VEYRIER Jean, Roger [pseudonyme dans la Résistance : Roger]

Par Jean-Marie Guillon

Né le 8 février 1910 à Paris, VIe arr. (Seine), fusillé vraisemblablement le 14 août 1944 à Marseille ou dans les environs (Bouches-du-Rhône) ; cheminot (chauffeur de route à la SNCF) ; Franc-tireur et partisan (FTP).

Né à Paris, fils d’Anna Domenc, femme de chambre, il fut reconnu par Victorin Veyrier, garçon de restaurant, avec qui elle se maria le 8 novembre 1910. Celui-ci étant mort à la guerre, le jeune garçon devint pupille de la Nation par jugement du tribunal civil de Carpentras (Vaucluse) le 14 mai 1919. Marié à Saint-Christol (Ardèche) avec Yvonne Nicolas le 14 décembre 1935, il était chauffeur de route au dépôt SNCF d’Avignon (Vaucluse). Il était père de cinq enfants. Membre du groupe des cheminots FTP, il participa à des sabotages et entra dans la clandestinité après celui qui endommagea dix-sept locomotives de rapides et trois de train de marchandises dans la nuit du 19 au 20 février 1944 dans la Rotonde du dépôt. Aimé Autrand (entre autres) lia sa mort à cet attentat et à la vague de répression qui le suivit en affirmant qu’il avait été « fusillé par la Gestapo » à sa suite. Or, il n’en fut rien. Il put échapper aux arrestations et prit le maquis dans le Lubéron (Vaucluse). Il fut arrêté le 21 juin 1944 alors qu’il tentait de forcer un barrage de la Milice française près de Cucuron (Vaucluse). La franc garde de la Milice des Bouches-du-Rhône était en opération dans le secteur depuis plusieurs jours à la suite de l’enlèvement de miliciens à Lourmarin (Vaucluse). Jean Veyrier se trouvait dans une Renault Celta quatre conduite par un autre maquisard d’origine italienne, nommé Catenati, qui fut grièvement blessé par le garde du corps de l’intendant de police régional en tentant de s’enfuir. Veyrier (souvent orthographié Verrier avec Jean ou Roger comme prénom) reconnut être le chef du maquis FTP de La Tour d’Aigues (Vaucluse). D’après le compte rendu de son arrestation, il précisa ne toucher aucune solde et que le maquis se procurait des armes en dérobant des parachutages « destinés aux partisans communistes et gaullistes » (sic). Il fut conduit à Marseille (Bouches-du-Rhône) et gardé au lycée Thiers où la Milice du département avait regroupé ses forces. D’après un autre résistant arrêté comme lui à Cucuron, il serait passé devant une cour martiale. Condamné à mort, il aurait été fusillé vingt-sept ou vingt-huit jours après leur arrestation. Louis Gérin, l’un des tortionnaires du 2e service de la Milice, lui aurait dit qu’il était « mort en brave ». Sur son acte de naissance, il est porté qu’il serait mort le 14 août 1944 dans la région de Marseille. Il est possible qu’il ait été fusillé près de la prison des Baumettes comme avant lui d’autres condamnés par la cour martiale. En tout cas, sa condamnation fut la dernière qu’elle prononça à Marseille.
Son nom fut donné un mois plus tard le 25 septembre 1946 à une rue du quartier des Rotondes en cours de reconstruction. Il figure aussi sur la stèle aux « morts de la Résistance » inaugurée à l’entrée du dépôt, sur la plaque commémorative de la gare et sur la celle érigée par la CGT à la mémoire « du groupe FTPF des cheminots d’Avignon, victimes du fascisme » dans le club des cheminots qui se trouvait face au dépôt.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article229800, notice VEYRIER Jean, Roger [pseudonyme dans la Résistance : Roger] par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 1er juillet 2020, dernière modification le 10 novembre 2020.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. nat. 75 AJ 519 (rapport 2e service de la Milice, 26 juin 1944). ⎯ Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 591702 et Caen AC 21 P 625889. ⎯ Arch. dép. Bouches-du-Rhône 55 W 118 (cour de justice, dossier Durupt), 58 W 21 et 22 (dossier Paneboeuf). ⎯ Aimé Autrand, Le département du Vaucluse de la défaite à la Libération, mai 1940-25 août 1944, Avignon, Aubanel, 1965, p. 261. ⎯ Louis Coste (dir.), La Résistance du pays d’Apt, de la Durance au Ventoux, Apt, 1974, rééd. 1982, p. 235. — Robert Mencherini dir., Cheminots en Provence. Les années de guerre 1939-1945, Marseille, CE des cheminots PACA éditions, 2012, p. 93-213. — Mémorail des cheminots, op. cit. — État civil.

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