BLANCHARD Gaston, Marcel, Stéphane

Par Frédéric Stévenot

Né le 5 mai 1898 à Le Quesnel (Somme), mort le 1er septembre 1944 à Attert (Belgique, prov. du Luxembourg) ; avoué, officier de réserve ; résistant ORA-FFI.

Funérailles officielles de Gaston Blanchard et Gaston Défontaine. Amiens, 4 mars 1946
Funérailles officielles de Gaston Blanchard et Gaston Défontaine. Amiens, 4 mars 1946

Fils d’Armand Léopold Auguste Blanchard et de Julienne Anaise Scellier, Gaston Blanchard se maria le 16 décembre 1925 à Wiencourt-l’Équipée (Somme), avec Marie Louise Jeanne Ilda Rogère.

Docteur en droit, il établit son étude d’avoué au 49 rue des Jacobins, à Amiens, à l’angle de la rue Ernest-Cauvin. Officier de réserve, il fut mobilisé à la déclaration de guerre comme capitaine au 51e R.I. en garnison à Amiens. Grièvement blessé, il est démobilisé et revint à Amiens.
Il regroupa des anciens militaires du 51e R.I. au sein de l’Organisation de Résistance de l’Armée (ORA), notamment Gaston Défontaine, officier de réserve et commandant du corps urbain des gardiens de la paix d’Amiens.
En novembre 1943, Léon Tellier (Libération Nord) contacta Gaston Blanchard pour unir les organisations de la Résistance. L’étude d’avoué de Gaston Blanchard accueillit alors les premières réunions de l’état major FFI qui fut créé. Il comprit Gaston Blanchard et Gaston Défontaine au titre de l’O.R.A. ainsi que les responsables de l’Organisation Civile et Militaire (OCM), du groupe « Charles de Gaulle » et de « Libération-Nord ».
Gaston Blanchard fut arrêté le 24 août 1944 dans son étude, avec d’autres personnes, dont Gaston Défontaine et Augustin Petin (alias Breton). Ce dernier était instituteur à Warluzel (Pas-de-Calais) et aussi officier de réserve, il fut contacté par Raoul François en août 1942 pour constituer les groupements OCM dans les secteurs de Frévent, Avesnes-le Comte et Saint-Pol-sur-Ternoise. Son nom fut connu des Allemands vers la fin de l’année 1943, à la suite de la main mise par la Gestapo sur d’importants documents au domicile à Paris d’un responsable national. Augustin Petin vécut alors dans la clandestinité. En février 1944, le responsable régional Delvallez le désigna comme responsable OCM du département de la Somme, avec mission de reconstituer les commandements locaux totalement annihilés après l’arrestation des principaux responsables picards. Son activité lui valut, en juin 1944, d’être nommé responsable départemental FFI de la Somme. À la suite d’une dénonciation, Augustin Petin fut arrêté par les Allemands. Incarcéré à la prison d’Amiens, il réussit à s’échapper grâce à de faux papiers d’identité et à un subterfuge, ce qui lui permit de rejoindre le 31 suivant, les colonnes blindées alliées qui libérèrent la ville.
Gaston Blanchard et Gaston Défontaine furent exécutés par les Allemands sur le chemin de la déportation, à Attert. Ils furent peut-être du dernier train parti de Loos le 1er septembre 1944, ce qui n’a pas pu être établi : leur nom n’apparaît pas parmi les 872 déportés figurant dans la base de la Fondation pour la mémoire de la déportation (liste I.281).

« Tué par les Allemands », Gaston Blanchard fut reconnu « mort pour la France » (AC 21 P 24271) à titre militaire. Il fut homologué en tant que déporté-résistant et FFI (AC 21 P 710598, GR 16 P 63227). Gaston Blanchard reçut la médaille de la Résistance à titre posthume (décret du 31 mars 1947 ; JO du 13 juillet 1947).

Gaston Blanchard fut inhumé dans le cimetière communal de Wiencourt-l’Équipée (Somme). Le 4 mars 1946, des funérailles officielles furent organisées à Amiens pour lui rendre hommage ainsi qu’à Gaston Défontaire.
Une rue d’Amiens, de Wiencourt-l’Équipée portent son nom, ainsi que à Le Quesnel, où il figure également sur le monument aux morts.

Funérailles officielles de Gaston Blanchard et Gaston Défontaine. Amiens, 4 mars 1946

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article229869, notice BLANCHARD Gaston, Marcel, Stéphane par Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 6 juillet 2020, dernière modification le 15 avril 2021.

Par Frédéric Stévenot

Arrestation.

SOURCES : SHD, Caen et Vincennes (n.c.). — Sites Internet : Mémorial GenWeb ; Archives dép. de la Somme ; Fonds pour la mémoire de la déportation ; Les FFI.

ICONOGRAPHIE. Arch. dép. Somme

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