FUSS Henri, Paul, Dominique, dit Fuss-Amoré. Pseudonymes Amoré, Paul-Dominique.

Par Jean Puissant - Jean-Paul Mahoux, avec le concours de Joeri Puissant

Schaerbeek (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale), 4 août 1882 – Bruxelles, 5 septembre 1964. Typographe, anarchiste, publiciste, docteur en droit, directeur au Bureau international du travail à Genève, commissaire royal au problème du chômage en Belgique, directeur puis secrétaire général du Ministère du Travail et de la Prévoyance sociale, rédacteur du Pacte social (1944), militant socialiste.

Né d’un père avocat, Gustave Fuss (1850-1893), échevin de l’Instruction publique à Schaerbeek et d’une mère, Augustine Amoré (1857 -1892) dont le père d’origine liégeoise est un proche de la famille Janson et dont la sœur Anna est l’épouse de Paul Janson, Henri Fuss est issu d’une famille bourgeoise, composée de juristes, de tradition profondément libérale-progressiste. Orphelin de père et de mère à l’âge de dix ans, il est accueilli au sein de la famille Janson, la famille de sa tante. Il termine sa scolarité secondaire à l’Institut Dupuich à Bruxelles avant de s’installer chez des parents vivant à Seraing (pr. et arr. Liège). Inscrit par ses tuteurs à la Faculté polytechnique de Liège, il décroche le diplôme de candidat ingénieur des mines en 1902, mais se détourne ensuite de ces études qu’il n’a pas choisies « pour vivre plus profondément son idéal » (1955).

Le passage forcé d’Henri Fuss à l’Université de Liège semble être à l’origine de ses premiers engagements politiques : d’abord membre du Cercle des étudiants libéraux, il s’intéresse à la libre pensée rationaliste avant de rallier l’anarchisme. Le milieu des études est propice. À l’Institut Dupuich, il se lie avec plusieurs personnalités : Émile Allard (1883-1950), son futur beau-frère qui obtient le titre d’ingénieur civil en 1907 et celui d’électricien à l’Institut Montefiore de l’Université de Liège en 1908, resté socialiste jusqu’à la fin de sa vie, Raymond Limbosch (1884- 1953) qui rencontre Élisée Reclus en septembre 1902, François Bouny (1885-1965), neveu d’Elisée Reclus, candidat ingénieur à l’Université de Liège en 1903, ingénieur électricien à Montefiore en 1905 et peut être aussi Louis Cuisinier(1883-1952), petit-fils d’Elisée Reclus, qui l’a accueilli à la mort de sa mère en 1897, étudiant à Liège en 1901-1902. Revenu à Bruxelles, Henri Fuss s’inscrit à la Faculté des Sciences de l’Université libre de Bruxelles (mathématiques et physique).

L’anarchie

Avec Louis Piérard et R. Barthémy, Henri Fuss fonde le groupe anarchiste des Jeunesses laïques. À quel moment et par quel circuit précis, Fuss est-il entré en contact avec Élisée Reclus ? On ne le sait : il est question d’une rencontre à Paris en 1903, mais peu crédible, tandis qu’il y a tant d’amicale proximité avec des proches de Reclus qui vit à Bruxelles. Mais Reclus lui écrit en novembre 1904 avec ces mots, « Mon cher camarade », en évoquant le premier numéro de son journal L’Utopie, qu’il critique courtoisement mais avec alacrité, « Votre journal semble … s’adresser spécialement à des étudiants comme classe distincte. Hélas en tant que caste, la gent estudiantine reste comme une sorte d’aristocratie intellectuelle, par cela même inférieure à la foule des travailleurs, car celle-ci combat pour tous, et non pas pour une simple classe. Tout privilège ne doit avoir qu’une ambition : abdiquer son privilège » (Correspondance, II, p. 295-296). Dure leçon mais qui explique peut-être la suite. Dans ce numéro, Henri Fuss signe un édito, « Allons au peuple » : « Maintenant que vous êtes étudiants, que vous êtes sérieux, soyez avec le peuple, mais vos études finies, soyez le peuple même, que vos travaux intellectuels alternent avec le travail manuel. ». L’Utopie connaît treize numéros de novembre 1904 à mars 1905. Henri Fuss, qui vit à ce moment à la rue du Moulin à Forest (Bruxelles), est margeur aux Éditions Larcier, pigiste dans la presse (Le Petit bleu ?), La notice d’Henri Fuss du dictionnaire des anarchistes, réalisée par Guillaume Davranche et Rolf Dupuy relate précisément les avatars de cette période agitée notamment d’après la thèse de Jan Moulaert. Retenons-en, qu’après l’échec des grèves de 1902 en faveur du suffrage universel, menées par le Parti ouvrier belge (POB), caractérisées par une agitation et des troubles non maîtrisés, les courants anarchistes tentent de profiter des difficultés politiques, électorales du POB, critiqué sur sa droite par la mauvaise gestion de la grève et sur sa gauche, par ceux qui, y compris dans les masses ouvrières, n’ont pas accepté l’arrêt brutal du mouvement.

