Infanterie. Des tensions naissent dans le secteur avec les maquis FTP.
En avril-mai 1944, il hébergea chez lui à Sancoins son frère Pierre, chef militaire de la résistance en Mayenne (Libération-Nord) dont le réseau avait été démantelé par le SD. Il héberge aussi un de ses anciens officiers de la Légion étrangère, condamné à mort.
Le 1er juin, son beau-père meurt et son épouse souhaite assister aux obsèques à Bruxelles. Busquet de Caumont lui obtient un laisser-passer auprès d’un fils de châtelain qu’il voyait depuis 1941 et qui était devenu le chef régionale de la Milice à Orléans : Auguste Vigier. Le soir de l’entrée des Résistants à Saint-Amand, le 6 juin 1944, Vigier et son frère Paul, le capitaine de Caumont ainsi que les familles Chamaillard et Debordes se réfugient à "Pont Roy", la propriété des Vigier. Des miliciens armés assurent la sécurité.
Répondant à l’appel du général Koening à tous les officiers et sous-officiers de rejoindre la Résistance, Busquet de Caumont quitte ensuite le domicile des Vigier et cherche alors à regrouper les hommes de son ancienne compagnie pour rejoindre le maquis dans le secteur de Cérilly (Allier). L’un de ses proches, le sergent-chef Bertheau lui annonce alors qu’il a déjà rejoint la Résistance et le maquis. Busquet de Caumont rejoignit un groupe commandé par l’adjudant Terry mais celui-ci considéra Busquet de Caumont comme suspect car proche du milicien Vigier. Son nom apparut ainsi sur une liste de suspects sympathisants de la Milice truffée d’erreurs.
Le 21 juin, il part pour Theneuille, gare de Cérilly. A Cérilly, il est contrôlé par 4 hommes armés se déclarant FTP. Le capitaine Garandeau, résistant et membre comme lui des Eaux et Forêts, est bientôt présent. Il voit que le nom de Busquet de Caumont figure sur les listes de suspects. Il fait part à Terry de ses doutes sur Busquet de Caumont au nom du fait que celui-ci avait critiqué l’attaque des gaullistes en Syrie ainsi que les exécutions commises par les communistes contre des collaborateurs.
Busquet de Caumont est donc arrêté par un groupe commandé par un dénommé Bonnin. Garandeau rencontre alors Bertheau, le sous-officier sous les ordres de Busquet de Caumont qui avait déjà rejoint le maquis. Celui-ci va immédiatement voir Bonnin pour se porter garant de Busquet de Caumont, mais Bonnin exige une attestation du colonel Bertrand pour le libérer, s’engageant à ne rien faire sous 48 heures. Le colonel Bertrand est bien informé par le capitaine Garandeau mais le colonel est alors débordé car chargé de l’organisation de l’ORA dans tout le secteur.
Vers midi ce 21 juin, Busquet de Caumont est emmené par les hommes de Bonnin dans une ferme qui leur servait de refuge, Le Grand Perrier, près de Cérilly. Il est arrêté avec un autre homme, Alexis de Borde. Busquet de Caumont est interrogé quelques minutes, brutalisé, avant d’être enfermé dans une porcherie avec son compagnon.
Le lendemain, il est extrait de sa cellule et fusillé en début d’après-midi au nord est de Grand Perrier.

Les hommes suspectés d’avoir exécuté Busquet de Caumont appartenaient à un groupe dit "Police" de Montluçon, spécialisé dans la recherche de suspects et commandé par un dénommé Bonnin alias Jeanneot qui s’autoproclamait président d’une cour martiale. Busquet de Caumont avait été ainsi condamné à mort et exécuté avant même que le colonel Bertrant ait pu intervenir en sa faveur.

selon l’auteur de la biographie de Busquet de Caumont, le groupe "Police" était affilié aux FTP et aux communistes et entamait une épuration en vue d’instaurer une situation révolutionnaire à la Libération. En fait, selon les recherches en cours sur la Résistance dans l’Allier, le groupre "Police" entretenait des relations tendues avec les FTP et ne peut pas être considéré comme un groupe proche du Parti communiste. Il s’agit d’un groupe incontrôlable qui fut dissous quelques jours plus tard par le commandant Franck, commandant de l’état-major FFI de l’Allier.

Ce groupe "Police" se fit surtout connaître par les violences et exécutions qu’il commit au camp de la Forêt de Tronçais.

Dès octobre 1944, son épouse ainsi que son frère, vice président du Comité de Libération de la Mayenne, entament des démarches auprès du Procureur de Montluçon pour rétablir l’honneur de Busquet de Caumont et pour faire punir ses assassins. Mais le procureur et le tribunal militaire de Clermont-Ferrand se déclarent incompétents au motif que les assassins n’agissaient pas en tant que FFI en service. Sur insistance des demandeurs, la Cour de Cassation est saisie pour savoir quelle juridiction est compétente. Finalement, c’est le tribunal militaire de Clermont-Ferrand qui renvoie les inculpés devant la justice militaire de Lyon.
Finalement, après une longue procédure, la Chambre des mises en accusation prend un arrêt le 21 juin 1951 qui juge coupables de meurtre avec préméditation sur Busquet de Caumont les 4 accusés mais leur accorde l’amnistie au nom du fait qu’ils ont agi avec la conviction de servir ainsi à la libération de la France en supprimant un suspect. Le fait d’avoir été identifié comme une connaissance de Vigier, lui-même suspect de nombreuses dénonciations et emprisonnement -il fut condamné à mort par contumace- a pesé contre Busquet de Caumont.

Michel Busquet de Caumont fut reconnu Mort pour la France.

Son épouse s’installa dès 1945 avec ses enfants à Bruxelles, auprès de sa famille.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article229691, notice BUSQUET DE CAUMONT Michel, Robert, Marie, Joseph, Paul, Isambert par Eric Panthou, version mise en ligne le 27 juin 2020, dernière modification le 27 juin 2020.

Par Eric Panthou

SOURCES : Robert Busquet de Caumont, Les Busquet de Caumont, Histoire culturelle, sociologique et patrimoniale d’une ancienne famille, éditions Publibook, 2012. — D. Arnold, La Milice Française dans le Cher, l’Indre et la Nièvre Historique succinct et fiches biographiques de ses principaux responsables, Archives départementales du Cher, 2013 [en ligne]. — Mail d’Henri Ferréol Billy, le 26 juin 2020.

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