Après avoir participé à un congrès à Charleroi en octobre 1904, comme délégué d’un « cercle d’études sociales » qui compte quatorze membres, Henri Fuss crée à Bruxelles une petite organisation syndicale, l’Union syndicaliste des travailleurs bruxellois (UTB), qui participe à un congrès national à Charleroi les 11 et 12 juin 1905, à l’origine de la Confédération générale du travail (CGT) (à l’imitation de la France) et de la création d’un nouveau journal L’Action directe (1905-1908). Ce dernier plaide en faveur d’une organisation syndicale indépendante des partis et révolutionnaire comme l’Union des mineurs révolutionnaires de Charleroi » (Léopold Preumont*, Gilly) qui administre le nouvel organe.
Fuss vit à ce moment à Liège. Il y est répétiteur pour des étudiants de l’Université. Il apprend la composition typographique chez George Thonar, alias Georges De Behogne*, retourné à Liège, dont il partage désormais l’engagement anarchiste, mais en s’en distinguant très vite. De Behogne, cherche à unifier, voire « centraliser » les anarchistes en Belgique (Groupe communiste libertaire-GCL) et L’Insurgé, tandis que Fuss cherche à organiser un syndicalisme anarchiste dans les milieux ouvriers. Les deux hommes s’apprécient, s’épaulent, mais se distinguent, voire s’opposent. Ils sont actifs dans les mêmes organisations. Dans une lettre à son frère Gustave, installé à Paris, publiée par Temps nouveaux, l’organe de Jean Grave à Paris, il explique : « Les réformes, les prétendues lois sociales … (action) funeste qui tend à obscurcir la notion de lutte des classes… Elle est un fait. Deux forces sont en présence, les exploiteurs et les exploités. Celui qui aura le poing le plus solide sera le maître ».

En 1906, Henri Fuss est jugé par la cour d’assises de Mons pour un article paru dans un numéro antimilitariste de L’Action directe du 2 février 1906 (numéro 2). Il y fait référence à la révolution de 1905 dans l’Empire russe, – mais pense certainement aussi aux fusillades de Bruxelles et Louvain (Leuven, aujourd’hui pr. Brabant flamand, arr. Louvain) en 1902 lors de la grève générale en faveur du suffrage universel –, et écrit : « En admettant que vos frères se révoltent et que des Wallons soient envoyés en Flandre (et vice-versa), ces soldats devront au moment où ils recevront l’ordre de tirer, penser à leurs frères de tirer sur leurs officiers. Un jour viendra où les ouvriers dirigeront contre la bourgeoisie les armes qu’elle leur a si imprudemment confiées ». « Paroles de révolte et d’espoir », dira-t-il plus tard. Louis de Brouckère, condamné lui-même pour une tirade antimilitariste en 1896, et Georges Dwelshauvers, tous deux professeurs à l’Université nouvelle de Bruxelles, « d’anciens condisciples devenus ingénieurs » (sans doute Allard et Bouny), prennent sa défense en tant que témoins de moralité. Il est soutenu dans la salle par Raymond Limbosch, de « jeunes socialistes » de Bruxelles et « un groupe d’étudiants d’Europe orientale, dont la plupart étaient des juifs russes » (d’après le rapport de police). On reconnaît là, notamment la famille Alter dont les deux frères Isaac et Wiktor, bundistes, et les sœurs, Estera, la première, épouse de Boris (Boleslaw) Iwinski, également bundiste, Sara et Freida qui épouseront Émile Allard et Henri Fuss (voir Sources, DE MESSENMAEKER P.). Les quatre premiers, étudiants à Bruxelles et Liège, étaient rentrés à Varsovie (janvier-octobre) pour participer aux événements de 1905 et revenus en Belgique, avec Freida, en raison de l’échec du mouvement en octobre. Henri Fuss est condamné à trois mois d’emprisonnement qu’il purge à la prison de Saint-Gilles (Bruxelles).

Au début de 1905, Henri Fuss est rédacteur en chef de L’Action directe, journal publié à Gilly (aujourd’hui commune de Charleroi, pr. Hainaut, arr. Charleroi). Cet organe devient le foyer du syndicalisme révolutionnaire auquel se rallient de petits syndicats, principalement wallons. Pour lui, le syndicalisme est « le lieu privilégié où mener la lutte des classes révolutionnaire…moyen et fin de la libération. Il est le pivot du mouvement révolutionnaire auquel doit s’identifier l’anarchisme » (L’Action directe).

Participant au Congrès syndicaliste révolutionnaire de juin 1905 et fondateur d’une union des travailleurs bruxellois, Henri Fuss joue un rôle fondamental dans la création de la Confédération générale du travail (CGT), issue du Congrès syndicaliste de juin 1906. L’année suivante, en juin 1907, un congrès d’une soixantaine de personnes se réunit à Bruxelles et jette les bases d’une Confédération syndicale belge (CSB). Cette organisation rassemble les syndicalistes révolutionnaires de la CGT qui s’y joignent avec l’espoir d’y intégrer les syndicats indépendants refusant d’adhérer à la Commission syndicale du POB. Nous sommes après le lock-out de l’industrie lainière verviétoise de 1906. Fuss reprend l’administration de L’Action directe à Liège.
En août 1907, Henri Fuss préside le Congrès anarchiste international d’Amsterdam (Pays-Bas), qu’il organise avec Georges De Behogne, « pas pour causer, mais pour organiser ». En fait les discussions se poursuivent sans résultat tangible. Affirmant la nécessité d’un large mouvement syndical autonome, Fuss œuvre ensuite au rapprochement entre la CGT et les importants syndicats professionnels affichant une neutralité politique. Cette tentative de concurrencer la Commission syndicale (CS) du POB aboutit à la fondation de la Confédération syndicale belge (CSB) lors du Congrès de Liège du 19 avril 1908. Mais, suite à deux défections consécutives, les syndicats textiles verviétois (pr. Liège, arr. Verviers) en 1908 et les diamantaires anversois (Antwerpen, pr. et arr. Anvers) en 1910, la CSB, dont les effectifs sont déjà squelettiques, disparaît peu à peu. Si « le Peigné » de Verviers et « les Diamantaires » d’Anvers refusent l’adhésion à la CS du POB, devenue pourtant « Commission syndicale du POB et des syndicats indépendants », c’est pour préserver leur autonomie et non adhérer à une nouvelle Confédération. S’il existe un noyau anarchiste ancien à Verviers, il n’est plus très actif et les diamantaires ne penchent pas nécessairement de ce côté. Les deux journaux qui concrétisent les tensions dans la mouvance anarchiste, à bout de souffle, L’Action directe et L’Insurgé, fusionnent en novembre 1908, pour laisser la place à L’Avant-garde, organe de concentration révolutionnaire, aux mains de De Behogne qui ne connaît que sept parutions.
Henri Fuss gagne en effet Paris à la fin de l’année.

Les convictions d’Henri Fuss restent vives. Il collabore toujours à des organes anarchistes – il est qualifié de publiciste –, ne se détourne pas de la Belgique. Il collabore à L’Émancipateur qui paraît à Liège de 1910 à 1913, à L’Action ouvrière, organe syndicaliste fédéraliste (Syndicats indépendants de Liège). Ce dernier publie le débat sur le thème « Centralisme ou fédéralisme », qui a lieu à La Populaire de Liège entre Henri Fuss et Louis de Brouckère, le 31 décembre 1911. À Paris, il participe à La Vie ouvrière de Pierre Monatte depuis le premier numéro qui paraît le 5 octobre 1909. Il y donne des nouvelles de Belgique.

La voie nouvelle

Henri Fuss est inscrit à Paris, le 20 décembre 1908. Il loge un moment chez son futur beau-frère, Boris (Boleslaw) Iwinski, probablement pour y rejoindre sa future femme, Freida Alter, qui suit des études de médecine. Il l’épouse le 12 mars 1912. Elle est alors diplômée de l’Université de Paris. Leur fille, Antoinette, naît le 19 mai 1913. Deux beaux-frères, Max et Bocquet, époux de ses sœurs, Annette et Hélène, sont témoins de la déclaration de naissance, soulignant la force des liens familiaux persistants. Son frère aîné, Gustave Fuss-Amoré, vit également à Paris depuis un certain temps.
Fuss est un moment correcteur chez l’éditeur Alcan-Lévy (recommandé par Paul Reclus), reprend des études de droit, mais il faut bien vivre. Il rencontre Marc Lazard, banquier, fils du fondateur de la banque éponyme, qui a décidé d’abandonner la finance et de se consacrer aux sciences sociales. Il est le fondateur de l’Association française pour la lutte contre le chômage et l’organisation du marché du travail. Fuss en devient le secrétaire, il s’agit de son chemin de Damas, sa voie est désormais tracée.

En septembre 1910, Henri Fuss assure le secrétariat du comité de la première Conférence internationale contre le chômage qui se tient à l’initiative de Marc Lazard, du ministre socialiste Alexandre Millerand et des belges Louis Varlez, Ernest Mahaim et Hector Denis sous le patronage de l’ancien président du conseil, Léon Bourgeois. Devenu secrétaire de l’Association internationale pour la lutte contre le chômage, organisation issue de la Conférence, il est secrétaire de rédaction de sa revue trimestrielle. Il obtient une licence de droit à l’Université de Paris.

Lorsque la Première Guerre mondiale survient, Henri Fuss devient l’adjoint d’Henri Sellier, secrétaire de l’Office de placement et de statistiques du travail du département de la Seine. Il est convaincu d’être plus utile en continuant à occuper ses fonctions à l’Office départemental. Une lettre adressée à Max Lazard en novembre 1916 témoigne de l’évolution politique de la pensée du jeune homme à cette époque. Concluant son rapport sur le fonctionnement de l’Office en été 1916, il écrit : « Personnellement, je suis de plus en plus acquis à cette politique réformiste qui est, je le crois maintenant, la meilleure façon d’être révolutionnaire effectivement ». Une bonne part des conceptions politiques et sociales que Fuss mettra en application plus tard semble déjà acquise en 1916. Il continue pourtant à collaborer à des publications anarcho-syndicalistes, comme La Vie ouvrière de Pierre Monatte, à « La Bataille », ex-Bataille syndicaliste pendant la guerre. Le 28 février 1916, il signe, avec entre autres Jean Grave, Pierre Kropotkine, Jules Moineau, le Manifeste des seize, favorable à la guerre contre le militarisme allemand, contesté par de nombreux anarchistes pacifistes.
Conséquence de ce ralliement à la nécessité de la lutte armée contre l’envahisseur, Henri Fuss s’engage dans l’armée belge en 1917. Il est incorporé au 16ème d’artillerie en juillet 1917. Cet antimilitariste, convaincu du bien-fondé de la guerre défensive, est démobilisé le 1er février 1919, avec le grade d’adjudant et de candidat sous-lieutenant. Il espère beaucoup de la réorganisation sociale de l’après-guerre. C’est dans cette voie qu’il œuvre désormais.

La haute fonction publique

Nous suivrons désormais le travail de Koen Vleminckx (voir Sources) dans l’évocation de cette deuxième vie. En mai 1919, Henri Fuss est nommé inspecteur des Bourses du travail et du Chômage par le ministre socialiste de l’Industrie, du Travail et du Ravitaillement, Joseph Wauters*. L’institution d’un régime de rationalisation du placement des chômeurs, dont l’efficacité sera certaine jusqu’à la crise économique de 1929, doit beaucoup au jeune inspecteur Fuss. Son travail participe des mêmes principes novateurs qui conduisent Ernest Mahaim, avec qui il collabore, à créer le Fonds national de crise en décembre 1920. Ce sont les mêmes hommes qui, quinze ans plus tard, réforment le système de placement et d’assurance-chômage jugé obsolète.

Le 1er mai 1920, Henri Fuss est détaché comme assistant de Louis Varlez, qui devient directeur du service Migration et Chômage du Bureau international du travail (BIT) à Genève (Suisse). Le 1er janvier 1922, il est chef du service technique du chômage, et le 1er janvier 1933, chef du service Chômage du BIT. L’action d’Henri Fuss y est particulièrement marquante. Participant à toutes les sessions de la Conférence internationale du travail – au sein des commissions de chômage, de placement ou de migration –, il prend part à l’élaboration de plusieurs conventions internationales. Représentant officiel du BIT, il est chargé de nombreuses missions d’étude ou d’enseignement en Europe. Il enseigne également à la Faculté de droit et à la Faculté des sciences sociales de Genève ainsi qu’à l’Institut universitaire des hautes études internationales.

L’engagement social d’Henri Fuss dépasse les limites des cadres institutionnels de son travail. De 1923 à 1924, il assume à nouveau le secrétariat de l’Association internationale pour la lutte contre le chômage. En 1924, il s’occupe du Secrétariat général du Congrès international de politique sociale de Prague et, en 1925, il entre dans le Comité directeur de l’Association internationale pour le progrès social qu’il présidera après la Seconde Guerre mondiale.

Un arrêté royal du 17 novembre 1936 du gouvernement Van Zeeland II (coalition catholique-libérale-socialiste) rappelle Henri Fuss à Bruxelles pour exercer la fonction de « commissaire royal pour le problème du chômage », créée par le ministre du Travail et de la Prévoyance sociale, Achille Delattre, en vue d’étudier l’organisation de l’assurance-chômage, et ce, malgré les réticences de Léopold III, à qui a été rappelé sa condamnation de 1906. Il faut souligner ici qu’en sus de la réputation de ses activités à Genève, il bénéficie de relations de proximité avec des responsables syndicaux socialistes, comme Corneille Mertens* et Joseph Bondas (en font foi ses albums photos) et que des cousins occupent des positions importantes : la sénatrice socialiste Marie Spaak*, le libéral Paul-Émile Janson*, ancien ministre et futur chef de gouvernement, le socialiste Paul-Henri Spaak*, ministre.

En rapport constant avec les membres du Conseil de l’Office national de placement et de chômage (ONPC), fondé en 1935, Henri Fuss rédige deux rapports sur la question, publiés en 1937. De l’avis unanime des six organisations patronales et ouvrières représentées à l’ONPC, les propositions d’Henri Fuss, bien qu’étant encore matière à contestation, synthétisent remarquablement les desiderata de ces organisations. Le projet de loi instituant l’assurance obligatoire et l’exposé des motifs déposés à la Chambre par Achille Delattre en mars 1938 sont les fruits de son travail. Nommé ensuite directeur général du service de la Main-d’œuvre au Ministère du Travail, Fuss assumera la fonction de commissaire du gouvernement auprès de l’ONPC. Il devient directeur général du Ministère du Travail et de la Prévoyance sociale.

La guerre

Vainqueur, l’occupant nazi tente l’unification des systèmes d’assurance par la création d’un syndicat unique, l’Union des travailleurs intellectuels et manuels (UTMI) et par la prise de contrôle des différentes caisses syndicales et des mutualités. Une minorité de syndicalistes socialistes ainsi qu’une majorité chrétienne flamande acceptent les conditions de l’occupant par esprit de collaboration, par opportunisme ou par volonté de préservation de l’influence existante. Tandis que les syndicalistes socialistes résistants s’organisent dans la clandestinité pour lutter contre l’UTMI et préparer l’après-guerre, les communistes créent des Comités de lutte syndicale (CLS) en octobre 1941 pour poursuivre la lutte revendicative immédiate (salaires, ravitaillement…) et accroître l’influence du Parti communiste. À Liège, en 1943, est créé le Mouvement syndical unifié (MSU), dirigé par André Renard : il partage la volonté revendicative des CLS mais cherche à combattre l’influence syndicale des communistes. Les tentatives d’unification des mutualités n’aboutissent pas, même si les mutualités socialistes passent sous contrôle allemand.

Après l’invasion allemande de mai 1940, Henri Fuss suit le gouvernement dans son exil en France mais il revient à Bruxelles le 6 juillet. Il est immédiatement démis de toutes ses fonctions par l’occupant, vit au « Logis », chez sa sœur à Watermael-Boitsfort (Bruxelles) – il est séparé –. Il donne des cours à l’École centrale de service social, située à la rue de l’Abbaye, à l’École ouvrière supérieure (EOS) à Bruxelles, mais aussi à l’École provinciale de service social de Liège. Dans la discrétion, il assume plusieurs missions importantes et publie dans la presse socialiste clandestine : L’Espoir, Le Peuple, Belgique nouvelle, Vaincre, Combat, Morgenrood (Matin rouge), Bevrijding (Libération), De Werker (Le travailleur). Pour ces derniers plus précisément syndicaux, il en serait à l’origine avec Joseph Bondas dès 1940. Il participe également au premier Congrès (francophone) du Parti socialiste – cette nouvelle dénomination y est adoptée – les 24 et 25 septembre 1941 dans une auberge de jeunesse à Burnot-Rivière (aujourd’hui commune de Profondeville, pr. et arr. Namur). Ce congrès est illustré par une photo compromettante, heureusement restée à l’état de négatif lequel reste égaré jusqu’en 1955.
Mais surtout, Fuss noue des contacts avec divers milieux croisés dans les années d’avant-guerre. Pour préparer l’après conflit, il défend dès le début de l’année 1941, avec les socialistes Léon Delsinne et Joseph Bondas, Henri Pauwels*, président de la Confédération des syndicats chrétiens, et sans doute Arthur Bertinchamps, président de la Centrale chrétienne des métallurgistes de Belgique et Joseph Fafchamps*, l’avant-projet d’un « Pacte d’union travailliste », présenté chez lui à Watermael-Boitsfort, à des personnalités démocrates chrétiennes comme Marcel Grégoire*, Jacques Basyn*, Pierre Clerdent* et probablement l’ancien ministre, le liégeois Antoine Delfosse*. Très impliqué, il défend l’idée d’une union syndicale (réformiste) entre CGTB (Confédération générale du travail de Belgique qui a succédé en 1937 à la Commission syndicale) et CSC, mais aussi la création d’un Parti travailliste réunissant le parti socialiste et la gauche chrétienne. Ces propositions sont encore débattues durant le conflit et dans l’après-guerre, mais sans conviction des partenaires potentiels : Le congrès de Burnot-Rivière n’y est pas favorable, les chrétiens préfèrent parler d’unité d’action (voir Sources, KESTELOOT C., 1985). Cette initiative n’aboutit à aucun résultat.

Henri Fuss reste en relation régulière, notamment par le réseau Marc, avec Joseph Bondas qui a gagné Londres à l’été 1942. Il a des contacts avec le Front de l’indépendance (FI), mais surtout, il est chargé de la redistribution de fonds provenant de Londres pour soutenir les syndicalistes en difficulté, qu’il partage équitablement entre syndicats socialistes (Achille Van Acker et Louis Major*) et chrétiens (Henri Pauwels*). Les transferts sont risqués et l’on passe à des lettres de crédit émises par les autorités belges de Londres, converties en numéraire à Bruxelles par Raymond Scheyven, directeur de la banque Allard, qui, de son côté, obtient des fonds pour l’aide aux réfractaires (réseau Socrate, septembre 1943). Interrogé par Londres, il soutient Scheyven qui refuse de financer le FI. Un comité national est créé pour leur répartition surtout entre chrétiens et socialistes : il est composé de Raymond Scheyven, Henri Fuss, Léon Delsinne*, Henri Pauwels*, Norbert Hougardy, Jef De Schuyffeleer*. Grâce à ses relations avec J. Bondas, Fuss apparaît comme une plaque tournante entre Londres et les organisations sociales. Invité à rejoindre les autorités belges en exil pour préparer l’après-guerre, Fuss, qui se considère plus utile en Belgique occupée, décline l’invitation.

En septembre 1941, Joseph Bondas, secrétaire général de la CGTB, lui propose également de nouer des contacts avec le patronat pour évoquer les relations sociales à venir Il prend contact avec son ami, Paul Goldschmidt-Clermont, ingénieur électricien (institut Montefiore, UNiversité de Liège, 1912), dirigeant du Comité central industriel (CCI). Des réunions régulières, quasi mensuelles depuis le 17 octobre 1941, ont lieu au domicile de ce dernier à Ohain (aujourd’hui commune de Lasne, pr. Brabant-wallon, arr. Nivelles), puis chez son adjoint, Georges Velter, au local de ce qui abritera la fédération Fabrimétal, situé rue des Drapiers à Bruxelles. C’est le « Comité patronal-ouvrier ».
Autour de ce quatuor, les participants fluctuent selon les ordres du jour et les circonstances. Du côté socialiste, après le départ de Bondas pour Londres le 4 juillet 1942, Hubert Lapaille, président de la Centrale des ouvriers de la pierre de Belgique, le remplace jusqu’à son arrestation en mars 1944 et sont également présents Achille Van Acker, Louis Major et Arthur Jauniaux, président de l’Union nationale des fédérations des mutualités socialistes de Belgique (UNMS) pour les questions mutuellistes. Le mouvement ouvrier chrétien est représenté par Henri Pauwels et le patronal par Goldschmidt-Clermont et Velter. Alexandre Galopin, gouverneur de la Société générale, assiste également à certaines réunions. Enfin, du côté de l’administration, y participent Fuss et Gaston Grignard, directeur général de l’Office national du placement et du chômage, tous deux démis par l’occupant (ils ne sont pas délégués par l’administration).
Henri Fuss est la cheville ouvrière du groupe, il en est le « président-rapporteur » « en raison de ses loisirs forcés », expliquera- t-il plus tard. En avril 1942, une première étape est franchie : la note, Principes et méthodes de collaboration paritaire, est adoptée. En avril 1944, l’accord sur la note, Projet de pacte de solidarité sociale est acquis. Transmise à Londres en mai 1944, elle ne correspond pas aux projets qui y sont discutés. Il faudra attendre la présentation du texte à la première Conférence nationale du travail (CNT) d’après-guerre, le 14 octobre 1944 pour la voir adopter et coulée sous la forme d’une arrêté-loi du 28 décembre 1944 rendant la sécurité sociale obligatoire par le gouvernement d’union nationale d’Hubert Pierlot, Premier ministre, et A. Van Acker, ministre du Travail et de la Prévoyance sociale chargé de la Santé publique. L’arrêté-loi doit être appliqué dès le 1er janvier 1945. Mais la guerre n’est pas finie. L’offensive Von Rundstedt dans les Ardennes belges fait vaciller les certitudes. Les convictions socialistes de Fuss s’expriment dans Le Peuple clandestin en 1942 sous le titre « Notre socialisme, le voici » en plusieurs parties. Ses convictions en matière de relations sociales sont à lire dans la revue, Le Service social de juillet 1943 sous le titre « La collaboration patronale-ouvrière », texte exhumé par l’historien Dirk Luyten.

Le « Pacte social » conduit à la création de l’Office national de la sécurité sociale (ONSS), où sont d’ailleurs engagés de nombreux résistants. Cette institution est placée sous la direction de Goldschmidt-Clermont. Fuss qui retrouve ses fonctions au ministère et devient secrétaire général en 1946, en préside le conseil d’administration. La philosophie paritaire de l’ONSS préfigure les lois d’organisation de l’économie qui s’étalent entre 1945 et 1950. Le pays est désormais doté d’un système intégré de sécurité sociale obligatoire pour tous les salariés du secteur privé, géré paritairement. Ses principes ont été débattus avant 1940 mais la guerre a précipité sa réalisation.

Le rôle important d’Henri Fuss relève de son parcours au sein du BIT qui défend cette philosophie – il fait d’ailleurs sienne sa devise, Si vis pacem , cole justitiam (Si tu veux la paix, cultive la justice) –, mais aussi de son évolution depuis le syndicalisme révolutionnaire, appuyé sur un anticommunisme affirmé, nourri de ses convictions libertaires, mais aussi sans doute de la fin tragique de ses deux beaux-frères Alter, ralliés au bolchévisme et victimes de la terreur stalinienne. Ne pas douter de ses profondes convictions n’empêche pas de souligner que, durant la guerre, elles sont aussi influencées par le rôle croissant des communistes dans le monde du travail (grève massive de mai 1941 à Liège, création des CLS en octobre 1941). Le patronat est lui aussi sensible à cette situation. Pour le convaincre, pour vaincre ses réticences, leurs deux « délégués » ne cessent de répéter : « si on touche au texte, on va tout faire sauter ». Autrement dit, s’il n’y a pas accord sur tout, il n’y a accord sur rien. Il y a des critiques, fortes parfois, avec des mutualités chrétiennes contre le caractère obligatoire de la sécurité sociale, des patrons contre les lourdes charges pour les entreprises, de l’extrême gauche syndicale contre le principe d’un accord avec les patrons. « J’accuse le citoyen Fuss d’avoir trahi les intérêts la classe ouvrière, en s’acoquinant avec les membres du CCI », écrit Arthur Vercruyce*, leader des tramwaymen du Brabant (cité par VANTHEMSCHE G., La sécurité sociale : les origines du système belge : le présent face à son passé, Bruxelles, 1994, p. 65), mais la guerre et la nécessité d’une entente forte pour reconstruire non seulement le pays mais la société toute entière, dominent. Les syndicalistes réformistes, surtout socialistes, l’ont emporté grâce à l’aile « moderniste » du CCI qui se transforme ensuite en Fédération des industries de Belgique (FIB), aujourd’hui Fédération des entreprises de Belgique (FEB). Personne ne veut revoir le bras de fer qui a eu lieu à la fin de la Première Guerre mondiale (1918-1921). Le système paritaire l’emporte.

Henri Fuss poursuit sa carrière de haut fonctionnaire jusqu’à sa retraite en septembre 1947, à l’âge de soixante-cinq ans. Il reste néanmoins président du Conseil paritaire général, qui devient en 1952 le Conseil national du travail, ainsi que de divers conseils liés à la sécurité sociale : Fonds d’aide aux chômeurs, Caisse nationale des congés payés, Caisse nationale mutuelle des allocations familiales, Caisse de compensation des allocations familiales… Représentant belge au conseil d’administration du BIT de 1945 à 1947, il est le correspondant du BIT pour la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg de 1947 à 1953.
Chargé de mission auprès du ministre du Travail et de la Prévoyance sociale, le socialiste Léon-Éli Troclet, de 1947 à 1949, Fuss est nommé par son successeur, le démocrate-chrétien Oscar Behogne, commissaire royal pour la sécurité sociale en 1949. Il a pour adjoint, Walter Leëns, chargé de la rédaction d’un rapport sur les réformes à entreprendre pour un régime déficitaire depuis l’origine (augmentation du nombre de bénéficiaires, comme du montant moyen des prestations). Le rapport est remis en 1951, il contient des pistes de réforme défendues par l’un et par l’autre. Sous le gouvernement socialiste-libéral en place de 1954-1958, Fuss se heurte au ministre du Travail et de la Prévoyance sociale, Léon-Éli Troclet, qui a tendance à évoluer vers une étatisation (selon le modèle anglais de Beveridge), alors que Fuss s’en tient mordicus à la gestion paritaire initiale. À sa demande, il est déchargé de ses dernières responsabilités en 1960.

En 1949, sous le feu des critiques de la presse conservatrice (« Une nomination scandaleuse », « dilapideur des finances publiques, cumulard »), Henri Fuss répond : « … Mon insuffisance personnelle est plus que comblée par le concours qu’apportent aux institutions dont je m’occupe, des représentants hautement qualifiés des grandes organisations patronales et ouvrières du pays. Ma fonction principale est de chercher sans cesse à concilier leurs vues » (voir Institut Émile Vandervelde, dossier Henri Fuss). Entretemps, il voyage, sous le label BIT, dans divers pays comme les États-Unis et l’Iran.

À l’âge de quatre-vingt ans, Henri Fuss quitte la présidence de l’Association belge pour le progrès social qui lui rend un vibrant hommage, partagé par toutes les forces vives du pays. À cette occasion, il explique : « Nous avons pu réaliser de nombreux progrès par la sécurité sociale. Il reste beaucoup à faire pour l’émancipation des travailleurs. L’esclavage et le servage ont disparu (sic), c’est maintenant au salariat de disparaître. Ce sont nos successeurs qui devront réaliser l’émancipation totale des travailleurs. Mais ils n’y réussiront que par la conciliation. Les vrais maîtres de la politique sociale, ce sont les travailleurs et les employeurs. Le rôle du gouvernement est d’obéir » (Le Peuple, 25 octobre 1962). Le « Pacte social » de 1944 s’inscrit parfaitement dans la société de compromis à la belge, mise progressivement en place depuis la Première Guerre mondiale. Basé sur une entente minimale entre employeurs et salariés, réunis dans des organes paritaires, il est une proposition structurelle d’apaisement de la société au lendemain de tragiques événements et le gage d’un progrès social généralisé dans l’avenir. « La justice sociale et la paix sociale » en sont la condition préalable. Henri Fuss en a été convaincu et a tenté d’y œuvrer pendant cinquante années.

La femme d’Henri Fuss, Freida Alter, médecin, a la particularité d’avoir dû reprendre ses études de médecine en Suisse pour pouvoir exercer à Genève, puis en Belgique, pour pratiquer à Bruxelles. Sa fille Antoinette, dite Mimi, directrice de l’École centrale de service social de Bruxelles, est l’épouse, divorcée, du docteur Marcel Graffar, spécialiste de santé publique. Il a deux frères : Gustave Fuss-Amoré (1877-1944) est journaliste, critique et Lucien Fuss (1888-1946), avocat, directeur du Soir. Ses sœurs sont Annette Fuss (1878-1956), épouse d’Émile Max, avocat et mandataire libéral progressiste, Marguerite Fuss (1880-1911) épouse de Richard Lion, Hélène Fuss (1885-1966) épouse d’Henri Bocquet, notaire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article229798, notice FUSS Henri, Paul, Dominique, dit Fuss-Amoré. Pseudonymes Amoré, Paul-Dominique. par Jean Puissant - Jean-Paul Mahoux, avec le concours de Joeri Puissant, version mise en ligne le 1er juillet 2020, dernière modification le 20 août 2020.

Par Jean Puissant - Jean-Paul Mahoux, avec le concours de Joeri Puissant

SOURCES : Paris, Archives nationales de France, fonds Lazard, GAS, 61/1 – AMSAB, fonds Henri Fuss – Institut Émile Vandervelde, dossier Henri Fuss – Archives personnelles – Le Peuple, 25 octobre 1962 – Cérémonie d’hommage à Henri Fuss, Bruxelles, Association belge pour le progrès social, 24 octobre 1962 – Le Progrès social, n° 81, novembre 1964, p. 5-6 ; n° 83, janvier 1965, p. 3-5 – La Relève, 25 décembre 1964 – DE COSTER S., Fuss Henri, dans Biographie nationale, t. XII, fasc. 1, Bruxelles, 1977, col. 300-304 – KESTELOOT C., Le mouvement socialiste clandestin à Bruxelles 1940-1945, mémoire de licence en histoire ULB, Bruxelles, 1985 – STEINBERG M., À l’origine du communisme belge : l’extrême gauche révolutionnaire d’avant 1914, Bruxelles, Fondation Joseph Jacquemotte, 1985 – BERTEN W., Le rêve travailliste en Belgique. Histoire de l’Union Démocratique Belge Bruxelles, 1990 (Histoire du mouvement ouvrier en Belgique, 11) – VANTHEMSCHE G., La sécurité sociale : les origines du système belge : Le présent face à son passé, Bruxelles, POLHIS, 1994 – MOULAERT J., Le mouvement anarchiste en Belgique, 1870-1914, Ottignies-Louvain-la-Neuve, 1996 – HEMMERIJCKX R, Van verzet tot koude oorlog 1940-1949. Maachtsrtrijd om ABVV, Brussel-Gent, VUBPresse-AMSAB, 2003 ––VLEMINCKX K., « Henri Fuss (1882-1964). La sécurité sociale comme instrument de paix et de justice sociale », dans Revue belge de sécurité sociale, 1er trimestre 2009et 4e trimestre 2010, p. 427-444 – LUYTEN D., « Het Sociaal Pact van 20 april 1944 : kanttekeningen bij een politieke tekst », dans Brood & Rozen, 4/2015, p. 26-49 – DE MESSENMAEKER P., « Het transnational leven van de Poolse Joodse familie Alter in België (1904-1914) », dans Brood & Rozen, 4/2016, p. 4-19 – DAVRANCHE G., DUPUY R., « FUSS Henri, Paul, Dominique, dit aussi Henri Amoré et Fuss-Amoré », dans Les anarchistes, dictionnaire biographique du mouvement libertaire francophone, Paris, 2014 ; « FUSS Henri, Paul, Dominique, dit aussi Henri Amoré et Fuss-Amoré », dans Dictionnaire des anarchistes, Site Web : maitron.fr – VERHOEYEN E., « De Geheime contacten tussen Londen en socialisten in bezet België (1941-1944) », dans Brood & Rozen, 2/2020.

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